Tabaski : des dépenses et des méchouis (Archive)

Grillade Tabaski Niger 2018 02En cette veille fête de Tabaski, communément appelée la ''fête du mouton'' l'atmosphère affiche déjà tous les ingrédients du branle-bas des préparatifs. Même si pour certains pères de famille les esprits restent encore absorbés par la problématique de l'acquisition de l'incontournable mouton de sacrifice, les femmes et les enfants n'entendent pas concéder les fardeaux des dépenses vestimentaires et autres accessoires d'ordre purement secondaire. Ceci explique l'affluence qui règne déjà aux alentours du Petit marché et du Grand Marché de Niamey. Au Petit marché où se fait l'approvisionnement en condiments et autres légumes, l'affluence de la clientèle est particulièrement déconcertante avec des embouteillages monstres aux abords et dans tous les compartiments du marché. Pour les automobilistes contraints de faire le tour du marché, l'épreuve s'apparente à une course d'obstacles. En plus de la longue file de véhicules, le conducteur doit faire appel à tous ses sens pour éviter de se heurter à une moto, à un piéton ou à un de ces innombrables véhicules à bras qui prennent d'assaut les alentours du marché. Infernal !
Autant dire que la tradition qui veut que chaque fête apporte son lot de dépenses incompressibles est plus que jamais de rigueur pour les Niaméens. Des extravagances ruineuses dont on peut bien se passer. Et, dès demain, jour ''J''de la fête, les goinfres amateurs de la chair tendre du mouton pourront festoyer. Aussitôt l'animal dépecé, les bambins commencent à faire la ''fête''. Dans un sursaut de voracité peu contenue, ils se jettent sur les trippes et autres ''morceaux choisis'' pour préparer des brochettes : vite grillées, vite englouties…Et le lendemain, jour consacré à la distribution de la viande du succulent méchoui de Tabaski, l'heure est au festin dans tous les foyers.

Laissant libre cours à leur gourmandise, enfants comme adultes se jettent sur la viande pour assouvir leur appétit longtemps contenu. Arrachant des morceaux les plus dodus, par-ci et par-là, ces derniers avalent de quartiers entiers du méchoui familial avant même le partage, sans se soucier du regard envieux des nuées de mendiants et autres quémandeurs de viande qui investissent les concessions. Mais, comme dit l'adage, l'excès de tout est nuisible. Ainsi, en peu de temps qu'il n'en faut, certains goulus commenceront à payer le prix de leur gourmandise. C'est le début d'un véritable supplice qui se traduit, le plus souvent, par une rude bousculade aux portes des…sanitaires. Comme quoi, la viande oui, mais à consommer avec modération.

Assane Soumana
16 août 2018
Publié le 27 novembre 2009
Source : Sahel Dimanche

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