Hommage posthume à Abdou Tchiroma, journaliste à l’ONEP : Le silence d’une si belle plume

Abdou TchiromaLe mardi 12 juin 2018, à peine après avoir franchi le portail de l’ONEP, une triste nouvelle vint me plonger dans un profond désarroi: le décès du petit-frère Abdou Tchiroma. La nouvelle eut pour moi l’effet d’un vé- ritable coup de massue. Complètement envahi par le chagrin, je me suis laissé effondrer sur le banc, sous le hangar de l’ONEP, la tête entre les mains. Puis défilèrent dans ma mémoire meurtrie, quelques brides d’images des instants et expériences passés ensemble, à l’occasion des missions, reportage effectuées dans plusieurs localités du pays.

S’y ajoutent quelques épisodes cuisants des réunions de rédaction au cours desquelles les discussions sont souvent très houleuses. Et, à chaque fois qu’on recueillait nos avis et propositions en vue de l’amélioration continue de l’hebdomadaire ‘’Sahel Dimanche’’ aux lendemains de sa création, il se dégageait curieusement une convergence de nos points de vue entre le défunt et moi. Ce qui a d’ailleurs fait croire aux autres collègues de la Rédaction qu’il y avait ce qu’ils appelaient ‘’complicité entre les anciens’’. Mais en réalité, il n’en était vraiment rien ! C’est tout juste. pour améliorer davantage, de manière qualitative le Sahel Dimanche dont les lecteurs en raffolaient tous les vendredi jour de sa parution.

Ainsi, au cours de son premier reportage, c’était avec moi, sur les aménagements hydro-agricoles de Lossa-Goungou (Tillabéry) j’ai découvert, en ce jeune reporter, une réelle motivation pour le métier, voire une passion de cette profession qu’il venait juste d’embrasser. Tout ce qu’il faut pour être un bon reporter! Et voilà qu’au fur et à mesure, cette première impression s’est concrétisée pour devenir une belle réalité. Aujourd’hui, c’est précisément au moment plus que jamais où l’ONEP a véritablement besoin de ses valeurs professionnelles que le destin cruel vient ‘’briser’’ cette si belle plume.

Tous ceux qui ont eu à côtoyer Tchiroma, reconnaitront qu’il était un journaliste pétri de talent, avec un bagage professionnel remarquable, un homme modeste au tempérament quelque peu réservé, et qui sait surtout s’occuper de ce qui le regarde. D’une disponibilité constante, Abdou Tchiroma a fait ses preuves dans le reportage sur le terrain, souvent dans des conditions difficiles et stressantes. C’est ainsi que la rédaction nous a dépêchés dans le département de Say au moment où une partie du Parc du W prenait feu! Pendant que je somnolais Abdou, lui, s’entretenait avec un groupe de braconniers interpellés par les forestiers. Très facilement, il rédigea un article dans le style ‘’Faits divers’’, qu’il prit soin de me présenter, tôt le matin, avant de l’envoyer au journal. Après avoir lu l’article couché dans un style très laborieux, je lançais : «ce jeune homme a une belle plume ». La preuve, l’article en question fit la "UNE" de Sahel Dimanche.

J’ai encore en mémoire ces échanges que nous avions eu lors d’une rencontre à Agadez, lui revenant de de Tamanrasset où il est allé pour couvrir la grande foire, et moi dans une mission avec les Para-commandos sur la route de l’Uranium aux moments forts de la rébellion. Au cours de sa traversée dans l’immensité aride du Sahara, Abdou Tchiroma me disait : « Grandfrère, j’ai juste envie d’une bonne occasion pour faire un reportage, vraiment un grand reportage ! sur cette étendue désertique».

Après s’être réjoui de la diversité des produits exposés lors de cette foire de Tamanrasset, nous abordions d’autres sujets sur les divers aspects de la vie quotidienne. A vrai dire, ces sentiments de respect et de confiance réciproques entre Tchiroma et moi, resteront toujours une marque indélébile gravée dans ma mémoire.

Abdou Tchiroma, tu fus une valeur professionnelle indéniable doublée d’une belle plume. Aussi, même mort, tu resteras présent dans l’esprit des lecteurs de Sahel-Dimanche, tes lecteurs. Que le Tout Puissant, Allah le miséricordieux t’accorde sa Miséricorde. Repose en paix, petit-frère !

Dubois Touraoua, journaliste à la retraite

29 juin 2018
Source : http://lesahel.org/

Imprimer E-mail

Les Résidences Goggodou : Le coin chic pour se loger à Niamey

Société