Forfait Albarka

Insalubrité à Niamey : Le seuil de l'intolérance

 Insalubrite Niamey Alentours MarchesA Niamey, s'il y a un problème qui mérite qu'on s'y consacre actuellement, c'est la question de l'insalubrité grandissante. En effet, il n'est pas rare de voir des tas d'immondices qui se dressent à la devanture des maisons, des écoles, dans les quartiers (espaces libres), au centre ville ou dans les quartiers périphériques, dans la ceinture verte à proximité des goudrons et mêmes aux alentours du chemin de fer, bien que pour ce dernier, il y ait des panneaux qui comportent des messages dissuasifs indiquant " Ne jetez pas des ordures sur le passage du train". Plus de 90% de ces ordures sont des déchets plastiques, plus précisément les sachets noirs et ou blancs qui servent d'emballage pour les aliments cuits ou crus, pour porter des habits et bien d'objets et les sachets de pure Water (sachet d'eau fraiche). Ces sachets ont envahi la ville de Niamey, surtout en cette période de forte chaleur, où les populations consomment beaucoup d'eau fraiche et de glace. Le plus souvent ces consommateurs jettent ces plastiques partout, aussitôt qu'ils finissent de boire de l'eau. Et du coup ces ordures envahissent la ville. Il est aussi remarquable de voir des caniveaux délaissés servant de dépotoir pour certaines riveraines à jeter leurs ordures notamment le reste d'aliments et de déchets de tous genres. Ce qui bloque le passage des eaux usées. Dans les quartiers qui ne disposent pas de caniveaux,

c'est sur les rues pavées, la latérite que les riverains versent les eaux usées et les restes d'aliments et dans certains cas, des ordures. A la périphérie, il y a des riverains déloyaux qui profitent de la saison des pluies pour vider leurs fosses et au cas où il ne pleut pas abondamment, les excréments restent sur place et contribuent à salir le coin, sans compter que de nos jours les alentours des écoles et des centres de santé qui sont transformés en douche publique. Malgré les efforts des agents de la mairie, des travaux réalisés dans le cadre du programme du président de la République de faire de Niamey une ville coquette, des ONG intervenants et les entreprises intervenant dans le domaine de l'hygiène et de l'assainissement force est de constater que Niamey est sale.

Cette situation est condamnée par des nigériens à l'exemple d'Inoussa, un habitant du quartier Soni : "Nous sommes en partie responsable de cette insalubrité car nous ne faisons aucun effort pour accompagner l'Etat dans cette noble mission. ", nous affirme t-il.

D'aucuns estiment que nous devons nous inspirer des pays voisins pour maintenir notre ville propre : " j'ai vécu pendant longtemps à Accra au Ghana. Personne n'ose jeter des ordures en bas sous peine de sanction. ", nous dit Hassane d'un ton fort. Il va plus loin en disant " les ghanéens sont de vraies patriotes, car ils n'attendent pas la mairie pour rendre leur ville propre. Ce sont eux mêmes qui rentrent dans les égouts pour enlever les ordures. ", s'exclame-t-il. Même son de cloche au niveau des chefs de quartier. Selon un chef de quartier que nous avons rencontré, les populations doivent de temps à autre, organiser des actions de salubrité comme cela se faisait auparavant dans les quartiers, en plus les autorités communales doivent sanctionner les contrevenants. " Cette insalubrité est prohibée par la religion musulmane. En plus aujourd'hui, les femmes ont plus de facilités pour maintenir leur maison propre avec cette nouvelle génération de jeunes qui circulent à longueur de journée pour balayer et ou pour ramasser les ordures en échange de 50 voir 200FCFA, en fonction du service demandé.", nous livre une dame que nous avons interrogé. Ce phénomène atteint le point culminant, si les autorités ne prennent pas garde, cette insalubrité risque de compromettre le Programme Niamey Nyala mis en place par le président Issoufou Mahamadou, de faire de la capitale une ville coquette. Les acteurs en charge de la question doivent éduquer les citoyens sur l'importance de la salubrité, en vue de les amener à changer de comportement et de s'impliquer pleine pour faire de Niamey une ville salubre.

Balkissa Hamidou

Lire également 

L'insalubrité autour des marchés : C’est insupportable !

Odeurs nauséabondes à vous couper le souffle, fruits et légumes pourris et déchets de toutes natures entassées, telle est l'atmosphère qui règne à côté de certains marchés de la capitale. Les cas qui ont le plus retenus notre attention, sont entre autres ceux des marchés de Djamadj et celui du Katako. Cette situation est l'œuvre de certains commerçants qui haussent les prix des produits en vue de tirer le maximum de profits. Et comme disait un adage : "en voulant trop gagner, on perd souvent. ", donc, à défaut de gagner, ils seront obligés de déverser ces produits. Puisqu'ils n'existent pas de dépotoirs prévus pour cela. Ces vendeurs sont dans l'obligation de trouver une place pour déverser ces ordures.

Ce qui est regrettable, c'est que ces ordures débordent parfois et sont répandues sur les rues. Ce qui bloque la fluidité de la circulation. En plus les odeurs dérangent aussi bien les vendeurs que les passants, que ce soient les piétons comme ceux qui sont véhiculés. Sans compter les conséquences que cela pouvaient avoir pour les consommateurs des autres produits qui sont exposés à proximité de ces déchets. C'est le souci de Madina, une dame que nous avons rencontrée au marché de Djamadjé. " Mon principal souci est de savoir les risques que courent les clients qui par paraisse ne veulent pas s'arrêter à l'entrée de ces marchés et non loin de tous ces ordures pour payer des fruits ou des légumes ?", s'interroge-t-elle.

Pour d'autres les vendeurs doivent épargner la population de ces genres de situation en vendant les produits à dés prix abordables. "Certains vendeurs doivent réfléchir entre vendre les produits à vil, prix au grand bonheur des consommateurs et ou perdre tous ces produits en voulant trop gagner.", nous explique un client.

Cette pratique doit disparaître pour des raisons sanitaires mais également pour permettre aux populations de disposer de ces produits en fonction de leurs moyens et enfin pour donner une bonne image à notre capitale. Pour que cela soit possible les autorités municipales doivent sanctionner ces vendeurs qui osent salir les alentours de nos marchés.

Balkissa Hamidou

31 mars 2017
Source : La Nation 

Imprimer E-mail

Société