Niamey sous pression : La mendicité encore !

Mendicite Niamey 01C'est connu de tous qu'il est difficile d'entretenir une ribambelle d'enfants dans une grande ville comme Niamey. La première difficulté est d'arriver à loger ces prétendus talibés dans un hangar ou une hutte, au mieux à l'intérieur d'une concession, ou à la devanture d'une maison que le propriétaire aura eu l'amabilité d'autoriser leur installation.Cette installation signifie que le maître des lieux permettra l'utilisation des sanitaires, l'eau et autres. Même si pour la nourriture, les talibés et leurs maîtres se ¨débrouillent¨ comme ils peuvent en comptant sur la générosité des gens du quartier, l'hospitalité offerte n'est pas si désintéressée qu'on le pense. Pour faire payer leurs largesses, les maîtresses de maison où sont installés les talibés utilisent les enfants pour vendre à la criée des sachets d'eau communément appelés ''Pure Water''. Ce sont de véritables chargements qu'ils doivent écouler autour des marchés, aux feux de signalisation. Bref, un peu partout dans la ville ! Ce sont donc des enfants complètement épuisés qui rentrent au ¨dortoir¨ avec bien sûr les fruits de leurs randonnées. Malheur à eux s'ils ne réalisent pas de bonnes affaires. Les invendus sont très peu acceptés par les femmes propriétaires et les maîtres de ces enfants qui sont souvent pris à partie. Pourtant, il suffit simplement d'ouvrir les yeux pour constater qu'ils sont des milliers de gosses qui sont lancés dans la ville pour vendre le "Pure Water", un commerce que chérissent les ''mamans'' des quartiers.

Le talibé vend de l'eau, il est utilisé pour transporter les emplettes des femmes à partir des marchés, porter du bois, laver les habits des enfants, balayer des cours… En fait, ces enfants travaillent comme des adultes alors que les textes internationaux interdisent cela. Mais en fait dans un pays comme le nôtre, qui se soucie du devenir de ces enfants ? Les quelques ONG ou associations qui disent lutter contre le travail des enfants ne le font que pour que leurs membres arrivent à se faire connaître au niveau international, se faire quelques sous et les utiliser à d'autres fins, conscients qu'ils ne seront inquiétés par personne ! Surtout pas au niveau national même si les autorités développent à travers les médias, les actions de sensibilisation au niveau de celles ou ceux qui visent des pays comme l'Algérie ou la Libye pour transporter cette mendicité. Il y a eu beaucoup de drames sur ces routes mais tous les appels et autres mises en garde ne semblent pas dissuader les trafiquants d'êtres humains d'arrêter leurs pratiques malsaines. Nulle part, nous a-t-on appris, aucune religion n'autorise la mendicité. En fait, ce n'est qu'une question de pauvreté !

S. Assane

27 mars 2017
Source : La Nation

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