Lutte contre l’extrémisme à Maradi : 9 membres d’une secte arrêtés à Gangara

Depuis quelques mois déjà, la commune rurale de Gangara, dans le département de Gazaoua, fait face à une montée en force d’une secte religieuse dénommée « Gawsiya ». Se revendiquant de l’islam, cette secte dont le gourou se trouverait, aux dires de certains, à Dogondoutchi, a pu recruter beaucoup de jeunes dans la commune de Gangara. Après avoir eu la position du conseil islamique qui a certifié que les pratiques de la secte sont contraires à l’enseignement de l’islam, le conseil municipal de Gangara a pris une délibération interdisant les activités de la secte. Mais, c’est sans compter sur l’opiniâtreté de certains de ces militants qui ont vite fait de braver cette interdiction. Dans la foulée, 4 adeptes de la secte furent arrêtés et placés en détention à Tessaoua. De retour de prison, ces adeptes n’ont pas obtempéré. Pire, ils ont pris encore plus au sérieux leur sacerdoce en reprenant de plus bel leurs activités illégales.

Face à cette situation, le conseil municipal a mené des investigations qui lui ont permis d’obtenir des informations crédibles sur les agissements de la secte. C’est ainsi que le Préfet de Gazaoua a convoqué une réunion sécuritaire au niveau département. A l’issue de cette rencontre, la décision a été prise de mettre fin systématiquement aux activités de la secte dans le village de Dan koullio où elle semble avoir établi son état-major. Mais cela n’a pas suffi à mettre fin aux activités de ce groupe dont les éléments n’avaient visiblement d’oreilles que pour leur enseignement. C’est dans ces conditions que les éléments des forces de défense et de sécurité ont procédé à l’arrestation de 9 jeunes identifiés comme particulièrement actifs dans la propagation d’un message jugé blasphématoire vis-à-vis des préceptes de la religion islamique dont certains piliers seraient littéralement foulés au pieds.

Pour le maire de la commune de Gangara, M. Omar Sani, la communauté a le devoir de respecter les lois de la République. Aussi doit-elle s’informer sur sa religion et surtout signaler aux autorités compétentes toute activité susceptible de remettre en cause la paix et la quiétude sociale, éléments sans lesquels le développement n’est pas possible.

Il faut rappeler que tout récemment au tribunal de grande instance de Maradi, le procès d’un autre jeune activiste accusé blasphème sur la noble personne du Prophète Mouhamad (paix et salut sur lui) a failli dégénérer. La population s’est effet massée aux portes du tribunal en demandant que le jeune soit livré pour être jugé conformément à la charia.

Tous ces éléments montrent aujourd’hui que la paix sociale repose sur un équilibre très précaire que chacun, en ce qui le concerne, a le devoir de sauvegarder. En effet, à l’heure du fondamentalisme, de l’extrémisme et du fanatisme, il suffit d’un rien pour tout faire basculer. Ainsi, contribuer à maintenir cet équilibre est plus qu’un devoir civique, c’est un impératif moral auquel personne ne doit se soustraire.
Garba Boureyma

14 février 2018
Source : La Nation

Imprimer E-mail

Les Résidences Goggodou : Le coin chic pour se loger à Niamey

Société