SIM Aminchi 0range

Utilisation de la main-d’oeuvre nigérienne en Arabie Saoudite : le gouvernement suspend l’accord

Travailleurs Africains Arabie Saoudite NigerImage d'illustration L’accord officiel visant à faciliter l’utilisation de la main-d’oeuvre nigérienne en Arabie Saoudite est suspendu. Ainsi en a décidé le Conseil des Ministres du vendredi 19 janvier dernier.

Qu’est-ce qui peut justifier cette décision du Gouvernement ? Sans être très explicite sur les raisons de cette suspension, le Conseil des Ministres évoque la nécessité de la mise en place « d’un cadre juridique, administratif et technique, de nature à protéger les travailleurs nigériens vivant en Arabie Saoudite ». C’est là un langage diplomatique. Comme quoi, les autorités nigériennes partagent le souci et l’inquiétude exprimés par une large opinion quant à la maltraitance dont fait l’objet beaucoup de travailleurs nigériens expatriés en Terre Sainte.

En 2015, le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale avait marqué son accord pour l’utilisation de la main-d’oeuvre nigérienne en Arabie Saoudite, via un Bureau National de Placement de la Main-d’oeuvre (BNPM), lui-même en partenariat avec une agence saoudienne travaillant dans le même domaine. L’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi (ANPE) et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) auraient été associées à l’affaire qui avait suscité espoir mais aussi réprobation. Pour les milliers de jeunes Nigériens sans emploi visés, leurs parents et le gouvernement, l’accord Niger- Arabie Saoudite dans le cadre de la maind’oeuvre allait permettre de résorber le chômage mais aussi de booster quelque peu l’économie de nombreux ménages et par conséquent, celle du pays. Mais aux premières heures de l’accord déjà, nombreux étaient les organisations de défense des Droits de l’Homme qui avaient exprimé leur scepticisme quant au respect des droits des travailleurs nigériens, quoi que l’accord officiel avec un certain nombre de garanties. Ceci au regard de certains antécédents. En effet, il y a de nombreux témoignages ici et ailleurs qui ont mis en cause la sécurité de travailleurs migrants en Arabie Saoudite. En 2008, Human Rights Watch avait publié un rapport accablant sur les conditions de travail des expatriés en Arabie Saoudite.

Dans ledit rapport intitulé “As if l am not human : Abuses against domestic workers in Saudi Arabia” (‘’Comme si je n’étais pas un être humain : Abus contre les travailleurs domestiques asiatiques en Arabie Saoudite’’), les témoignages recueillis font état de séquestrations, de violences physiques et sexuelles, de fausses accusations de vol, d’adultère ou de « sorcellerie » à l’encontre de travailleurs expatriés. Aussi, les échos qui suivirent le placement du 1er contingent des Nigériens censé compter quelques 2900 personnes à affecter pour des tâches domestiques (dames de ménage, chauffeurs, jardiniers et bergers) ne furent pas bonnes. Des enregistrements audio à chaud recueillis dans le cercle des parents amis et connaissances de certains de ces employés fraichement expatriés avaient fait cas d’exactions ; toutes choses qui avaient été versées à l’époque dans le compte de l’intoxication.

Oumarou Kané  

23 janvier 2018
Source : La Nation

Imprimer E-mail

Les Résidences Goggodou : Le coin chic pour se loger à Niamey

Société