Fait-divers/Vol d’un objet chèrs aux Maouris : la Pierre sacrée Toungouma a disparu

Fait-divers/Vol d’un objet chèrs aux Maouris : la Pierre sacrée Toungouma a disparuL’histoire ressemble à « On a volé la Joconde », ce film de 1965 du réalisateur Français Michel Deville. Sauf que cette fois, il y a du mystique dans l’air et ça se passe au Niger, dans un milieu des plus traditionnels : l’Arewa, plus précisément à Lougou, dans le département de Dogon Doutchi. La Pierre sacrée Toungouma a disparu.

En début de ce mois de janvier, les gardiens de la pierre sacrée des Saraounia sont partis porté plainte contre un homme. Un ressortissant du village de Kassari, c’est lui qui aurait commis le forfait. Les plaignants auraient trouvé des traces de pneu de moto sur la place où la pierre est gardée. Ce sont ces traces qui leurs auraient permis de situer le voleur présumé.

Toungouma compte parmi les objets les plus sacrés des Azna, ces Maouris descendants des Saraounia, reines et prêtresses du culte du Bori, confession de ce peuple installé depuis des siècles sur la terre de Lougou dans la zone appelé l’Arewa au Niger. Cette pierre, explique Maman Amadou d’ONEP-ANP Dosso au Journal Le Sahel, « participe au règlement des litiges dans l'Aréwa et même à travers le monde car de toutes les contrées du pays et même du monde, les gens viennent à Lougou pour régler les conflits ». Jugement, prédiction des choses sacrées, choix de la nouvelle reine en cas de disparition de la Saraounia, ils sont nombreux les services pour lesquels Toungouma est précieusement gardé à Korgonno, une des brousses du village de Lougou.

Toungouma officie pour ses jugements tous les mercredis et jeudis, ces séances sont de véritables rituels. Ce serait cette pierre qui aurait conduit la première Saraounia de Daoura d’où elle est originaire au site de Lougou où elle a fondé sa dynastie après un conflit de succession au trône qui l’aurait opposé à ses frères. La Première Saraounia serait, à l’origine, princesse de l’Etat haoussa précolonial de Daoura.

Interpelé par les autorités de Doutchi, l’homme de Kassari aurait reconnu avoir volé la pierre ajoutant qu’il aurait commis son forfait, possédé par un esprit et que c’est d’ailleurs pourquoi il a pu agir aussi facilement. Il aurait enfin présenté des morceaux de pierre qui seraient ceux de Toungouma. Mais les populations de Lougou aurait refusé, les morceaux vus ne sont pas de la pierre sacrée.

Pendant que l’accusé reste entre les mains de la justice, les hommes de Lougou multiplient les rituels et prières pour retrouver la pierre que le voleur dont on ne connait toujours l’identité, aurait cachée.

Sacré quand même, ce vol de pierre sacrée !

21 janvier 2018
Source : http://nigerdiaspora.net

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