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39e édition du sabre national : Tassiou Sani de Zinder, nouveau Roi des arènes du Niger

39e édition du sabre national : Tassiou Sani de Zinder, nouveau Roi des arènes du NigerIls étaient quatre-vingt au départ. Seulement deux étaient encore debout cette après-midi : le champion sortant Yahaya Kaka de Tahoua, en toute logique et Tassiou Sani de Zinder qui semblait relevé de la surprise. À l’arène de lutte Langa Langa de Zinder, c’était la finale de la 39e édition du championnat national de lutte traditionnelle du Niger.
Comme à l’accoutumé, le Premier Ministre à fait le déplacement. Le public y était aussi, une marée de Zinderois venus applaudir le fils du terroir. L’après-midi était même chômé pour l’occasion. Férié, chômé et payé, sur toute l’étendue du territoire. Une autre tradition liée au sport roi du Niger. Ainsi, à Niamey également on a pu suivre cette finale. Et dans toutes les autres régions du pays. À la télé ou à la radio, tous les Nigériens étaient scotchés. Ça ne se passe qu’une fois par an, le jeu en vaut la chandelle.
Il devrait d’abord y avoir la petite finale c’est-à-dire la bataille pour la troisième place. Issaka Issaka de Dosso devait affronter Dan Tambay de Tahoua. Ce combat n’a jamais eu lieu. Alors que le Dossolais s’était présenté dans l’arène dès l’appel, le combattant de l’Ader a été attendu pendant au moins 20 mn, mais en vain. Après trois coups de sifflet comme prévu par le règlement, il est déclaré forfait. Verdict, Issaka Issaka de Dosso est troisième sans avoir combattu.
C’est après plusieurs protocoles et ce combat de troisième place manqué que l’objet de la cérémonie a été enfin annoncé. La finale allait finalement commencer. Le suspense était à son comble. Dans l’arène Yahaya Kaka avec sur le dos, le titre de l’édition passée qui vaut son pesant et Tassiou Sani qui, lui, a la charge de l’espoir de toute une région, un fardeau quand on lutte devant son public.
Le combat n’avait pas duré. Après six minutes de tentative des deux parts, Tassiou Sani de Zinder réussi à prendre le pied de celui qui était jusqu’alors le roi des lutteurs et le pousse sur le dos. Le Damagaram évince l’Ader au trône. Yahaya Kaka est tombé. Dans les tribunes et la ville de Zinder c’est l’euphorie. Même Niamey a crié.
Sans attendre, le nouveau roi et son second sont enturbannés. C’est la tradition. Le champion reçoit le Sabre, un cheval et la bagatelle de 10 millions de fcfa en plus des dons qu’il a reçus tout au long de la compétition depuis qu’il a passé le premier tour. 1 million du Président de la république, un billet de voyage, des parcelles, d’autres sommes en espèce, mêmes des matelas. C’est l’ensemble de ces dons en nature et en espèce qui, ajouté à son prix, amènent chaque année le vainqueur du sabre national a avoisiné les 20 millions de nos francs. Le vice-champion tourne, quant à lieu, autour de la moitié.
C’est Tassiou qui est champion mais c’est tout le Niger qui a gagné pour avoir une fois de plus, réussi, malgré quelques couacs, à oublier la pauvreté, la faim, l’insécurité, tous les maux dont il lui arrive de souffrir et communier, dix jours durant, dans la joie et le partage, autour d’un bien qui appartient au patrimoine culturel de tous.
Félicitation au champion et bravo aux autres qui n’ont pas démérité car comme l’a souvent chanté le griot des lutteurs, le célèbre feu Elh Maman Sagalo : « Arziki abun Allah ne, kuma rishin arziki abun Allah ne ». Sagalo qui, pour consoler Kadadé, son préféré parmi les lutteurs, ajoute, « douk may kaasua, a na kada shi ».

 03 janvier 2017
Source : http://nigerdiaspora.net

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