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Agadez : 2 761 personnes rapatriées d’Algérie à travers 9 vagues en 2017

Agadez : 2 761 personnes rapatriées d’Algérie à travers 9 vagues en 2017 Décidément, le rapatriement des migrants de l’Afrique subsaharienne de l’Algérie en direction du Niger est loin d’être fini. Débuté depuis l’année 2014, l’Algérie continue de refouler les Nigériens suite, dit-on, à un protocole signé entre les deux pays.  Cette année 2017, du 26  août à ce jour, la cité de l’Amenokal OUMAROU a accueilli neuf (9) vagues des migrants rapatriés composées des femmes, enfants et hommes, originaires d’horizons diverses, principalement des régions de Zinder, Maradi et Tahoua. Ces derniers sont pris en charge par les autorités régionales d’Agadez avec l’appui des partenaires qui interviennent dans le domaine de la migration.

Le droit de l’homme respecté
Cette neuvième vague des migrants arrivée cette semaine à Agadez  compte 484 personnes parmi lesquelles 64 femmes, 131 enfants et 289 Hommes. Ils sont arrivés dans des bonnes conditions. Sur le site d’accueil, certains de ces migrants évitent tout contact avec les médias. Tout de même « La Nation » a réussi à rentrer en contact avec certains. L’un d’entre deux confie : ‘’Je veux parler mais il ne faut pas citer pas mon nom. Nous venons d’être refoulés de l’Algérie. A ce sujet,  je tiens a précisé que ce refoulement a été fait dans la dignité. Les Algériens nous ont donné le temps de prendre les quelques bagages que nous avons, et tout au long de notre voyage, nous n’avons manqué de rien ». Il poursuit : ‘’Aujourd’hui, j’ai honte de rentrer au village. J’ai quitté parce que  les temps sont durs. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous quittons nos villages et familles pour aller en Algérie. Il faut dire la vérité. En campagne, les gens ont faim. L’Etat a oublié les paysans. En Algérie, on a vu comment l’agriculture et l’élevage sont soutenus, pourquoi pas chez nous ? Dieu merci aujourd’hui, j’ai au moins 60 ans. Je pense que le mieux c’est de remettre ma vie dans les mains du bon Dieu et me consacrer à ma religion le peu de temps qui me reste dans ce monde’’ Un autre refoulé plus jeune ajoute : ‘’ Je me nome ABDOUSSALAMOU. Ce que je regrette dans ma vie est le manque d’études. Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école, mais le peu de temps que j’ai passé en Algérie, j’ai appris et j’ai compris beaucoup de choses ». Revenant sur le sujet, il confirme les témoignages de son prédécesseur : ‘’ Nous avons quitté la terre Algérienne dans la dignité, et Agadez, nous avons été bien accueilli. Moi, je veux continuer au village juste pour revoir les parents, mais j’ai le projet de revenir pour m’installer à Agadez. Je veux m’investir dans la restauration. En Algérie, j’ai un peu travaillé dans certains restaurants, et un ami installé ici m’a expliqué que même à Agadez ça marche autour des marchés. Je veux voir comment débuter et j’espère que ça va me permettre de vivre ma vie’’.

Une solidarité des habitants d’Agadez
La situation de ces frères nigériens refoulés d’Algérie touchent les sujets du sultan Oumarou Elhaj Ibrahim OUMAROU. ASSAGHID un habitant d’Agadez compatit : ‘’ Ça me fait mal quand je vois nos frères revenir. Même ici, on a l’habitude de voir  ces vieilles femmes et enfants avec leurs tasses cherchant juste à manger. Dieu merci, je ne suis pas riche, mais j’arrive à manger à ma faim’’. Hadjia FATIMA a le cœur qui brule quand elle voit toutes ces femmes et enfants circuler dans les rues d’Agadez : ‘’ Si l’Algérie refoule tous ces migrants, c’est son droit, mais ce qui me fais mal, c’est de voir ces enfants  dans la mendicité. J’ai l’habitude de donner des petits boulots de ménages aux femmes qui viennent chez moi. Je leur donne un peu d’argent et surtout à manger. Avec le froid qui commence à s’installer, j’essaie de voir comment trouver un peu d’habits à ces pauvres femmes et leurs enfants qui me rendent visite’’.

Une deuxième phase de rapatriement
Au dispositif régional de prévention et gestion des crises  alimentaires basé au gouvernorat d’Agadez, on dit être dans la deuxième phase de rapatriement. Selon le Secrétaire permanent dudit dispositif, en tout et pour tout c’est neuf (9) vagues de rapatriés qui ont été enregistrées entre 2014 et 2017. De ces neufs vagues accueillis par le dispositif national de prévention gestion crise alimentaire au gouvernorat d’Agadez, on retrouve un grand nombre des femmes et enfants. Tous ces migrants nigériens rapatriés sont pris en charge par l’Etat et ses partenaires qui s’occupent de leur hébergement, nourriture et transport vers leurs régions d’origine.

D’après les statistiques au niveau du dispositif national de prévention et de gestion des crises alimentaires au gouvernorat d’Agadez, à travers les neufs vagues qui composent cette deuxième phase de rapatriement, Agadez  la cité de l’Amenokal OUMAROU a déjà accueilli 2.761 personnes originaires de Zinder, Maradi, et dans une moindre mesure de Tahoua, Dosso et Tillabéry.

Le souhait au niveau du dispositif national de prévention et de gestion des crises alimentaires au gouvernorat d’Agadez  est de voir la fin de cette situation, mais le bout du tunnel est encore loin. Selon nos informations, après cette neuvième vague  de 484 personnes dont 64 femmes, 131 enfants et 289 Hommes d’autres sont attendues.

Issouf Hadan (Agadez)       

26 octobre 2017
Source : La Nation

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