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Niger: polémique autour du sort de rebelles tchadiens capturés début octobre

Niger : polémique autour du sort de rebelles tchadiens capturés début octobreSoldats tchadiens devant le tribunal de N'djamena (image d’archive 2007)Au Niger, aucune date n'est arrêtée pour livrer à Ndjamena les quatre rebelles tchadiens capturés depuis le 4 octobre. Mais le Niger donne comme raison de cette arrestation l’existence de leurs noms sur une liste tchadienne de terroristes, et évoque leur transfert à Ndjamena, ce qui inquiète leurs collègues au Conseil de commandement militaire pour le salut de la république (CCSMR) qui craint pour leur sort.

Le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCSMR) exprime sa vive inquiétude concernant le sort des quatre rebelles tchadiens, par ailleurs membres de son bureau politique. Des rebelles qui ont été interpellés au Niger et devraient bientôt être extradés au Tchad. Dans un communiqué, ce mouvement appelle le Niger à ne pas les extrader et tient Niamey pour responsable de ce qui peut leur arriver une fois à Ndjamena. Ce groupe demande à la communauté internationale et les associations de défense des droits de l’homme d’agir en faveur de ses opposants.

Selon le secrétaire général par intérim de ce mouvement, Mohamad Tahir Acheick, ces opposants étaient en mission politique à Niamey, et non aux alentours d'Agadez, comme l'affirment des sources officielles nigériennes.

Une autre version

De leur côté, les autorités nigériennes livrent une tout autre version. Pour Niamey, ces rebelles tchadiens ont été arrêtés dans le désert à 400 km au nord de la frontière tchado-libyenne. Ils seraient entrés illégalement dans le pays, à bord d’un véhicule équipé d’armes lourdes, et se livraient à des activités illégales. La ville d’Agadez est la plaque tournante de trafics en tous genres et surtout de la drogue.

Ces accusations s'ajoutent à celles de terrorisme exprimées par le gouvernement tchadien. Le CCSMR avait revendiqué l’été dernier l’attaque visant un convoi militaire au nord du Tchad. Douze militaires ont alors été tués.

Ces hommes sont actuellement aux mains des services de renseignement nigérien en attente de leur extradition au Tchad et ce n'est qu'une affaire « de quelques jours », selon Ndjamena.

Renforcer la sécurité aux frontières

Une convention de coopération judiciaire existe entre le Niger, le Mali et le Tchad depuis le mois de mai dernier, convention qui vise notamment à renforcer la sécurité et le contrôle aux frontières.

Parmi les quatre hommes figurent Mohamad Hassan Boulmaye, secrétaire général du CCSMR et le professeur Abderahmane Issa Yousouf. Tous deux sont des réfugiés politiques et possèdent des cartes de séjour en France.

20 octobre 2017
Source : http://www.rfi.fr/

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