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Social : Talibés ou enfants sacrifiés !

makaranta2Ils sont nombreux, très nombreux peut-on dire, dans les vieux quartiers du Niamey et de sa périphérie. On les voit autour des marchés, des autos-gares et autres endroits où la foule est dense. On les rencontre également devant des concessions, la gamelle en main pour mendier la nourriture. Ils sont aussi aux carrefours et devant les mosquées !

On peut les estimer à des dizaines de milliers, sinon plus, à Niamey surtout en cette saison qualifiée de ''morte'', parce que les travaux champêtres sont finis et les récoltes faites. On a plus besoin de main d'oeuvre dans les villages !

La main d'oeuvre pour les cultivateurs étant leurs enfants scolarisés ou non, la période est donc propice pour confier les gosses non scolarisés à des marabouts pour leur enseigner le livre saint.

Pour ces marabouts enseignants, les choses sont claires : ''les enfants que l'on nous confie, sont bel et bien identifiés parce que ce sont leurs parents qui nous les amènent. Etant du même terroir et très souvent des parents, ils nous recommandent leurs enfants''. C'est cela que m'expliquait un de ces maitres spirituels (marabouts) El Hadj A. Alidou. Certes, me disait il, nous demandons aux parents de garantir le transport de leurs enfants et ensuite à leurs trouver autre chose jusqu'à destination. La destination peut être Niamey ou autres grandes villes du pays. Bref, toujours est-il que les gosses sont laissés dans les mains de leurs ''professeurs'' qui doivent les faire loger et nourrir dans un premier et ensuite les ''lâcher'' dans la ville pour ''qu'ils se débrouillent''. Se débrouiller signifie qu'ils doivent trouver à manger et même amener ''quelque chose'' pour le maitre. La ''modique'' somme ainsi demandée varie entre 200 et 300f CFA quotidiennement. Dès lors on comprend alors pour quelles raisons ces enfants sont astreints à se faire porteurs dans les marchés et ou aussi de se faire des petits larcins pour s'en sortir. S'en ''sortir'', cela signifie qu'ils doivent amener ''quelque chose'' à leur maitre. Le ''quelque chose'' là signifie la somme fixée…

Aujourd'hui on se rend compte qu'il ya trop de talibé dans la capitale et nombre d'entre eux sont devenus autre chose ! Des voyous diront certains et des victimes pour d'autres. Victimes ? Ces enfants le sont sûrement même si du coté des autorités, on ne veut pas en parler. Les associations de la société civile qui disent travailler pour le bien être des femmes et des enfants… des plus faibles ne disent pas grand-chose ! S'agissant des talibés, cela signifie qu'il faudrait leur trouver un gite. Ce qui n'est pas le cas parce que ces enfants vivent dans la rue avec tous les risques que cela comporte. Nombre d'entre eux ne savent même pas comment traverser la rue ! Et après avec une journée si chargée, est ce que ces enfants peuvent encore apprendre quelque chose ?

Seulement, il se dit que les parents qui confient leurs enfants aux ''marabouts'' ne font que se débarrasser d'une marmaille qu'ils ne peuvent pas nourrir ou habiller ! Pour la simple raison qu'il ya beaucoup de bouches à nourrir Simplement quand on évoque ces questions, il y a encore des gens qui pensent que l'on n'est contre une certaine conception de la religion.

Bref, l'Etat à travers son premier responsable, à savoir le Président de la République avait promis la scolarisation de tous les enfants de ce pays. Ce n'est pas le cas pour des raisons qui sont multiples !

L'Etat, les associations et autres doivent faire en sorte que les talibés d'aujourd'hui, ne deviennent les coupeurs de route ou gangsters de demain !

S. Assane

12 mars 2017
Source : La Nation

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