Forfaits Internet Aitel Niger

Forfait Albarka

Paludisme à Maradi : 322.474 cas dont 209 décès en 2017

Paludisme Maradi LutteVéritable problème de santé publique en Afrique, le paludisme est l’une des premières causes de mortalité dans notre pays. A l’instar des autres régions du Niger, la situation n’est pas reluisante à Maradi, et ce, en dépit de tous les efforts déployés par l’Etat et ses partenaires dans le cadre de la lutte contre cette pandémie. En période hivernale, la situation est encore plus grave. Toutes les tranches d’âges sont concernées.

Ainsi, sur l’ensemble de la région de janvier à août 2017, on dénombre 204.610 cas de paludisme dans la tranche de 1 à ans, dont 92 décès. Dans la tranche d’âge de 5 à 14 ans, on compte 48.256 cas, dont 51 décès. Chez les adultes (15 ans et plus), il a été dénombré 62.620 cas, avec 23 décès. Au niveau des femmes enceintes, les services techniques ont recensé 66.988 cas dont 9 décès. La tranche de 0 à 11 mois est la plus vulnérable, avec 74.427 cas pour 34 décès.

Au niveau des enfants, le nombre élevé de décès liés au paludisme s’explique principalement par le comportement des parents qui, au lieu de se référer à une formation sanitaire dès les premiers signes, préfèrent l’automédication, ce qui donne aux germes le temps de se propager et de compliquer la maladie. Or, le paludisme compliqué est mortel chez les enfants.

Selon le coordonnateur régional de la lutte contre le paludisme, Laouali Janjouna, les statistiques font ressortir un contraste saisissant entre la commune de Maradi et les départements de la région. Aussi curieux que cela puisse sembler, le paludisme recule plus dans ces départements que dans la ville de Maradi. Pour Laouali Janjouna, cet état de s’explique par deux raisons principales. Il s’agit d’une part de l’insalubrité de la ville, elle-même aggravée par le comportement de la population qui décharge en désordre ses ordures ménagères, notamment les eaux usées qui deviennent des gites larvaires. D’autre part, il y a le laxisme des autorités municipales qui ne font pas beaucoup d’effort dans le domaine de l’assainissement. C’est pourquoi, dès qu’il pleut, la ville est bondée d’eau qui reste stagnée pendant des semaines, voire des mois dans certains endroits.

Dans la plupart des quartiers de Maradi, les routes sont devenues impraticables à cause des eaux stagnées. Et cela fait des années que de nombreux maradawa, même dans les quartiers dits bourgeois comme Ali Dan Sofo, prennent leur mal en patience, espérant d’un hivernage à un autre qu’une solution pérenne soit trouvée à leur situation.

Pour réduire le nombre de cas de paludisme, il faudra entreprendre de vastes opérations de traitement de mares et autres flaques d’eau en détruisant les larves de moustique. En ce sens, la direction régionale de la santé publique de Maradi dispose de puissants pulvérisateurs qu’elle peut mettre, sur demande, à la disposition des autorités communales pour mener de telles opérations, au grand bonheur des populations.

A noter enfin que dans le cadre de la coopération nigéro-cubaine, il est prévu de mettre en œuvre un projet de lutte anti larvaire dans les régions de Dosso et de Maradi, tandis qu’à Agadez le projet effectuera des opérations de pulvérisation intra domiciliaire. Aux dernières nouvelles, l’équipe se trouverait à Dosso où elle serait déjà à pied d’œuvre dans le cadre de la nécessaire lutte anti larvaire. C’est après l’étape de Dosso que cette équipe cubaine se viendra à Maradi.

Garba Boureyma (Maradi)

31 août 2017
Source : La Nation

Imprimer E-mail

Société