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Société : Le bon vieux temps du fakarey

Fakarey Societe NigerIl n’y a pas si longtemps, en dehors des booms organisés par les clubs de nos grandes agglomérations, pendant les grandes vacances, les jeunes avaient l’habitude d’aller, le soir venu, faire la causette aux jeunes filles. Tantôt pour leur faire la cour, tantôt pour y rencontrer des amis du quartier. C’est ainsi que le succès d’une jeune fille se mesurait au nombre de courtisans qui fréquentaient son cercle. Une tradition qui se perd…

Autorisé par les parents de la jeune fille, le fakarey sans que cela expressément explicité était certainement un moyen de faire le tri entre ses prétendants et faire le choix du meilleur prétendant, sans se compromettre. En fait pendant que les concurrents rivalisaient dans d’interminables joutes oratoires, leur comportement était passé au crible par la fille convoitée qui ne manquait de faire un compte rendu circonstancié à une confidente qui peut être sa mère, mais plus souvent la tante à laquelle est souvent dévolu le choix final. Grâce à ce système de filtrage, les fiançailles puis le mariage devenait une entreprise moins hasardeuse.

Cela dit, une certaine catégorie de prétendants se refusait à passer par ce système de contrôle. Notamment le riche homme d’affaires qui estime que sa fortune est sa meilleure carte de visite et qu’il lui suffit de corrompre un membre influent de la famille pour faire aboutir ses projets matrimoniaux. Hélas une union acquise de la sorte a fort peu de chance de s’inscrire dans la durée.

Pour en revenir aux vertus de la pratique du fakarey, malgré l’ambiance de compétition qui y règne, l’hôtesse se garde toujours d’afficher publiquement sa préférence ce qui permet à beaucoup de compétiteurs de penser qu’ils sont dans la course ou à tout le moins qu’ils gardent leur chance. Ce qui fait que dès que le choix final est effectué, le fakarey se dissout de lui-même…

Malheureusement, de nos jours, les candidats au mariage ne prennent pas le temps de bien se connaître. C’est ce explique en partie   le taux très élevé de divorces.
Souley

21 août 2017
Source : La Nation

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