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Agadez : Bras de fer entre le parquet et les taxis motos « KABOUKABOU » et « ADEDETA SAHOU »

Ces derniers jours, la ville d’Agadez a enregistré plusieurs vols et braquage avec motos, les voleurs opèrent de nuit comme de jours dans les concessions, dans les rues sombres de certains quartiers de la ville. De nombreux citoyens soupçonnent les conducteurs des motos taxis communément appelées « KABOUKABOU » et « ADEDETA SAHOU » d’être de connivence avec les voleurs ou être auteurs de ces vols et braquages par des individus à motos. Cette situation inquiétante a été l’objet d’une rencontre entre le procureur près le tribunal de grande instance d’Agadez, les représentants de la commune, de la police et des syndicats des taxis motos, le dimanche dernier.

Objectif de la réunion, la sécurité urbaine

Selon le procureur de la République près le tribunal de grande instance d’Agadez, la réunion fait suite à plusieurs vols et braquages que connaît, ces derniers jours la ville. Le procureur Amadou Moussa ZAKI confie au journal la NATION : «  Nous avons fait un tour de la situation avec tous les acteurs présents à la réunion, il s’agit de voir comment réinstaurer la sécurité dans la ville d’Agadez et ses alentours, perturbés, ces derniers jours, par des vols et braquages », dit-il avant de poursuivre y a tellement eu de braquages et de vols à mains armés et qui ont été commis avec usage des motos, on reproche aux conducteurs des motos communément appelés KABOUKABOU et ADEDETA SAHOU d’être de mèche avec ces voleurs-là ».

Selon le procureur ZAKI, la réunion a retenu qu’ on ne peut pas venir dans une ville, acheter une moto ou venir avec la moto et chercher de l’argent avec cette dernière et qu’il ne y ait aucune identification de l’engin ni de la personne détentrice. La mairie n’a rien gagné, la ville aussi. C’est peut être un voleur qui est là avec la population et qui transporte les gens pour aller les donner à ces complices voleurs, nous confie le procureur de la République près le tribunal de grande instance d’Agadez.

Amadou Moussa ZAKI d’ajouter : « Nous avons décidé ensemble de prendre la mesure de les faire identifier par le port des gilets qui sont déjà disponibles au niveau de la mairie ; chaque usager de KABOUKABOU ou de ADEDETA SAHOU devrait avoir son numéro d’identification avec son identité complète et le numéro châssis de sa moto », dit-il. Le procureur pense que cela va mettre les clients en sécurité. « Nous pensons qu’avec ce gilet numéroté, celui qui veut être transporté, il sait déjà avec qui il a affaire, parce que le conducteur est identifié et connu au niveau des différents services : mairie et police », nous confie le procureur ZAKI.

Le procureur près le tribunal de grande instance d’Agadez, précise que cette mesure de port de gilet permettra aussi d’éviter un autre désagrément où souvent ces jeunes KABOUKABOU renversent les gens et continuent sans s’arrêter, avec ce gilet numéroté on peut facilement identifier l’auteur. Ces conducteurs qui ne sont pas en règle on fait trop des victimes à Agadez. Dans un langage clair, le procureur Amadou Moussa ZAKI a dit aux syndicats présents à la réunion, qu’ils doivent prendre leurs responsabilités : « Nous avons dit aux syndicats des KABOUKABOU et ADEDETA SAHOU représentés par trois personnes, qu’à partir du lundi 14 Août, ils devraient essayer de sensibiliser leurs membres pour commencer à aller à la mairie prendre le gilet, ils ont un délai de trois jours pour se conformer à la loi, dit-il avant d’ajouter : « Nous sommes clairs là-dessus, passé ce délai tout conducteur pris sur une moto en train de faire KABOUKABOU sans gilet, va récolter les conséquences de son acte ou disons de cette infraction parce qu’il est déjà informé ».

Le procureur confie au journal la NATION que la plupart de ces conducteurs de taxis motos, n’ont aucun papier, ils n’ont pas d’assurance ; ils sont sans plaque d’immatriculation, sans permis de conduire. Il y a au moins trois infractions que la loi Nigérienne a retenu contre eux et nous allons essayer de les poursuivre pour ces infractions-là », précise M. Amadou Moussa ZAKI, avant de poursuivre : « Je pense qu’on a été clair et bien compris par les différents acteurs présents à la réunion, et je précise que tout contrevenant qui sera pris sera déféré au parquet avec sa moto ; il va purger sa peine et au sortir, il régularise et on lui remet sa moto ; on ne peut plus fermer les yeux, conclut le magistrat ZAKI.

Les représentants des syndicats des taxis motos comprennent l’inquiétude des autorités. Mahamadou AGHALI SG SYNDICAT taxi moto pense ceci : « Les autorités ont raison sur certains points, il y a trop de désordre dans cette activité ; il faut que nos camarades comprennent que c’est dans leur intérêt », dit-il. C’est pour faire la différence entre les vrais conducteurs et les faux qui commettent des crimes et la responsabilité tombe sur nous ». Les représentants des conducteurs taxis motos présents à la réunion ont lancé un appel à leurs membres de respecter la loi et appliquer à la lettre les décisions du procureur.

Un appel rejeté par les conducteurs des taxis motos

Même si leurs représentants présents à la réunion ont trouvé justes les décisions arrêtées par la réunion du dimanche, ce matin du mardi 15 Août, les jeunes conducteurs des KABOUKABOU et ADEDETA SAHOU ont envahi les rues d’Agadez bloquant la circulation pendant plus de trois heures.

Moussa ISSA dit N’KONO de l’Aïr, président conducteur ADEDETA SAHOU pense que la décision ne doit pas concerner les tricycles. Il confie au journal la NATION que le port de gilet n’a aucune importance pour nos gens ; déjà les tricycles sont identifiés, nous avons des numéros portés sur les engins ; à quoi sert de porter un gilet avec numéro ; on est identifié parce qu’en ma connaissance il n’y a pas des gens qui ont le tricycle juste comme moyen de déplacement en ville ou uniquement pour leur famille, dit-il. Nos gens sont en règles ; nous avons tous nos papiers et nous versons nos taxes à la commune. Que veulent ces autorités ? Je pense que c’est une atteinte à nos droits vraiment, conclut le président des tricycles.

Mohamed SARKI, lui, est un jeune KABOUKABOU ; il trouve la décision injuste : « Le procureur parle d’un délai de 72H ; c’est trop court pour être en règle ; ils devraient d’abord mener des sensibilisations avant de donner un délai court », dit-il. A côté de lui, SOULEY confie à votre journal : « Nous rejetons cette décision ; on ne gagne rien dans cette activité ; rien ne marche à Agadez ; et nous trouvons juste de quoi payer le carburant et notre thé et les autorités tranquilles dans leurs climatiseurs nous dérangent, qu’ils arrachent nos motos et en ce moment sans activités on va tomber dans la drogue et le vol », dit-il. Très en colère un autre jeune KABOUKABOU vocifère sous les applaudissements de ses camarades et des klaxons : « Les autorités, à Agadez, veulent étouffer la jeunesse ; toute activité où les jeunes gagnent peu est ciblée ; le procureur va loin en pensant que nous sommes de connivence avec les voleurs ; s’ils ne veulent plus de la jeunesse à Agadez qu’ils nous le disent et eux, nos élus, à la mairie, ils vont revenir un jour vers nous les jeunes. Que le procureur et la mairie sachent qu’on ne va jamais accepter leurs décisions », conclut-il.

Bon nombre d’observateurs de la grogne de ces jeunes, ce matin, demandent aux autorités de tempérer et essayer de calmer la situation ; la jeunesse d’Agadez a subi beaucoup de coups durs cette année ; la fermeture des sites aurifères, la lutte contre la migration, ils ne méritent pas tout ce sort. Ces observateurs lancent un appel au calme dans l’intérêt de tous et pour une meilleure sécurité à Agadez.

Issouf Hadan

16 août 2017
Source : La Nation

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