Forfaits Internet Aitel Niger

Forfait Albarka

Nord-Niger : Les tribulations des orpailleurs ou la menace d’un chaos général

Nord-Niger Les tribulations des orpailleurs ou la menace d’un chaos général Depuis avril 2014, le Nord du Niger est devenu la plaque tournante des chercheurs d'or venus de plusieurs pays. La ruée vers l'eldorado a drainé de milliers de Nigériens, Tchadiens, Soudanais et Libyens au Djado puis dans la zone d'Arlit où de grosses agglomérations spontanées se sont constituées et des marchés installés, en rompant ainsi le silence légendaire du Grand Sahara.

Cette découverte si inattendue, véritable manne tombée du ciel, a fait la prospérité de nombreuses personnes anonymes. Selon des estimations dignes de foi, les quantités enlevées du précieux minerai (qui se ramassait au début à fleur du sol), s’évalueraient à plusieurs milliards de FCFA.

Dans un rapport circonstancié rendu public courant avril 2014, l'Adjoint au maire de la Commune rurale de Djado a soutenu que cette richesse fabuleuse a plutôt profité aux étrangers, plus expérimentés, dotés de moyens plus performants et prompts à soudoyer les Administrateurs locaux. Mais le pire est à venir. Comme quoi les changements les plus souhaités ont leur mélancolie.


En effet, l'euphorie de départ a progressivement fait place à l'insécurité, voire à la tragédie : plus les pépites se font rares, plus les réseaux de racketteurs se développent. Les tueries et les enlèvements de véhicules se multiplient, des bandes armées étrangères essaiment, l'angoisse et l'incertitude se généralisent sur les axes routiers et les sites d'orpaillage : de dizaines de véhicules enlevés, des biens personnels arrachés; les pertes en vies humaines ne se comptent plus. À ce jour, la problématique a pris une ampleur telle que, les attaques crapuleuses perpétrées par des éléments armés Tchadiens sont devenues le souci collectif de tous les instants sur l'axe Siguidine- Dirkou; les exactions quotidiennes commises à l'encontre des orpailleurs du site aurifère de Tchibarkaten, dans la Commune rurale d'Iferoune, par d'autres baroudeurs tchadiens, ont accouché d'une terreur généralisée.

Le plus ahurissant sur ce théâtre est l'indifférence, voire la complicité à peine voilée de l’armée nigérienne qui assiste sans la moindre émotion à l’inadmissible situation. Dans cette partie du Niger devenue un « no man's land », les populations se posent la question que voici : la hiérarchie militaire de ce pays est - elle au courant de ce scandale à l' allure d'une véritable tragédie? Comment comprendre et expliquer la présence aussi dévastatrice d'éléments étrangers dotés d'armements de guerre (mitrailleuses lourdes 12, 7 mm, RPG7 etc.), à bord de dizaines de véhicules 4×4 et qui sévissent impunément sur le territoire national depuis maintenant trois mois?
En tout état de cause, l'exacerbation de la colère des populations locales et des voyageurs risque fort de déboucher sur des affrontements difficiles à maîtriser. Comment alors éviter l'escalade de violence et le basculement dans un chaos généralisé au cœur du Sahara nigérien?

Les pouvoirs publics, au plus haut niveau, doivent répondre à cette lancinante question pendant qu’il est encore temps.

MAF

10 août 2017
Source : La Nation

Imprimer E-mail

Société