Forfait Albarka

Les maison a louer à Agadez : Un véritable casse-tête

Les maison a louer à Agadez : Un véritable casse-têteDepuis les inondations de 2009, trouver une maison à louer à Agadez relève d’un parcours de combattant, le loyer constitue aujourd’hui le casse-tête de nombreux citoyens qui n’ont pas leur propre toit. Les prix augmentent et les maisons en location se font rares. Il est difficile de trouver un petit appartement et souvent ceux disponibles sont à la périphérie de la ville, sans eau ni électricité et à un prix exorbitant. Des locateurs se plaignent de la hausse des prix et du manque d’entretien des maisons de la part des locataires.

La plupart des maisons en location sont mal entretenues par les propriétaires, et c’est un calvaire pour les locateurs en cette période de pluie. Abdou HAMI loue une maison à 40.000 FCFA dans un quartier éloigné sans eau ni électricité, «  Le propriétaire ne veut que prendre son argent à la fin du mois ; il ne s’occupe pas de la maison, des fois je me sacrifie pour l’entretien surtout en ce moment de pluie et à chaque mois il menace d’augmenter le prix du loyer », dit-il, avant de poursuivre : « Même pour le crépissage, chaque année je paye 2 voyages d’argile sur fond propre ; je suis obligé ; je le fais pour ma famille et cela fait cinq ans aujourd’hui que j’occupe cette maison ; tu es locateur et manœuvre du propriétaire ! Qu’Allah nous aide ».

Un autre chef de famille du nom de ABDOULKARIM, lui habite le quartier Dagmanet, dans une maison où ils sont, cohabitent huit familles. Il confie à la NATION que ce n’est pas la joie, qu’il loue une chambre-salon à 25.000 FCA, sans entretien et le pire, on a une douche commune et là il y a vraiment un risque de maladies, des fois il quitte sa famille à 6H du matin pour aller en ville chez un ami se doucher et continuer au marché. « Je me débrouille en ville, je suis revendeur ambulant, mon combat c’est payer le loyer car Hadjia n’est pas patiente, à la fin du mois même si tu n’as rien tu vas lui trouver son argent », soupire t-il, avant de poursuivre : «  Allah ! Allah ! pense à moi, aide moi à trouver de quoi payer une petite parcelle pour quitter ce calvaire, l’artiste Dan Maraya JOS a bien raison dans sa chanson « GUDAN HAYYA ».

Mme AMINA est veuve, elle habite le quartier AZIN, elle a eu difficilement une maison qui a 2 chambres salon à 50.000 FCFA ; elle ne tient pas à la quitter avant qu’elle n’arrive à construire sa propre maison. Elle confie à la NATION : « J’ai fait six mois de chasse de maison à louer ; je fais presque le tour de cette ville avant de trouver cette maison ; il y a l’eau mais pas d’électricité ; j’ai un panneau solaire, le propriétaire ne me fait aucune menace depuis deux ans que je suis ici avec mes orphelins ; je fais mon petit commerce et j’ai une fille enseignante, ensemble on arrive chaque fin de mois à mettre de côté son argent », dit elle. AMINA poursuit en lançant un appel à la commune d’Agadez :  « Nous souhaitons que la municipalité diminue ou procède à un lotissement promotionnel pour permettre aux pauvres de payer leurs parcelles, même si aujourd’hui pour avoir une parcelle il faut aller à la périphérie, et le problème il n’y a pas l’extension de la SEEN et NIGELEC, mais vaut mieux que le loyer de nos jours, des maisons mal entretenues et des propriétaires avares », conclut-elle.

INOUSSA est enseignant ; en trois ans il a déménagé quatre fois : « Les propriétaires des maisons n’ont aucun respect pour le locateur ; ils viennent quand ils veulent pour te menacer », dit-il, avant d’ajouter : « La première maison que j’ai occupée c’est à 40.000 F CFA, j’ai payé d’abord une avance de trois mois, et quand les trois mois sont finis, en plein jour le propriétaire me trouve et me dit : « Mouché ! » à partir du mois prochain ma maison c’est à 50.000 FCFA, je ne peux pas ,j’ai quitté, la deuxième et la troisième aucun entretien et là où je suis présentement à Sabon GARI c’est moins cher, nous confie l’enseignant qui conclut en disant que c’est un commerce dans l’informel, ils ne payent même pas des taxes et profitent de la situation des locateurs et au vu et au su des services concernés.

Un autre chef de famille qui loue un petit appartement au centre ville à 60.OOO FCFA parle d’une complicité : « Vous allez voir une personne qui a jusqu'à six maisons, toutes louées mais il ne verse pas des taxes à la commune, et ce que je ne comprends pas, les agents de la municipalité ne le dérangent pas ; pourtant chaque jour ils emmerdent les petits revendeurs et tabliers », dit il. Soulevant son regard, ce chef de famille fonctionnaire de son état, nous dit ceci : « La question du loyer est à revoir à Agadez ; la vie coûte chère, payer le loyer, les factures d’eau et électricité, et les propriétaires des maisons ne font qu’augmenter le prix. Pourquoi ces gens ne sont pas inquiétés par la commune ; ils doivent payer leurs taxes comme tout le monde »

Des propriétaires de maisons que nous avons rencontrés reconnaissent que leurs maisons à louer coûtent chères, Hadjia MARI AMADOU a des maisons : « C’est chère dit-elle, car j’ai payé cher le matériau de construction, argile, ciment, tout coûte cher aujourd’hui et je fais de mon mieux pour l’entretien », dit elle, avant de poursuivre : « J’ai toujours arrêté des clauses claires avec mes locateurs avant même d’occuper la maison ; je ne pardonne pas à la fin du mois ; je vis de çà moi aussi ».

Elhadj HAMISSOU pense que c’est un contrat, avant de prendre la maison tu as connaissance du prix. « Je n’ai jamais augmenté le prix, mais j’ai un problème avec les locateurs, ils payent en retard, d’autres ont des arriérés et ils font de la maison un dépotoir ; ils détruisent tout comme ce n’est pas chez eux, et dès que je l’ai rappelle à l’ordre, ils quittent et partent souvent avec deux à trois mois de loyer qu’ils n’ont pas payé », confie HAMISSOU à la NATION, et de poursuivre : « Nous sommes très patients, mais nos locateurs ne sont pas faciles ; c’est difficile d’avoir un bon locateur qui va s’occuper de la maison comme si c’était la tienne ».

Un autre propriétaire confie à la NATION qu’il a cinq maisons : « J’ai travaillé dur pour construire ces maisons ; aujourd’hui je suis à la retraite et c’est avec le loyer que j’entretiens ma famille, le prix du loyer augmente parce que la vie coûte chère », nous dit cet ancien ouvrier d’une société minière qui ajoute : « Chaque mois de Ramadan je ne prends pas le loyer, mais malgré cela certains de mes locateurs ne me payent pas à temps, avant de les faires quitter je leur donne un délai de trois mois pour trouver un autre toit parce que je respecte leurs familles, surtout les enfants, ils me font pitié ».

Pour mettre fin à ce problème de logement dans la ville d’Agadez qui fait suite aux inondations de 2009 qui ont détruit plusieurs habitations, des voix s’élèvent pour demander à la municipalité et aux services concernés de faciliter aux citoyens l’acquisition de leur propre terrain à travers des lotissements sociaux. La commune urbaine d’Agadez connaît une surpopulation ces dernières années, les lotissements sont lents et les terrains rares.

ISSOUF HADAN

3& juillet 2017
Source : La Nation

Imprimer E-mail

Société