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Le marché de Tillabéri : Entre tradition et modernité, un marché atypique

C’est un grand marché bihebdomadaire dont les rendez-vous ont lieu tous les mercredis et dimanches. En dehors des boutiques modernes situées en face de la RN1, la principale partie du marché présente plutôt les caractéristiques d’un marché rural : prédominance des hangars en bois ou tout au plus en tôle de récupération ; des produits marchands exposés sur des nattes, des étals en plastiques noirs ou sur des sacs ; la forte présence du petit commerce exercé par les femmes et les jeunes qui circulaient à longueur de journée etc. Situé au bord du fleuve Niger, le marché de Tillabéri offre pourtant une animation pittoresque tout au long de la journée.

Ce marché reste un grand carrefour d’échanges commerciaux en ce sens qu’il draine surtout les dimanches une foule incommensurable. La proximité de la commune urbaine de Tillabéry avec le Burkina Faso et le Mali permet aux commerçants spécialisés dans la vente de céréales d’assurer l’approvisionnement régulier des marchés pendant cette période de soudure où les réserves des paysans sont épuisées. Il est exactement 12 h 5mn ce dimanche 2 juillet 2017 à Tillabéry. Le marché grouillait du monde. Chacun vaque tranquillement à ses occupations. Les commerçants sont déjà installés et les habitants des villages environnants tels que Garieye ; Yalwani ; Neni ; Sakoira ; Djambala etc. sont présents à ce grand rendez-vous des échanges commerciaux ; de partage d’information et sensibilisation.

Le coté sud du marché est envahi par les femmes Kourtey communément appelées « Wago » qui proposent aux clients des nattes traditionnelles minutieusement confectionnées à base de tige de mil. L’œuvre vaut son pesant d’or ne serait-ce que par son aspect artistique qui ne laisse aucun passant indifférent. Il est difficile, voire impossible de passer dans les parages sans être frappé par ces œuvres d’art. Plusieurs modèles sont proposés aux clients. C’est une véritable filière à partir de laquelle beaucoup femmes tirent leur épingle du jeu. Selon une des vendeuses qui a préféré garder l’anonymat, l’unité de la natte se vend entre 5.500 francs CFA et 6.000 francs CFA en fonction des périodes. « La natte est surtout convenable pendant la période des pluies parce que celui qui l’a, n’a pas besoin d’un lit pour dormir dehors après la pluie », nous confie cette femme âgée d’une soixantaine d’années, au milieu d’un groupe de femmes.

Non loin de ce groupe de femmes, se trouvent les étals des produits divers tels que l’oignon séché ; du haricot rouge produit localement et visiblement de bonne qualité car ne présentant aucune graine attaquée par les insectes. Quant aux vendeuses de galettes et beignets, elles sont installées un peu partout etc. Au centre du marché, le visiteur verra une partie dédiée à la vente de céréales, principales denrées recherchées par les populations en raison de la période de soude. En outre, la vente de céréales est fortement organisée avec des détaillants et des grossistes.

Le marché des céréales

En dépit, des déficits céréaliers enregistrés au sortir de la campagne agricole de l’année dernière, engendrant ainsi une insécurité alimentaire dans la région de Tillabéri, le marché des céréales de la commune est bien approvisionné. Toutes les denrées alimentaires ayant un ancrage culturel sont disponibles. Il s’agit notamment du mil, du maïs, du sorgho, du haricot, disponibles et en abondance sur le marché. L’approvisionnement en ces produits à forte consommation s’effectue à partir de deux pays qui partagent une longue frontière avec la région de Tillabéry de manière générale mais aussi et surtout du fait la proximité de ces pays avec le Chef-lieu de la région. Assis tranquillement sur un sac de maïs et entouré par des clients, Idrissa Yahaya est un grossiste visiblement jeune. La fougue de la jeunesse lui confère un air tendu. « Qui t’a donné l’autorisation de me photographier ?», lance-t-il à notre co-équipier (le reporter-photographe) au moment où nous essayons de lui expliquer les raisons de nos échanges avec lui. Il a fallu une deuxième mise au point pour qu’il se rassure.

Et c’est en connaisseur que Issaka aborde les prix de céréales, qui dit-il, varient en fonction de la qualité. Selon Issaka Yahaya, le sac de 100 kg de mil local (le mil rouge) coûte 29.000 francs CFA tandis que celui importé du Mali se vend à 27.000 francs CFA. Le sac de 100 Kg de maïs et du sorgho est respectivement vendu à 20.000 francs CFA et 22.000 francs CFA. Ces prix sont quasiment les mêmes à Niamey. Idrissa Hamadou, est un revendeur détaillant des céréales. Agé de 45 ans, il vient à Tillabéri tous les jours du marché pour prendre un certain de nombre de sacs à crédit chez Issaka Yahaya et les revendre sur place et en détail à l’aide de deux types de mesures à savoir : la tiya et la boite de conserve. Pour le mil, la mesure se vend à 800 francs CFA comme à Niamey ; celle du maïs à 550 francs CFA ; la petite de boite de tomate appelée en langue Zarma « Konka » se vend respectivement à 200 francs CFA pour le sorgho et 225 francs CFA pour le mil.  

Hassane Daouda,
Envoyé spécial(onep)

25 juillet 2017
Source : http://lesahel.org/

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