Forfaits Internet Aitel Niger

Forfait Albarka

Message de Baba Alpha à l’opinion publique nationale et internationale après sa condamnation du 18 juillet 2017

Message de Baba Alpha à l’opinion publique nationale et internationale après sa condamnation du 18 juillet 2017Par la grâce d’Allah (Swt), le couperet est tombé : je suis condamné à deux (2) ans d’emprisonnement ferme. Pire, je me vois dépouillé de tous mes droits de « vie » sans ménagement. En démocrate sincère, je ne saurais porté un jugement particulier sur cette décision du Tribunal de grande instance hors classe de Niamey qui résulte , je veux bien le croire, de l’intime conviction de la juge qui a présidé mon proces. Cependant, je me réserve le droit de faire appel de ce verdict afin de refuser la destruction de ma vie et de ma famille. Avant de poursuivre mon propos, je tiens à exprimer ma gratitude à l’ensemble des Nigériens de bonne foi, mes parents, ma famille, mes confrères du Niger et de l’extérieur, mes amis et mes avocats, qui n’ont jamais cessé, depuis mon arrestation, le 30 mars 2017, de me témoigner leur solidarité, leur prière et leur compassion. Soyez-en remerciés et qu’Allah vous le rende au centuple. Vous avez également la reconnaissance de mon père avec qui je reste aussi deux ans, loin de ma mère, son épouse, mes frères, ses frères et mes filles, ses petites filles.

À cet instant précis ou j’écris ces lignes, mes pensées se dirigent particulièrement vers quatre personnes : d’abord ma mère dont je ne saurais imaginer le choc ; ensuite ma femme Rachida dont l’émotion et la peine seront sans nul doute intenables et enfin mes deux filles, Fatouma et Azahara qui vont devoir vivre deux années sans bénéficier de l’affection paternelle . Malgré tout, je reste fort et je garde ma foi en dieu, car Lui est juste et c’est Lui qui veillera sur elles .

En attendant le jour de la grande vérité, je marque ma surprise de constater qu’un homme âgé de 70 ans, ayant vécu au Niger pendant plus de 45 ans, inconnu des services de police et de la justice (délinquant primaire), soit condamné pour usage de faux sans préjudice à deux ans de prison ferme. En ce qui me concerne, mon étonnement réside dans le fait que je suis né au Niger un mercredi 10 janvier 1984 à 9 heures 33 minutes à la maternité Issaka Gazobi (maternité centrale) à l’époque. Je suis marié a une nigérienne et père de deux filles. Je ne dispose d’aucune autre nationalité en dehors de celle de mon pays, le Niger. Que tout cela soit royalement ignoré, je ne peux alors que dire à mon père : courage et patience. Son fils que je suis est fier de lui, fier d’avoir grandi entre ses mains et le connaître comme mon père ; fier d’avoir reçu son éducation en terre nigé- rienne ; fier d’avoir bénéficié de son affection de père mais surtout très fier de porter son nom, Alpha Mahamane ; une chance dont certains ne peuvent se pré- valoir.

Je ne peux aussi, à ce niveau, manquer l’occasion de répondre au président en sursis du Pnds Tarayya, en lui notifiant que, contrairement à son frère et ami libyen, Bachir Salah, moi, je suis né au Niger. Ce pays est ma mère patrie qui m’a vu naitre, qui m’a soigné ,qui m’a enseigné et m’a éduqué autour des valeurs sociales, culturelles, et spirituelles que je ne saurais nier, trahir ou travestir au prix de n’importe quel sacrifice.

Ceux qui m’en veulent peuvent, à présent qu’ils pensent avoir atteint leur sournois objectif, aller déterrer mon placenta enterré sous l’immeuble qui abrite actuellement l’agence orange du quartier communément appelé 2e arrondissement.

Je resterai Nigérien dans mon âme, mon cœur et mon esprit, pour toujours.



Oui, on peut me priver de tout sauf de l’amour que j’ai pour mon pays, le Niger que j’ai fièrement défendu et représenté dans plusieurs pays à l’occasion de certaines rencontres sportives et intellectuelles, contrairement à de «grands patriotes» devant l’éternel, qui ont pillé et spolié le pays. Enfin, je renouvelle mes remerciements à toutes et à tous, jazza koumou allah khairane wa barak allah min koum.

Sachez que mon combat pour un Niger débarrassé de la corruption, de l’impunité, du népotisme, du trafic d’influence, de l’injustice, de la pensée unique, etc., restera incorrigible face à toutes les vicissitudes de ce bas-monde et de la haine des mortels.

Baba Alpha, journaliste nigérien au groupe de presse Bonferey

20 juillet 2017
Source : Le Courrier

Imprimer E-mail

Société