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Drame des migrants : Des passeurs mettent en cause la loi de 2015

Drame des migrants : Des passeurs mettent en cause la loi de 2015Le désert du Ténéré est en train de devenir un véritable "cimetière à ciel ouvert pour les bras valides d'Afrique de l'Ouest et du centre, attirés par le mirage européen", ont expliqué dans un communiqué 37 élus du conseil régional d'Agadez. Depuis plusieurs mois, les drames se multiplient. Des dizaines de migrants sont régulièrement retrouvés morts dans le désert. Conséquence indirecte d'une loi de 2015, appliquée depuis quelques mois à Agadez qui réprime sévèrement les passeurs, les poussant à faire prendre davantage de risques aux migrants. Le comité des passeurs d'Agadez rejette l'accusation.

Bashir AMMA président du comité des passeurs d'Agadez est très choqué par les accusations qui pointe du doigt les passeurs en les accusant d'abandonner les migrants dans le désert. '' Nous sommes tristes d'entendre chaque jour que des migrants sont mort dans le Ténéré, nous tenons a informer l'opinion national et international que nous, passeurs d'Agadez nous avons arrêté cette activité depuis plus de huit mois et nous l'avons dit aux autorités''.

Le comité des passeurs pensent que le tapage médiatique sur les migrants morts ou retrouvés dans le désert salit l'image de la région d'Agadez, pour le président du comité '' au lieu d'accuser les passeurs, il faut accuser la loi de 2015 qui criminalise le trafic des migrants, les passeurs d'Agadez ne sont pas impliqués dans ces drames, d'autres passeurs étrangers ont repris l'activité, ce sont eux qui font aujourd'hui le trafic et notre gouvernement est incapable de les contrôlés, le trafic continue et y'aura toujours des drames'' dit il.

Bashir AMMA confie a La NATION : ''Nous avons fait une déclaration dans laquelle on a confirmé que nous avons arrêté cette activité. Nous avons discuté avec le gouverneur et le procureur. On a enregistré tous les ghettos et ils nous ont donné leur accord. On a arrêté des jeunes et saisies leurs véhicules. C'est pour vous dire que aujourd'hui a Agadez, on trouve des étrangers qui ont des ghettos, c'est des ressortissants des pays de la CEDEAO et ils sont libre de circuler, ce sont eux qui accueille les migrants et organisent le trafic''.

Le comité des passeurs d'Agadez lance un appel a l'Etat afin que celui-ci prenne des dispositions pour contrôler ces nouveaux passeurs étrangers qui ont prit la relève. '' De la même manière qu'on nous a empêché d'exercer l'activité, il faut contrôler ces passeurs étrangers et arrêter de nous accuser a tord et a travers'' disent les anciens passeurs d'Agadez.

Une responsabilité partagée

Mahaman SANOUSSI acteur de la société civile et ressortissant du Kawar, tire la sonnette d'alarme. Selon lui, pour qu'on puisse arrêter ce drame, il faut que les communes, la région et tous les acteurs unissent leurs efforts pour mettre fin à cette situation dans le Ténéré. " Nous pensons que la responsabilité est partagée, c'est facile de s'égarer dans le désert, y'a pas une voie officiel qui relie Agadez a Durkou, c'est des tronçons et chacun utilise sa voix a sa guise " nous confie cet acteur de la société civile qui s'intéresse a cette situation de migration.

Pour Mr SANOUSSI, ''l'Etat doit revoir le trafic sur ces tronçons. Beaucoup des gens sont égarés et morts dans le désert, mais comme ils ne sont pas des migrants ça passe inaperçu'' dit il, avant de poursuivre en ces termes : '' je pense que les autorités doivent ramener le système des convois militaires et mettre tous les moyens pour arrêter la migration conformément a la loi qu'ils ont mis en application''. Il regrette cependant le manque des puits sur l'axe Agadez Durkou. '' On dénombre seulement deux puits, et ces deux puits ne peuvent pas ravitailler le flue des personnes qui circulent dans le désert, l'accès en eau est une problématique a part entière'' a dit Mahaman SANOUSSI.

Pour Mahaman SANOUSSI, il faut admettre une chose : '' Au niveau d'Agadez et Durkou, les communes ne disposent pas des structures opérationnels des secours, imaginer si on déclare un véhicule qui est en panne en plein désert, la commune de Durkou ne peut pas venir en aide parce qu'elle n'a pas des moyens logistiques pour organiser des secours''.

Enfin Mr SANOUSSI martèle : '' il faut exiger que tous les véhicules qui quittent Agadez pour Durkou soient doter des moyens de bord, il faut au moins avoir des téléphones satellitaires qui va permettre en cas des difficultés de communiquer a travers des GPS ses coordonnés, c'est facile en cas des missions d'assistance de secoure d'identifier la personne égaré''.

Accélérer le processus de reconversion

M. Ahmed KOUSSA 2éme vice maire de la commune urbaine d'Agadez reconnait qu'il y'ai des étrangers impliqués dans le trafic. Mais comme ils sont de la CEDEAO, ils sont libres de circuler. Pour résorber cette situation, le 2eme vice maire de la commune d'Agadez pense que '' la solution est là ; nous pensons que tous ces drames dans le désert est due a cette loi de 2015, nous avons empêché le trafic et on est incapable de prendre des précautions qui si elles sont concrètes on aura évité les drames dans le désert''.

M. KOUSSA remercie les anciens passeurs d'Agadez pour leur collaboration, il poursuit en disant :'' il faut que l'Etat et les bailleurs de fonds accélèrent le processus de reconversion a travers des projets solides, les petits micros projets proposer a ces anciens passeurs sont vraiment insignifiants'' avant de conclure en disant que '' la solution, je précise est de nous écouter et mettre des mécanismes aussi important pour répondre aux attentes des acteurs de la migration, nous regrettons tous ces morts dans le Ténéré''.

Mohamed ANAKO président du conseil régional d'Agadez parle d'une mauvaise gestion de la question migratoire ; et tous ces drames résultent des conséquences de la loi 036 de 2015. Pour Mr ANAKO : '' il faut créer les conditions d'une reconversion tout de suite pour diminuer le flux et beaucoup de ces acteurs ne vont pas se hasarder à contourner les vrais chemins, et là on ne peut pas assister a ces genres des drames 'dit-il.

ISSOUF HADAN

10 juillet 2017
Source : La Nation

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