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Agadez/Migration clandestine : Encore de nouveaux drames

Desert Agadez Immigration 01D'après des sources médicales contactées par Aïr Info le 26 juin dernier, 23 migrants sont actuellement en observation au centre de soins intégré (CSI) de Seguedine. Selon ces rescapés joints par notre correspondant : " Les migrants au nombre de 75 au total étaient à bord de trois véhicules mais ont été abandonnés par leurs passeurs craignant la répression des forces de sécurité.".

Effectivement, de source sécuritaire, plusieurs dizaines de cadavres ont été enterrés aujourd'hui par des éléments de la garde nationale ou de la police municipale en poste à Seguedine avec l'appui de la population. D'autres migrants sont encore portés disparus".

A ce sujet, selon une dépêche de RFI, un groupe de migrants a été abandonné par ses passeurs. 52 sont portés disparus. 23 autres ont été sauvés dans le nord-est du pays. RFI précise que c’est un groupe de plusieurs dizaines de migrants clandestins à bord de trois véhicules tout terrain, des pick-up, qui ont été localisés tout près du puits de l’Espoir. Un puits situé entre la ville garnison de Dirkou et l’oasis de Séguédine, plus précisément, à environ cinq kilomètres de la frontière libyenne. Selon des témoignages recueillis auprès des rescapés, le groupe de migrants abandonné par leurs passeurs est resté quatre jours sans eau. Les 23 rescapés ont été donc été retrouvés assoiffés et désorientés non loin du puits de l’Espoir par une patrouille de l’armée nigérienne.

Selon le ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, Mohamed Bazoum joint par RFI, 15 autres migrants sont portés disparus, cette fois-ci dans l’Aïr, tout près de la cité de Tabelot. Depuis quelques temps, selon le ministre, les contrôles routiers se sont intensifiés sur tous les axes dans le désert, et les passeurs, de crainte qu’ils ne soient arrêtés et de voir leurs véhicules confisqués par l’Etat, ont changé de stratégie. Ils échappent ainsi à tout contrôle en navigant hors-piste, pour enfin abandonner leurs passagers en plein désert, tout en leur signifiant que la frontière libyenne est toute proche.

Ce phénomène inquiète Almoustapha Alhacen, président de l'organisation Aghir in'Man, basée à Arlit et qui lutte notamment contre le trafic d'êtres humains. Il explique : « Parfois quand ils sont en train de se reposer, le chauffeur peut se sauver s'il voit une patrouille qui vient et laisser les migrants sur place. Deuxième chose, il peut tomber en panne et ne plus pouvoir les transporter ».

Un drame de plus qui doit interpeller les candidats à la migration quant aux dangers mortels qu’ils courent à travers leur aventure.

IBRAHIM MANZO DIALLO

28 juin 2017
Source : La Nation

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