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Le Niger et ses scandales : Petit Boubé, une victime expiatoire ?

Le Niger et ses scandales : Petit Boubé, une victime expiatoire ?Boubacar Hima dit Petit Boubé serait-il le souffre-douleur, la victime expiatoire pour une catégorie de Nigériens qui tendent à ignorer ce qui se passe dans ce pays ? Un pays dans lequel, la presse a régulièrement dénoncé les pratiques mafieuses de nos gouvernants sans que cela ait ému le moins du monde les concernés et sans que la justice ait décidé de la moindre information judiciaire à leur encontre. Les exemples pullulent comme têtards dans un étang au point où on en oublie forcément lorsqu'on veut les citer. N'est-ce pas dans ce pays que le président de l'Assemblée nationale et son premier vice-président ont été dénoncés dans une affaire d'indemnités de départ qu'ils se sont illégalement octroyées en partant de l'ARTP [Ndlr : Agence de régulation des télécommunications et de la Poste] ? N'est ce pas dans ce pays que le ministre du Tourisme gère son entité comme une boutique, élaborant lui-même les termes de référence et gérant personnellement et à sa guise les fonds dédiés par les partenaires financiers à des évènements touristiques de portée nationale ? N'estce pas dans ce pays que des officiels, au plus haut sommet de l'État, ont compromis des intérêts stratégiques du Niger à l'extérieur, dans un contentieux qui est né sur des motivations détestables ?

N'est-ce pas dans ce pays, confronté à une grave crise alimentaire, que des individus désormais identifiés, ont détourné et vendu à leurs profits une aide alimentaire pakistanaise de plusieurs milliers de tonnes ? N'est-ce pas dans ce pays que des hommes tapis à la présidence s'octroient des permis miniers pour exploiter les richesses du sous-sol à leurs profits ? La liste est longue, très longue et ne peut être épuisée facilement. Car il y a bien d'autres, tels que le Mukurigate, les affaires sombres qui ont ruiné la Bagri, les marchés frauduleux de plusieurs milliards d'engrais de la Caïma, les fraudes et évasions fiscales dont les établissements et commerces fautifs sont parfaitement connus, etc. Alors ? Pourquoi, donc, cet acharnement contre Petit Boubé ? La justice ne saurait être à double vitesse et se focaliser sur le cas de cet homme qui, jusqu'à preuve du contraire, n'a aucune affaire judiciaire connue au Niger, c'est faire forcément fausse route. En un mot, lâcher la proie pour l'ombre, comme on dit ou de manière plus prosaïque, faire entorse à la justice sociale. Zakou Djibo doit sans doute se frotter les mains et sourire. Après avoir été adoubé par le Pnds Tarayya qui le vouait aux gémonies, il est à présent oublié, au mieux rangé dans la catégorie des gens dont les forfaits ont été expiés. Mais Zakou Djibo, comme tous ces hommes d'affaires dont on connaît les affaires louches, sont-ils d'ailleurs plus coupables que tous ces grands commis de l'État qui ont joué avec l'argent public et dont la compromission, sur telle ou telle affaire, est établie ? Le Parquet, qui a reçu, de l'avis du procureur de la République, d'innombrables dossiers brûlants, sait mieux que quiconque à quelles portes il faut plutôt taper. Et pourtant, ces hommes et ces femmes sur qui pèsent d'énormes charges se promènent, libres et tranquilles, jouissant encore de privilèges liés à des fonctions d'État qu'ils ne devraient plus occuper. Petit Boubé ne peut, donc, être ce bouc émissaire tant recherché par certains dans des affaires dont il est très éloigné. A suivre !

23 juin 2017
Source : Le Courrier

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