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Répression policière du 10 avril 2017 : Quid des trois policiers bastonneurs arrêtés ?

Police Arrestations Niger 01Le 10 avril 2017, avec l'invasion de la cité universitaire par les forces de l'ordre, la répression qui s'est abattue sur les étudiants est sans commune mesure. Certains de ces agents, formés pourtant pour maintenir l'ordre, conformément aux strictes règles du respect de la personne et des droits humains, se sont donné à coeur joie à une brutalité inouïe, digne des tontons macoutes, sur des scolaires aux mains nues. Non contents de bastonner copieusement ceux sur lesquels ils ont pu mettre la main, certains policiers se sont permis d'immortaliser leur brutalité en filmant eux-mêmes les actes barbares et les sévices qu'ils infligeaient aux pauvres étudiants. Une vidéo a circulé en boucle sur la toile et les réseaux sociaux dans ce sens. On y voit un étudiant dans une position des plus inconfortables, coincé dans un véhicule accidenté au niveau de l'institut de la ligue mondiale islamique (ILMI), sur lequel pleuvaient les coups des bâtons de policiers. L'étudiant, au lieu d'être secouru par les agents des forces de l'ordre, était plutôt bastonné, et… filmé. Par qui ? Des policiers qui, non contents de le bourrer de coups sans ménagement aucun en même temps qu'ils le filmaient, l'ont contraint à répéter les slogans " Vivent les Policiers ",

" A bas l'USN ", en lieu et place de " Vive l'USN ". Ce genre de policiers ne fait assurément pas honneur à une police républicaine et ne mérite pas de porter la tenue. C'est probablement de ces policiers qu'il s'agit dans la déclaration de la police, une déclaration non datée et lue à la télé par leur porte parole. Dans son Communiqué de presse, la Direction Générale de la Police Nationale reconnait elle-même qu'au cours de la manifestation du 10 avril, qu'un groupe de policiers au cours d'une intervention sur le terrain a fait subir à un manifestant mis à sa disposition (Sic !), un traitement contraire aux principes d'éthique et déontologie ". Et annonce que trois de ces policiers ont été identifiés comme suspectés…sont placés en garde à vue à l'Inspection Générale des Services de Sécurité ", pour " avoir transgressés les lois et Règlements de la République ". Mais depuis cette annonce, silence radio. Ont-ils été présentés à un juge ? Quelle suite entend-on donner à cette affaire, où des traitements dégradants ont été commis sur une personne qui devait être secourue, les personnes identifiées. Le monde entier a été témoin, puisque le film est disponible. Il reste que seulement que justice soit faite, cette justice rendue au nom du peuple afin d'éviter la vengeance.

Bisso

14 juin 2017 
Source : Le Courrier

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