mardi, 14 février 2017 06:53

Collectif Zorro de Zongo : Une association qui voit loin

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Zorro de Zongo (ZZ) ! Il ne s’agit pas du titre du film de fiction que l’on connait,plutôt le nom d’une association, créée par de jeunes diplômés nigériens qui perçoivent leur citoyenneté comme un devoir envers leur pays et la communauté nationale. Mais la philosophie des membres du Collectif ZZ n’est pas sans rappeler Zorro, le célèbre personnage masqué dudit film. En effet, les jeunes du collectif ZZ, entendent aussi contribuer dans l’anonymat au développement de l’entrepreneuriat, et véhiculer une image positive de leur pays.

«Les ZZ sont des anonymes africains qui souhaitent promouvoir l’entrepreneuriat au Niger et en Afrique de toutes les façons possibles et véhiculer une autre image du Niger », explique Amadou Boukar, le vice président de ce collectif qui a vu le jour en février 2014. Ce qui caractérise cette jeune structure, c’est la diversité professionnelle de ses acteurs qui évoluent dans des métiers et secteurs divers. La plupart sont diplômés de grandes écoles et universités. Certains d’entre eux ont bénéficié du programme Mandela Washington Fellows initié par le président Barack Obama en faveur des jeunes leaders africains (Young African Leaders Initiative, YALI). D’autres sont créateurs de Start up avec déjà quelques employés. Et, ils résident au Niger, mais aussi à l’extérieur notamment à Paris et Abidjan.

Ces jeunes sont unis par l’ambition, et la volonté d’apporter leur contribution au développement du Niger. Ce qu’ils ont formalisé en se regroupant au sein du collectif ZZ où ils développent des initiatives pour un retour d’expérience à travers l’association Alumni ou "association d'anciens élèves", la plateforme TANIA MOU qui a pour objectif de mettre à la disposition des jeunes élèves/étudiants, des informations sur des fiches métiers et des témoignages de parcours scolaires classiques ou atypiques. «Notre principal objectif est de faire du social business sur la durée au Niger et en Afrique. Nous avons conscience du rôle que jouera l’entrepreneuriat dans le développement de chaque pays du continent », déclare M. Amadou Boukar. Dans ce sens, le collectif inscrit son action en vue de porter des projets au Niger et en Afrique ; créer un réseau dynamique ; accompagner les entrepreneurs dans leur développement ; valoriser l’image du Niger.

Fada AlumNi, du "Networking " au service de l’entreprenariat :

La communauté AlumNi qui est une autre initiative des membres du collectif ZZ,   réunit les anciens élèves des lycées nigériens et de l’Université de Niamey, de la diaspora. C’est un cadre de soutien aux initiatives entrepreneuriales, de partage d’information sur des offres d’emploi, des innovations utiles pour le Niger. La communauté qui ambitionne aussi de servir de passerelle avec la diaspora nigérienne et africaine initie des missions de retour d’expérience. « À travers la communauté AlumNi, nous avons lancé avec quelques membres, un projet de mission de retour d’expérience. L’objectif est que chaque nigérien puisse mettre à contribution son expérience et son parcours professionnels afin de permettre aux jeunes nigériens de s’orienter pour leurs formations. En somme, il s’agit de vaincre les préjugés qui ont la vie dure, décloisonner les filières de formation et surtout informer sur les métiers en devenir », explique M. Amadou Boukar.

Une des innovations de cette communauté d’anciens élèves, réside dans la création d’un cadre de rencontre ou " Fada Alumni". Inspirée de la pratique des " Fada" au Niger qui sont de petites assemblées, des lieux de causeries entres amis, la Fada Alumni, est un espace convivial de rencontres "Networking ". « C’est un cadre qui permet aux participants de renforcer leur réseau professionnel, d’échanger avec des invités seniors qui partagent leurs expériences et conseillent les jeunes», explique Amadou Boukar.

La Fada qui a siégé il y a quelques jours au restaurant "La Cabane" dans le quartier Plateau de Niamey n’a pas dérogé à l’habitude. Parmi les personnalités invitées lors de cette soirée, il y avait M. Aminou Boukari, l’Administrateur Général de Goviex, une société minière, qui était « l’invité sénior ». À 20h30mn déjà, les membres de la fada et les invités ont pris place. Le vice président du collectif ZZ, M. Amadou Boukar qui joue le rôle de modérateur, rappelle le principe de la rencontre, présente l’invité senior. Puis l’une après l’autre les personnes présentes déclinent leurs identités, précisent leurs occupations ou leur secteur d’activité. Ensuite, la parole est donnée à l’invité senior qui entretient l’assistance sur son cursus académique, son parcours professionnel et surtout son expérience.

L’Administrateur général de Goviex répond aux différentes questions des participants. Après le diner les discussions sont allées au-delà de l’intervention de l’invité sénior. Ce jour là, les échanges ont surtout porté sur la question du développement durable, la contribution que les jeunes peuvent apporter dans la construction de leur pays. En fonction de leurs préoccupations, de leurs domaines de compétence, ou tout simplement des constats autour d’eux, les intervenants   formulent des critiques, des observations aussi bien à l’endroit des gouvernants, de la jeunesse et du rôle qu’elle est appelée à jouer, etc. On retient des différentes interventions que la jeunesse doit apporter sa pierre à l’édifice de la construction et du développement du Niger, éventuellement de l’Afrique, s’investir dans la dynamique de changement de mentalité, et vaincre certains préjugés.

« Nous avons eu la chance d’étudier, d’être formés, nous sommes d’une certaine façon des privilégiés, mais qu’est ce que nous faisons pour faire avancer notre pays ? », a lancé une intervenante. Cette prise de position a fait effet chez les participants à la fada qui semblent prendre au sérieux le rôle qu’ils se donnent     pour le changement positif auquel les Nigériens aspirent.    

Souley Moutari(onep)

13 février 2017
Source : http://lesahel.org/

La Palmerais Niger Pub 01