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jeudi, 26 janvier 2017 20:45

Abandonné par l’Etat avec 7 mois d’arriérés de salaire : Les agents de la Ville de Niamey se retournent vers Allah

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Hotel Ville priereUn grève de 5 jours à compter du lundi 23 janvier ; un sit-in dans les locaux de la Ville de Niamey ; une prière collective et une fahia pour implorer l’assistance divine. Ce sont-là, les activités menées par les agents des municipalités de la capitale en début de semaine. Toute cette batterie d’actions ne vise qu’un seul objectif : exiger le payement de leurs arriérés de salaires. A la date d’aujourd’hui, ces pauvres agents des collectivités accusent 7 mois d’arriérés de salaire. Depuis le mois de juin 2016, ils n’ont rien perçu de leur employeur en l’occurrence la Ville de Niamey.

Ils multiplient les piquets de grève, ils avaient même tenu une marche de protestation mais hélas toutes leurs actions sont restées vaines. En face, c’est dans une oreille de sourd que leurs gémissements tombent. Ni le Conseil de ville, ni le gouvernement, encore moins le président de la République pourtant garant de l’effectivité des droits de chaque citoyen ne semblent s’intéresser à cette situation dont les conséquences sont énormes. A cause du non-paiement de leur dû, les agents des collectivités sont transformés en des cas sociaux. Certains ont vu leurs épouses divorcées du fait de la précarité, d’autres sont expulsés des maisons qu’ils louent ; des élèves sont chassés des écoles qu’ils fréquentent parce que leurs parents n’arrivent plus à payer les frais de scolarité ; des enfants n’ont même pas pu effectuer l’inscription à l’école. A cela, il faut ajouter l’endettement auprès des commerçants dont certains manquent de patience et de compréhension. Cette intenable situation ne peut s’expliquer par un manque de moyens financiers de la Mairie. Si celle-ci ne dispose plus de ressource pour faire face à ces charges, le gouvernement ne saurait expliquer son incapacité à assurer les quelques 200 millions que coûte la masse salariale des collectivités territoriales. On ne va surtout pas invoquer les difficultés financières du Trésor public quand on sait que le salaire mensuel d’un seul Conseiller avec rang de ministre de la présidence (plus d’un million FCFA) peut payer une dizaine d’agents de la mairie. En réduisant le nombre pléthorique de son gouvernement, le président de la République pour assurer sans difficulté la paie des agents des collectivités. Mais il ne le fera pas parce qu’il a réussi à mettre sous sa botte les centrales syndicales qui, si elles avaient fait de ce problème une préoccupation collective, auraient trouvé la solution depuis longtemps. Hélas ! C’est toujours comme ça lorsqu’on prouve à un gouvernement qu’il peut se permettre d’humilier et de martyriser des citoyens pour autant qu’il ne touche pas aux intérêts égoïstes de quelques leaders syndicaux, le tour est joué. Pauvre Niger auquel la Renaissance du président Issoufou a ôté tout sens de l’honneur, de la dignité et de l’idéal.

Ibrahim A. YERO

26 janvier 2017
Source : Le Monde d'Aujourdhui

Dernière modification le jeudi, 26 janvier 2017 21:15