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jeudi, 26 janvier 2017 20:43

Le CHR Lamordé, un centre hospitalier ou de récréation des agents ?

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hopital lamordeLe ministre de la Santé publique Idi Maïnassara a du pain sur la planche. Tant les pratiques dans nos centres hospitaliers et sanitaires contribuent plus à tuer les populations qu’à les soigner. Lundi 23 janvier 2017. 9heures le matin. Les patients s’entassent devant la porte du service Aiguillage ORL. Numéro à la main, chacun attend d’être invité à obtenir un bulletin de consultation. A l’intérieur de la salle, des femmes en blouse blanche font leur fête. Elles causent, racontent des commérages et passent une quinzaine de minutes avec chaque patient qui entre tellement elles ne sont pas préoccupées outre mesure par la masse qui attend dehors et qui ne peut accéder aux médecins sans passer par elles.

Et lorsque vous oser jeter un coup d’œil pour voir ce qui s’y passe, elles vous grondent comme si vous étiez un mendiant. Par l’inefficacité de ces bonnes dames, les patients passent des dizaines de minutes à attendre leur desiderata malgré la souffrance qui les habite et au nom de laquelle ils sont venus chercher secours.

Comment ne pas se rappeler le cas du nommé Mahamadou qui a perdu son enfant alors qu’il l’avait amené au CHR Lamordé en urgence. Mais le docteur du jour avait refusé de prendre en charge le bébé donnant rendez-vous aux parents le lundi suivant. La maladie ne connaissant pas les week-ends a fini par emporter le petit. Quelle conscience professionnelle !

En vérité, cette situation n’est pas propre au CHR Lamordé, c’est presque endémique dans les centres de santé de notre pays et à tous les niveaux. Souvent, les agents de santé passent leur temps à manger du « dambou » pendant que les patients les attendent et gare à celui ou celle qui ose se plaindre ! Or, pendant leur formation, on apprend à ces agents qu’un bon accueil est déjà une guérison à 50% du patient. Hélas ! chez nous les malades sont traités comme de moins que rien et souvent on semble même leur reprocher d’être malade. Qui souhaite perdre sa santé et se retrouver dans les mains de quelqu’un d’autre pour des soins ? Personne. L’idée du mauvais accueil est tellement répandue dans la société nigérienne que dans les familles polygames, les femmes dans leurs plaisanteries appellent le foyer de la première épouse « hôpital » et celui de la seconde « clinique ». Tout simplement parce qu’à la clinique on prend soin du patient tandis qu’à l’hôpital on le maltraite. Voilà qui est révélateur d’un malaise social auquel le ministre Idi Maïnassara a le devoir de s’attaquer sans faiblesse s’il ne veut pas rater son passage au ministère de la Santé publique.

Ibrahim A. YERO

26 janvier 2017
Source : Le Monde d'Aujourdhui

Dernière modification le jeudi, 26 janvier 2017 21:27