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  • Communiqué du Conseil des ministres du vendredi 16 février 2018

    Communiqué du Conseil des ministres du vendredi 16 février 2018


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Prison Niger16 mai 2016- 16 mais 2017 : un  an, douze longs mois, que Mala Ari, ancien directeur de cabinet de Hama Amadou à la primature ; Idé Kalilou, son adjoint ; et Bakari Seydou, coordinateur de la cellule crises alimentaires et gestion des catastrophes à la même époque, ont été arrêtés et jetés en prison en dehors de tout jugement. Il leur est reproché courant 2005, d'avoir détourné environ cinq (5) milliards FCFA, correspondant à 30 500 tonnes de céréales, une assistance des partenaires techniques et financiers (PTF) pour venir en aide aux populations nécessiteuses. Un an, uniquement sur la base de la haine d'un régime clanique qui verse de plus en plus dans la dictature, sans que le dossier bouge et que les accusés soient fixés sur leur sort. Mais, apparemment, les concernant, l'objectif du régime de Mahamadou Issoufou, et ses petits camarades, admirateurs de Staline, est de les maintenir le plus longtemps possible en prison. L'unique raison de leur maintien en prison, en l'absence de toute preuve, mieux, malgré leur innocence, est aujourd'hui claire et limpide : leur proximité avec Hama Amadou, cet opposant irréductible de Mahamadou Issoufou qui fut son challenger lors des dernières élections présidentielles malgré qu'il avait les pieds et les mains liés en prison.

C'est du fond de sa cellule de la prison de Filingué, sans avoir mené campagne, arrêté et transféré illégalement, le 14 novembre 2015 à sa descente d'avion à l'aéroport de Niamey, dans une prison se trouvant à un peu moins de 200 km de Niamey, que Hama Amadou a forcé, par la volonté du peuple souverain à un second tour, malgré la tropicalisation de ces élections dont le monde entier a relevé le caractère insolite, grossier, loufoque et antidémocratique. Une véritable négation de la démocratie et des droits humains élémentaires. Pourtant, Mala Ari, Bakari Seydou et Idé Kalilou ont été à plusieurs fois blanchis, complétement innocentés. D'abord par l'audit interne, diligenté par les Partenaires techniques et financiers et donateurs qui, en 2005 déjà, n'ont relevé aucune anomalie et ont trouvé l'opération clean. Etant eux-mêmes parties prenantes et signataires de tous les documents afférents à l'opération, de l'avis d'appel d'offres au paiement des fournisseurs en passant par la réception des vivres. Par l'enquête préliminaire de la gendarmerie ensuite. Celle-ci a tout simplement conclu à l'impossibilité des personnes incriminées de détourner quoi que ce soit, puisque n'étant pas destinataires des sommes engagées. A moins que les partenaires techniques et financiers ne soient leurs complices, est-on tenté de dire. Dans ce cas, les PTF doivent aussi être poursuivis. Enfin, par les services de l'Office des produits vivriers du Niger (OPVN) qui, à travers une réponse à la sommation de dire adressée à eux par le conseil des avocats des prévenus par voie d'huissier, ont reconnu avoir reçu les quantités de céréales en question et conformément aux termes du contrat et la qualité demandée. Si à toutes ces étapes, Mala Ari, Bakari Seydou et Idé Kalilou, ainsi que les fournisseurs, ont été innocentés sur la base d'éléments matériels, de preuves tangibles et irréfutables c'est que dès au départ ils étaient innocents. Ils ne sont pas coupables de ce dont on les accuse. Ce n'est que pur montage. C'est pourquoi il est légitime de parler d'arrestations politiques. Mala Ari, Bakari Seydou et Idé Kalilou sont des prisonniers politiques d'un régime qui a échoué et qui cherche des boucs émissaires, et surtout à divertir le peuple. Mais la politique ne permet pas tout, elle obéit à des règles auxquelles tous les citoyens sont soumis. Justifier des arrestations arbitraires par le seul fait de l'appartenance politique d'un citoyen, qui manifestement est innocent, est une monstruosité dans l'Etat de droit dont les auteurs répandront tôt ou tard. Tout comme garantir l'impunité à des citoyens, auteurs de crimes et délits est tout aussi un crime. L'impunité, l'un des domaines où la Renaissance excelle, puisque quotidiennement coupable de donner l'absolution totale aux délinquants pourvu qu'ils soutiennent les actions du chef de l'Etat. Mais le chef de l'Etat n'est pas l'Etat, encore moins le peuple. Pendant que certains citoyens sont arrêtés, emprisonnés en dehors de tout jugement sur la base de simples délations et sur la base des divergences politiques, d'autres pourtant cités dans des affaires où les intérêts stratégiques du Niger sont indiscutablement compromis, où notre pays est délesté de milliards, avec des preuves écrites qu'eux-mêmes n'ont pas niées, ne sont nullement inquiétés. Par voix d'ondes, un ponte du régime a même, comble de mépris pour le peuple, déclaré qu'ils ne livreront pas Hassoumi Massoudou à la justice. Hassoumi Massoudou est ce monsieur, directeur de cabinet du président de la République au moment des faits, qui a viré 200 milliards FCFA d'un compte BNP Paribas à un compte privé à Dubaï, connu de tous pour être un paradis fiscal. Pour ce pseudo démocrate, même si Hassoumi est coupable, il n'est pas justiciable, il est au-dessus de la loi. C'est clair, la loi c'est pour les autres : les opposants politiques, les journalistes indépendants, les membres actifs de la société civile, les syndicalistes, les internautes qui peuvent être interpellés et embastillés à tout moment, selon les humeurs des guristes. Mais Hassoumi Massoudou n'est pas seul. Ils sont légion les guristes, qu'il faut d'ailleurs distinguer désormais des militants du PNDS, impliqués dans des scandales politico financiers mais qui continuent à jouir d'une totale impunité. Des scandales comme Africard, Mukurigate, Eximbank de Chine, le prêt congolais, l'achat du vieux coucou au camarade président, la remise des devises saisies à l'aéroport, les conteneurs de la SORAZ, les fraudes aux concours dont des personnalités sont impliquées et non inquiétées, le don de riz pakistanais, les permis miniers de Savannah. La liste est longue. En outre, des crimes économiques comme les rails de Bolloré et Gorou Banda où des centaines de milliards du peuple nigérien sont jetés à perte, sans aucun rendement pour le peuple nigérien. La justice est l'honneur d'un pays, dit Amadou Ousmane. Sans justice, il est illusoire, voire chimérique de croire que l'on peut faire prévaloir un quelconque ordre. Car, la justice, avant d'être une institution, est une aspiration fondamentale de l'être humain. Aucun ordre, même celui hitlérien ou stalinien ne peut perdurer.

Bisso 

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