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Raffinage du pétrole à la SORAZ : Tout pour les Chinois, la pollution pour les populations riveraines

PALAIS DU SULTANAT ZINDERUne délégation conjointe composée de députés membres du Réseau parlementaire sur la transparence dans les industries extractives et de membres du Rotab a séjourné dans la région de Zinder, entre décembre et janvier, dans le cadre de la mise en œuvre du projet ''Promotion de la Transparence dans la gestion des industries extractives au Niger''. Ledit projet est financé par le NDI (National Democratic Institute).

Dès leur arrivée, les membres de la délégation ont été transportés au Gouvernorat pour une réunion d'échanges sur les objectifs de la mission avec le locataire des lieux. La délégation s'est ensuite rendue au siège du Conseil régional de Zinder où elle a rencontré le deuxième vice-maire, son adjoint et le secrétaire général oùl e même cérémonial a été observé, à savoir la déclination des objectifs, lesquels objectifs visent à vérifier les conditions de travail et de vie des travailleurs de la Société de raffinage de Zinder (Soraz) et les conditions de vie des populations riveraines, exposées à la pollution et à la dégradation de leur environnement, induites par les activités de la raffinerie. Ensuite la délégation s'est Rendue à la Mairie centrale de la ville, puis au sultanat de Zinder. En somme, on retient que sa première journée a été entièrement consacrée aux visites de courtoisie. Le travail véritable a débuté le lendemain avec le départ de la délégation à destination des installations de la Soraz, à quelque55kmde Zinder.

A Son arrivée ,elle a été accueillie par le Directeur général de la société entouré de ses proches collaborateurs. Surplace elle a eu droit à une présentation de la Soraz qui est composée de deux parties : les représentants de l'Etat chinois et les représentants de l'Etat nigérien. Dans le capital de la société, la par tiechinoisedétient60%desactions contre40%pour le Niger. L'effectif des employés est de 680 agents toutes catégories confondues. Du point du traitement salarial, la discrimination est de mise. De manière flagrante. Alors que les 260 employés chinois engrangent 1,2 milliards de salaire mensuel, les 410 agentsnigérienstotalisent,eux,280 millions de salaire mensuel. Parmi les employés nigériens figurent12 femmes affectées à des tâches diverses. Parlant des difficultés que rencontre la société, le Directeur général, partie nigérienne, a pointé la gestion des ressources financières. Selon lui, l'Etat nigérien n'honore pas ses engagements vis- à-vis du partenaire. Un autre problème qu'il a soulevé, c'est le manque de statut et règlement intérieur par la société et c'est cette situation qui fait que les travailleurs ne sont pas catégorisés. Pour sa part, le directeur de la production a fourni des chiffres sur la capacité conceptuelle de la Soraz. Il a notamment indiqué que la société produit 1.000.000 de tonnes de produits Bruts par an réparties comme suit : 250 .OOO tonnes d'essence ; 70 .OOO tonnes de gaz de cuisine ;

7000 tonnes de pétrole. Mais ce sont des chiffres à prendre avec beaucoup de prudence, car le directeur de la production ne maîtrise pas tous les paramètres. Après les explications, la délégation a eu droit à une visite des installations mais sans pouvoir accéder aux machines. Par rapport aux travailleurs nigériens, Le directeur général adjoint de la partie nigérienne a ouvertement reconnu qu'ils vivent dans des conditions très précaires. La mission s'est entretenue avec les délégués du personnel, qui ont confirmé à leur tour que les travailleurs nigériens à la SORAZ vivent dans des conditions exécrables. Quant aux travailleurs chinois dont l'effectif n'est pas maîtrisé par l'Etat, beaucoup d'entre eux sont, en fait, des prisonniers qu'on fait venir pour résorber le problème de la surpopulation carcérale en Chine. En résumé, les problèmes recensés au niveau de la Soraz sont le manque de langue de Communication entre les Chinois et les Nigériens ; le refus de l'administration générale de la société d'appliquer le statut et règlement intérieur adopté par l'Assemblée générale en mai 2015 ; de classer et catégoriser les employés nigériens ; le manque de grille salariale et d'avancement des travailleurs nigériens ; le manque de transfert de Connaissance aux Nigériens ; l'interdiction d'accès par les Nigériens de certaines salles de travail ainsi que le licenciement abusif dont ils sont victimes, etc. En guise de recommandation, les délégués du personnel de la Soraz ont demandé au Rotab de mener ce genre de mission pour sauver les travailleurs nigériens à la Soraz; de mener le plaidoyer auprès du ministère du Pétrole afin que le statut et le règlement intérieur de la Soraz soient appliqués. En direction de l'Etat, ils ont demandé l'envoi des agents nigériens en stage au  Soudan, Tchad,etc afin qu'ils se perfectionnent dans le travail.

Après l'étape de la Soraz, la délégation s'est transportée dans la commune d'Ollélewa, où elle s'est entretenue avec le maire en présence des conseillers sur les rapports qu'ils entretiennent avec la société. On retient pour l'essentiel que les dits rapports sont exécrables. En témoignent ces propos d'un conseiller : ''Depuis sa création, nous n'avons jamais eu accès à la SORAZ. Nous avons des jeunes qui peuvent travailler mais les Chinois et la partie nigérienne refusent d'employer les autochtones. ''Selon eux, la seule chose que les villages environnants tirent de la Soraz, c'est la fumée toxique qui se dégage des usines. En d'autres termes, la dégradation de l'environnement, de leur cadre de vie. Ensuite, la délégation a rencontré les populations qui ont fait le même constat. L'implantation de n'apporter que malheur et désolation pour les habitants des villages environnants.

S. Issa

12 mai 2017
Source : Rotab

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