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  • Communiqué du Conseil des ministres du lundi14 août 2017

    Communiqué du Conseil des ministres du lundi14 août 2017

Issou Droit De l homme NiameyLe Président de la République, Chef de l’Etat, SE. Issoufou Mahamadou, a présidé hier matin au Palais des congrès de Niamey, l’ouverture des travaux de la 60ème Session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Durant deux semaines, les participants des pays africains et d’autres pays comme la France, la Suisse, le Royaume-Uni et le Canada prenant part aux assises de Niamey vont se pencher sur les questions des Droits de l’Homme et des Peuples.

La cérémonie d’ouverture des travaux s’est déroulée en présence du Président de l’Assemblée Nationale, SE Ousseini Tinni, du Premier ministre, SE Brigi Rafini, des membres du gouvernement, des présidents des institutions de la République, des chefs de missions diplomatiques et représentants des organisations internationales, de la présidente de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Mme Pansy Tlakula, de la Représentante du Comité Directeur des ONG, Mme Hannah Forster, du gouverneur de la région de Niamey, M. Hamidou Garba  et de plusieurs invités.

En procédant à l’ouverture des travaux, le Chef de l’Etat, SE Issoufou Mahamadou, a tout d’abord indiqué que, le Niger est honoré d'accueillir cette rencontre symbolique coïncidant avec le 30ème anniversaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Le Président de la République a ensuite déclaré à l’assistance que, l’homme et ses droits sont au centre du Programme de Renaissance Acte 2 du Niger, où tous les droits humains sont pris en compte, dont les droits à la vie, à la sécurité et à la paix, menacés aujourd'hui par les organisations terroristes et criminelles, ainsi que des forces identitaires et centrifuges opérant dans la plupart des pays africains. Il a cité plusieurs pays notamment la Libye, le Mali, les pays du Lac Tchad, ou encore la Somalie, la République Centrafricaine, le Soudan du Sud, la République Démocratique du Congo, etc. Selon le Chef de l’Etat, égorger, violer, mutiler, tuer, persécuter sont devenus des actions d’une banalité déconcertante pour ces terroristes. Mais pour faire face à ces menaces et pour garantir le droit à la vie, à la sécurité et à la paix, le Niger investit depuis 2011, en moyenne chaque année plus de 10% de son budget pour la sécurisation des personnes et de leurs biens afin de garantir la protection des citoyens.

Quant à la présidente de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Mme Pansy Tlakula, elle a rappelé dans son intervention les actions réalisées par son Institution depuis la 59ème session ordinaire, tenue à Banjul en Gambie. La Président de la Commission a ensuite évoqué les nouveaux défis qui se posent à son institution comme le cas de la xénophobie en Afrique du Sud, ou même l’interruption de la connexion internet au Cameroun, avant de lancer un appel à contribution pour la lutte contre la faim dans plusieurs pays africains où les populations vivent les conséquences de la guerre.

Quant à la Représentante du Comité Directeur des ONG, Mme Hannah Forster, elle a présenté la situation des Droits Humains en Afrique qui selon elle, est marquée dans plusieurs pays par le terrorisme, la guerre, les crimes etc. (Lire ci-dessous)  l’intégralité de l’allocution d’ouverture prononcée par le Président de la République)

Seini Seydou Zakaria  (ONEP)

Ouverture de la 60ème session commission africaine des droits de l’homme et des peuples :

«L’homme ne peut jouir dans leur plénitude, des droits à la vie, à la sécurité et à la paix en l’absence de trois valeurs fondamentales : la liberté, l’égalité et la justice», déclare SEM. Issoufou Mahamadou, Président de la République

 

«Distingués invités, en vos rangs,  grades, titres et qualités,

Je voudrais souhaiter la bienvenue à tous les participants à cette 60ème session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples. Le Niger est honoré d’accueillir cette rencontre de Niamey et, par ma voix, vous exprime toute la fierté et le plaisir qui sont les nôtres, en vous recevant aujourd’hui.

La présente session est d’autant plus symbolique qu’elle coïncide avec le 30ème anniversaire de la commission, trente ans dédiés à  la promotion et à la protection des droits humains, mais aussi trente ans de progrès et d’amélioration continue des institutions africaines dans ce domaine.

Je voudrais, par conséquent, réitérer mes félicitations à la Présidente de la Commission et à son équipe pour le travail abattu dans le cadre de l’organisation de cette réunion et pour leur dévouement au service des Etats membres.

Mesdames et Messieurs,

L’homme et ses droits sont au centre du Programme de Renaissance du Niger. Tous les droits humains y sont pris en compte, à commencer par le droit à la vie, le droit à la sécurité et à la paix, droits aujourd’hui menacés par des organisations non étatiques notamment terroristes et criminelles ainsi que des forces identitaires et centrifuges.

De la Libye au Mali, du Bassin du Lac Tchad à la Somalie, en passant par la République Centrafricaine, le Soudan du Sud et la République Démocratique du Congo, ces organisations n’attachent aucune valeur à la vie humaine. Egorger, violer, mutiler, persécuter sont devenus des actions d’une banalité déconcertante.

Face à ces menaces et pour garantir le droit à la vie, à la sécurité et à la paix, le programme de renaissance s’est fixé pour objectif de renforcer les capacités de renseignement et les capacités opérationnelles de nos forces de défense et de sécurité. Depuis 2011, le gouvernement investit chaque année en moyenne, plus de 10% des ressources budgétaires à la réalisation de cet objectif. Cela nous a permis de faire de l’armée nigérienne la 3eme armée de la CEDEAO après celles du Nigéria et du Ghana.

Les efforts réalisés sont louables. Néanmoins la gravité des menaces dépassant les capacités d’un seul Etat, notre pays milite ardemment en faveur de la mutualisation des moyens à l’échelle du continent et même au-delà. Nous attachons ainsi beaucoup d’importance à la mise en place de la force Africaine en attente, à la mise en place des forces mixtes multinationales sur le modèle de celle qui existe dans le bassin du Lac Tchad où le Cameroun, Le Niger, Le Nigeria et le Tchad font face, main dans la main, à Boko Haram.

Mesdames et Messieurs,

L’homme ne peut jouir dans leur plénitude, des droits à la vie, à la sécurité et à la paix en l’absence de trois valeurs fondamentales : la liberté, l’égalité et la justice. Celles-ci ne peuvent être garanties que par des institutions démocratiques fortes et stables. En effet la faiblesse de la démocratie a été souvent une des causes de l’effondrement des Etats. Seul un Etat démocratique fort peut gérer la relation parfois antagonique, qui existe entre certains droits humains. Par exemple la relation entre l’ordre et la liberté.

 Sans ordre la liberté se transforme en anarchie et sans liberté l’ordre se transforme en dictature. Seul un Etat démocratique fort peut trouver le bon équilibre entre ces deux valeurs. Un Etat démocratique fort, ce n’est pas seulement cet Etat capable d’assurer le monopole de la violence sur un territoire déterminé. Un Etat démocratique fort c’est aussi l’ascendant moral qui assure l’autorité à travers notamment la bonne gouvernance politique et économique.

C’est cette dimension de l’autorité morale de l’Etat qui nous a amené à signer la déclaration de la « Montagne de la Table » assurant une totale liberté de la presse. C’est elle qui nous conduit à promouvoir une lutte implacable contre la corruption ; à soutenir les efforts de construction d’un Etat moderne, c’est-à-dire impartial donc au-dessus du népotisme et autre communautarisme. Un Etat démocratique fort est un Etat où règne l’Etat de droit c’est-à-dire un Etat où tous les rapports ont régis par la loi. C’est la loi qui réconcilie l’ordre et la liberté.

 Mesdames et Messieurs,

Dans mon discours d’investiture, le 7 avril 2011, j’avais indiqué qu’une de mes ambitions est de réaliser l’alliance de la liberté et du pain. C’est là une façon d’exprimer le lien qui existe entre démocratie et développement, entre droits politiques d’une part et droits économiques et sociaux d’autre part. La sécurité, la paix, la démocratie sont, en effet, aussi indispensables au développement que celui-ci en constitue une   garantie.

Les droits économiques et sociaux sont pris en compte dans le programme de renaissance à travers l’Initiative 3N» les Nigériens Nourrissent les Nigériens », à travers la réalisation des infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques, à travers la promotion de l’éducation, de la santé, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et à travers la création d’emplois notamment pour les jeunes.

L’Initiative 3N, en faisant la promotion des cultures irriguées, en augmentant les rendements des cultures pluviales, en cherchant à moderniser l’élevage, en assurant l’approvisionnement régulier des marchés, en luttant contre la malnutrition a permis de prouver que sécheresse n’est pas synonyme de famine.

L’objectif du programme de renaissance est la faim zéro d’ici 2021. L’initiative 3N, c’est donc le droit à l’alimentation.

Les infrastructures réalisées depuis 6 ans ont permis d’améliorer la compétitivité économique du pays. Cette compétitivité connaitra une amplification avec la réalisation de la boucle ferroviaire Cotonou- Niamey- Ouagadougou- Abidjan et la construction du barrage hydro-électrique de Kandadji.

Des ressources importantes ont été affectées au secteur de l’éducation permettant de réaliser des infrastructures scolaires, de former et de recruter des enseignants, de mettre à la disposition des élèves des fournitures en quantités suffisantes à tous les niveaux.

Toutes ces actions visent à rendre l’école gratuite et obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, de renforcer la formation professionnelle et technique dont le poids dans le système éducatif sera de 40% en 2021 contre 60% pour l’enseignement général, de renforcer l’enseignement supérieur. Le gouvernement porte une attention particulière à la scolarisation des jeunes filles, condition essentielle à l’émancipation de la femme.

Dans le domaine de la santé, des interventions à haut impact ont été identifiées et régulièrement effectuées dans les domaines  de la lutte contre le paludisme, la prise en charge des pandémies comme la tuberculose, le VIH SIDA, et les maladies tropicales négligées, ainsi que dans l’amélioration de l’offre de soins avec le recrutement de plusieurs centaines d’agents de santé et  le renforcement des structures sanitaires.

S’agissant de l’eau et de l’assainissement, des Nigériens de plus en plus nombreux ont aujourd’hui accès à l’eau potable à travers les milliers d’équivalents points d’eau modernes installés grâce à la réalisation de forages et adductions  d’eau  multi-villages. Le programme de la Renaissance, se fixe pour ambition de permettre à tous les Nigériens d’avoir accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement d’ici 2021.

  En ce qui concerne l’emploi et en particulier l’emploi des jeunes, des centaines de milliers d’emplois directs et indirects sont créés, dans le secteur public et dans le secteur privé. Le pouvoir d’achat des travailleurs s’est vu renforcé, à travers notamment une forte augmentation des salaires des fonctionnaires. Là encore, le gouvernement s’engage à créer encore plus d’emplois d’ici 2021, en   encourageant notamment l’innovation et l’auto emploi des jeunes.

Les droits des groupes vulnérables que sont les femmes, les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées, constituent également des préoccupations du gouvernement nigérien, qui s’emploie par des mesures hardies, à créer les conditions de leur épanouissement, dans bien de domaines Ici également des progrès notables ont été  enregistrés.

 Mesdames et Messieurs,

Comme nous venons de le voir le programme de renaissance a une vision holistique des droits humains tels qu’ils sont définis par les traités et déclarations auxquels notre pays est partie. Il convient de signaler que, pour conforter cette volonté  d’assurer la protection et la promotion des droits de l’homme, une Commission Nationale des Droits Humains, indépendante et conforme aux principes de Paris, veille au respect de ces droits aux côtés des autres institutions de l’Etat.

Quant aux droits dits de dernière génération et plus particulièrement le droit à un environnement sain, sa consécration constitutionnelle est l’illustration parfaite de notre détermination à protéger notre cadre de vie par une lutte constante contre la désertification, et les changements climatiques. Ces combats de tous les instants s’inscrivent dans l’obligation qu’a l’Etat, de «protéger l’environnement dans l’intérêt des générations présentes et  futures ».

 Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, les droits humains sont si nombreux qu’aucun Etat ne peut avoir la prétention de les avoir tous satisfaits, tant leur réalisation nécessite des moyens financiers considérables dont ne disposent malheureusement pas toujours les Etats. Cependant, il est heureux de constater que, malgré des moyens limités, beaucoup d’Etats Africains déploient des efforts considérables pour tendre vers la satisfaction des besoins fondamentaux de leurs citoyens.

Il est heureux de constater une prise de conscience généralisée de l’importance des droits humains et de la nécessité de les promouvoir et de les protéger. Cette prise de conscience a conduit à l’élaboration à l’échelle internationale de lois et conventions célèbres qui servirent de fondement à toutes les constitutions et à tous les textes relatifs aux droits humains. C’est le cas de la «déclaration des droits de l’homme et du citoyen» du 26 Aout 1789 édictée par l’assemblée révolutionnaire Française qui considère que « l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements».

C’est le cas également de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 Décembre 1948 de l’Assemblée Générale des Nations qui considère comme «la plus haute aspiration de l’homme l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, et seront libérés de la terreur et de la misère ».

C’est dire que Mesdames et Messieurs les Commissaires, la surveillance du respect des droits humains dont vous êtes investis constitue une activité essentielle de l’Union Africaine et de l’humanité en vue de garantir la paix et la sécurité dans notre continent et au-delà de notre continent dans le monde entier.

C’est pourquoi vous devez accorder une attention particulière au respect par les Etats membres de leur obligation de rapportage mais aussi aux progrès enregistrés dans la promotion et la protection des droits humains de leurs citoyens respectifs. Pour sa part le Niger accorde une attention particulière aux instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme et il a satisfait aux obligations qui en découlent, notamment celles de rédiger et présenter des rapports périodiques. Le Gouvernement nigérien s’est attelé à promouvoir les dispositions de la Charte Africaine relatives aux droits civils et politiques et il a enregistré des progrès substantiels  dans le renforcement des dispositions législatives et règlementaires de lutte et de répression de l’esclavage de traite et du trafic des êtres humains.

Les rapports et les recommandations de la Commission sont pour les Etats membres des repères importants qui leur permettent de répondre plus efficacement aux demandes des populations africaines et aux attentes de notre continent dans le domaine des droits de l’homme.

Mesdames et Messieurs

La protection et la promotion des droits humains constituent par conséquent un enjeu mondial et régional. La ratification des différents textes relatifs aux droits de l’homme par nos pays doit être suivie par leur mise en œuvre effective. Cela  nécessite une synergie indispensable de tous les acteurs notamment les populations,  les Gouvernements,  les parlements.

J’en appelle donc à cette prise de conscience de tous et je m’engage à poursuivre dans nos différentes

instances, ce plaidoyer en faveur du renforcement de cette unité d’action sur laquelle repose l’intégration des peuples au niveau du continent et de toutes les autres instances régionales et sous régionales, convaincu que seule cette unité peut nous permettre d’offrir à nos peuples l’espérance d’une vie meilleure et de réelles perspectives de développement.

Pour terminer mon propos, je voudrais assurer la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de tout mon soutien et celui de mon pays dans l’accomplissement de sa noble mission ; et je l’invite comme elle l’a toujours fait, à examiner sans complaisance les rapports qui lui seront soumis et à faire aux Etats-parties des recommandations pour améliorer la situation des droits de l’homme sur notre Continent.

Tout en souhaitant plein succès à vos travaux, Je déclare ouverte, la 60ème session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples.».

(ONEP)

 

Le Nigérien de la semaine


Anne Rachel Inne
 
 
 
 
 

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