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  • Présentation du PDES 2017-2021 à la Conférence de la Renaissance, à Paris (France) : Sous le thème : « Un Niger renaissant pour un peuple prospère»

    Présentation du PDES 2017-2021 à la Conférence de la Renaissance, à Paris (France) : Sous le thème : « Un Niger renaissant pour un peuple prospère»

Classe Politique Niger UnionVoici quatre ans, jour pour jour, que le Niger traverse une crise politique profonde qui est en train aujourd’hui de se complexifier, de se corser avec une crise sociale qui prend elle aussi de l’ampleur. Mais jamais, les socialistes n’ont accepté la réalité de cette crise, se targuant d’avoir une majorité confortable et de dominer l’espace politique. Il est même arrivé que le régime croit qu’en se renforçant d’une cohorte de partis politiques satellites, par leur nombre impressionnant mais risible et inutile par leur représentativité d’un point de vue du poids électoral, il se mettait à l’abri d’une crise qu’il réfute, rassuré que la ?solidarité alimentaire? qui fonde l’alliance au pouvoir, ne pouvait que mettre en marge une opposition qui n’aurait plus aucun ancrage social parce que délégitimée par des défections de membres qui seraient influents.

Accablés par la multitude de scandales révélés par la presse, les socialistes ne savent plus où mettre de la tête et depuis quelques jours, perdant leur arrogance légendaire, une sagesse-surprise que les Nigériens n’arrivent pas à comprendre vient les habiter. Faut-il comprendre que la renaissance est aujourd’hui coincée ? Dans les vagues souvenirs de ses transes oubliées, de ses vexations désobligeantes, elle veut faire croire qu’elle revit une nouvelle normalité qui ne peut qu’être le choix d’une conjoncture, donc être une stratégie de réadaptation à un contexte inconfortable.

Indépendamment du fait que depuis des jours, ce sont certains ouvriers obligés de la renaissance qui envahissent les médias, prétextant la journée de la concorde du 24 avril, pour appeler les Nigériens à se réconcilier, à fraterniser car, devait-on l’apprendre enfin, « ce pays appartient à tous », c’est un conseiller à la présidence qui vient expliquer aux Nigériens qu’il n’y a qu’une seule condition sine qua non pour surmonter la crise politique actuelle – enfin reconnaissait-on la réalité de cette crise – et selon le prêcheur de la paix, celle-ci consiste à pousser Issoufou Mahamadou, Hama Amadou, Seini Oumarou et Mamane Ousmane, à se parler pour s’entendre et enterrer la hache de guerre afin que leurs militants comprennent à leur tour l’urgence que l’on a à pacifier les relations politiques dans le pays. Mais conseiller du président, pourquoi avait-il attendu aujourd’hui, après le pourrissement et l’incubation des haines, pour juger de la nécessité à faire la paix dans le pays ? Faut-il comprendre qu’il l’a toujours fait et qu’on n’aura pas prêté une oreille attentive à ses conseils avisés, pour qu’il juge opportun de sortir publiquement pour que les Nigériennes et les Nigériens comprennent que dans le pourrissement de la situation, il ne pouvait avoir de part de responsabilité et donc ne pas être comptable des déchirements qu’augure le climat actuel ? Encore une fois, pourquoi faut-il attendre aujourd’hui pour faire part d’une telle sagesse ? Pourquoi n’avait-on pas averti, depuis que les Guristes, en prenant les rênes du pouvoir, avaient fait de leur gestion, une gouvernance de la vendetta et du harcèlement, que leur choix n’était pas une bonne option pour un pays aussi fragile ? Quand tous les acteurs ont joué à l’indifférence, encourageant par leur silence complice, les harcèlements, la violence contre certains Nigériens, l’on comprenait que le pays vit des malaises. Beaucoup d’autres avaient certainement pensé qu’à travers, les « renaissants », ils trouvaient enfin, ceux qui peuvent anéantir certains hommes qui gênent, qu’on avait déjà en vain essayé depuis la conférence nationale d’anéantir en déstructurant le système qui les avait produits. Et dans la malveillance, l’on a laissé jouer ce jeu malsain qui ne pouvait qu’endolorir des plaies d’une société nigérienne gravement malade.

Pourtant, des gens avaient décrié cette politique de la blessure en appelant à une autre conduite beaucoup plus noble de la cité. Issoufou Bachar, connu pour ses sagesses et ses franchises, avait, se souvient-on, interpellé sur le caractère inique de cette politique belliciste des camarades qui esquivent les urgences de la nation, pour s’employer à combattre un homme et n’avoir que cela à faire pendant tout un mandat gaspillé et détourné. Mais on ne voulait jamais entendre ce discours qui, s’il n’est pas confondu à de la faiblesse, devait être de la compassion desquelles ne pouvait s’accommoder un socialisme qui n’avait plus de coeur. Et pendant trois ans, en se servant de mensonges et de complots, l’on a persécuté, l’on a humilié, l’on a arrêté, l’on a emprisonné, l’on a brimé des hommes et leurs familles, l’on a détruit l’avenir d’enfants sacrifiés sur l’autel de l’adversité politique immonde d’hommes qui ont cru qu’on pouvait faire de la politique et gouverner les hommes dans le rabaissement.

Ils devaient comprendre cependant qu’en choisissant de faire de la fixation sur un seul homme, ils lui donnaient plus d’importance qu’ils ne pouvaient s’y attendre et en même temps, par cette obsession que rien ne peut justifier pour des gens qui disent qu’ils ont de la foi, ils ternissaient leur image. On a beau leur expliquer qu’un homme de l’envergure de Hama Amadou, l’on ne peut pas le harceler sans que dans le peuple, l’on ne ressente les rancoeurs qu’une telle persécution outrageante pouvait éveiller, ils restaient aveugles et sourds à continuer à violenter. C’est valable pour Mamane Ousmane, valable pour Seini Oumarou avant qu’il ne se donne, valable pour Amadou Djibo dit Max, … En blessant Hama Amadou qui semble cristalliser les haines et les jalousies des camarades, c’est des millions de Nigériens qui croient en l’homme et aux valeurs qu’il incarne qu’on blesse et qui ne peuvent que se dresser contre un pouvoir qui martyrise. L’on sait la grande sympathie dont jouit ce leader dans les quatre coins du pays, car pour faire de la politique, il ne l’a pas commencé aujourd’hui et après la création de son parti, connu pour sa rigueur et pour son sens de l’Etat, en moins d’une année d’existence, sa jeune formation politique « née selon l’épopée avec ses trente-deux dents, a pu faire élire sous sa bannière, dans les huit régions du pays, des députés, faisant de lui, à l’époque déjà la troisième force politique du Niger, et aujourd’hui la deuxième qu’une élection manipulée a sciemment minorée en lui refusant son ancrage pourtant réel dans d’autres régions du pays. Est-il possible de vouloir anéantir un tel homme sans créer des problèmes dans la société ? En poursuivant cet homme, sans qu’aucune raison objective ne le justifie, l’on ne fait que creuser une fracture dans la société.

A l’état actuel des malaises accumulés, les discours de ces porte-paroles ne peuvent pas permettre à eux seuls de décrisper une situation quand sur des consciences pèsent encore, le poids de blessures injustes subies dont pour certaines, il faudra certainement et forcément, des réparations. Quand on vous accable de subversion, de porter atteinte à la sureté de l’Etat, pire de projet d’assassinat et qu’on aura, pour de tels mensonges graves et malveillants, fait payer quinze mois de prison gratuite, libéré après un non-lieu, n’est-ce que pour son honneur, il aurait fallu une réparation, sinon, un autre discours que celui de gens de la périphérie, qui pourrait témoigner de la sincérité d’une volonté d’aller à l’apaisement ?

Ou bien faut-il comprendre que ces gentillesses nouvelles qui surprennent plus d’un Nigérien ne visent qu’à calmer les ardeurs des Nigériens qui se mobilisent depuis des semaines pour qu’autour de certaines affaires, la lumière soit faite ? Rien ne peut corrompre cette détermination inébranlable des Nigériens à pousser jusqu’à la vérité. Il est inadmissible qu’une camarilla, quelques individus alors, s’arrogeant des pouvoirs démesurés, s’autorisent des abus intolérables, pour gérer en cercle fermé, les richesses nationales, dans le flou le plus artistique possible – pour prêter à Ben Omar une de ses expressions-fétiches. De quel droit un homme peut-il s’arroger le droit d’ouvrir un compte, et gérer hors des normes administratives, tout en agissant au dessus des structures légalement habilitées à agir, et vouloir qu’on accepte que c’est faisable et compréhensible dans un Etat de droit ? Et on veut qu’on taise ça, qu’on l’oublie ? Parce que l’entente des Nigériens indispensable aujourd’hui seulement le commanderait ?

Ce message ne peut donc pas être audible et les messagers de l’accalmie calculée, voulue pour des desseins inavouables, n’ont que peu de chance pour se faire entendre. On peut donc comprendre que le Guri ne mesure pas la profondeur du malaise que vivent les Nigériens qui éprouvent aujourd’hui un réel désir de justice.

Mal compris des uns, bien compris des autres, STJ aura eu le mérite, pour faire droit à son âge, de poser publiquement un débat, pour lequel, des Nigériens sont si souvent revenus à plaindre leurs leaders religieux, leurs « sages » et leurs chefs traditionnels, qui n’auront jamais pu interférer dans les crises que vit le pays, pour essayer de les désamorcer, afin que les enfants du pays puissent s’entendre et gérer au mieux dans l’entente leurs différends. Puisqu’il dit avoir si souvent tenu ce discours au sein de la majorité, l’on ne peut que l’en féliciter dans cet effort qui pourrait servir de déclic à amorcer une médiation qui avait pourtant tout son sens, dans le CDP que l’on vilipendait. STJ, voit-il venir, lui qui souvent dit lire dans des rêves ce qui peut arriver, des choses graves pour lesquels il pressent l’urgence à apaiser le climat actuel ? Un adage dit, « ce qu’un ancien voit même assis, un enfant ne peut le voir debout ». Il est sans doute temps de réparer des déchirures. Mais comment ? Il y a, indiscutablement, à réfléchir davantage sur la question quand on sait que dans ce pays, il est arrivé que les hommes ne se fassent plus confiance. Et c’est justifié. Ce que des gens vu et vécu, leur commande désormais une extrême prudence.

Mais, peut-être faut-il rêver pour espérer que mieux vaut tard que jamais. Peut-être que STJ, après ces silences pour un homme que l’on sait incontrôlable sur ses opinions, revienne avec cette parole neuve, rédemptrice, qui appelle à la reconstruction d’un Niger qui rassemble.
Une parole sincère ? Ou juste une autre pour endormir les Nigériens ?
Peut-être…

WALE.

04 mai 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

 

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