Gestion des communes : Les maires indélicats dans le viseur de l’opération Maiboula

Issou Campagne Pr Diffa 01Le vendredi 28 avril 2017, le Président de la République a rencontré les maires du Niger. Entre autres sujets évoqués, la gestion très désastreuse de certaines communes.
La prorogation des mandats des conseils municipaux n’est pas un chèque en blanc. Le Président de la République l’a fait comprendre récemment aux différents responsables des entités décentralisées. C’était, le 28 avril 2017, à l’occasion de la 6ème édition des journées des communes du Niger tenue au Palais des Congrès de Niamey. « Il y a beaucoup de maires qui doivent de l’argent à l’OPVN (Office des Produits Vivriers du Niger) et je les exhorte à prendre des dispositions pour payer cet argent », a laissé entendre le Chef de l’Etat. Selon plusieurs observateurs, ces propos valent un avertissement. Aussi, prédisent-ils, les prochains jours seront mouvementés pour l’Opération Maiboula. D’après une source bien informée, un rapport d’inspection mené à l’entame de la seconde mandature du Président de la République accablerait la gestion de nombreux maires. Parmi les « affaires scabreuses » des maires, on parle de détournements de fonds liés à l’opération vente à prix modérés des céréales, la dilapidation des recettes municipales collectées sur les marchés relevant de leurs compétences administratives et bien d’autres griefs. Il y a plus d’un an de cela, la Centrale d’Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA) sommait plusieurs communes de s’acquitter d’importantes sommes d’argent relatives à l’acquisition sur prêt des tracteurs qu’elle a mis à leur disposition. Aux dernières nouvelles, de nombreuses communes restent devoir une partie ou même la totalité des frais y afférentes à la CAIMA, elle aussi talonnée par son fournisseur.

Depuis le début de la décentralisation au Niger, la gestion des communes a été toujours émaillée de problèmes : détournements de deniers publics, conflits de compétences au sein d’un même conseil, crise de confiance entre conseillers municipaux, abus de biens sociaux, unilatéralisme dans l’administration des communes, etc. Toutes choses qui ont conduit à l’éviction de plusieurs maires par motion de défiance ou décision de la hiérarchie.

Rien qu’en avril 2017, on dénombre l’arrestation de 6 maires dans la région de Zinder pour détournement de fonds issus de la vente à prix modéré de l’OPVN dont 3 seraient actuellement en liberté provisoire.

Pour le cas les plus commentés, on peut citer les déboires de sieurs Oumarou Moumouni Dogari (ancien Maire central de la ville de Niamey) et Kassoum Moctar (ancien Maire central de la ville de Maradi). Si le premier accusé d’avoir endetté sérieusement son entité s’en est sorti avec une révocation prononcée par son ministère de tutelle, le ministère en charge de la décentralisation, le second, a, en plus de cette sanction, séjourné plusieurs mois en prison pour détournement de deniers publics avant de bénéficier d’une liberté provisoire.

Récemment encore, le successeur d’Oumarou Moumouni Dogari était sur la sellette. Les agents des municipalités de Niamey croupissaient alors sous le poids de 7 mois d’arriérés de salaires imputables à la gestion en cours, c’est-à-dire celle du maire actuel, Assane Seydou.

Ainsi, entre hier et aujourd’hui, rien ne semble s’améliorer dans l’administration des communes, d’où sans doute, l’avertissement du Président de la République.

Omar Kané

03 mai 2017
Source : La Nation

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