Visite de travail de Mme Fatou Bensouda, Procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI) : Journée d’information parlementaire sur la Cour Pénale Internationale, à l’Assemblée nationale

CPI rencontre NigerEn visite de travail dans notre pays, sur invitation de l’Assemblée nationale, la procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI) Mme Fatou Bensouda, a pris part, hier, aux travaux de la journée d’information parlementaire portant sur la Cour pénale Internationale à l’hémicycle. C’est le président de l’Assemblée Nationale, SE Ousseini Tinni, qui a présidé la cérémonie en présence des présidents des institutions de la république, des députés nationaux, du ministre de la Justice Garde des Sceaux, M. Marou Amadou, des professionnels des droits, et des invités.

Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le président de l’Assemblée Nationale SE Ousseini Tinni a noté que «notre pays, signataire du Statut de Rome, fait partie de ceux dont le dépôt des instruments de ratification, dans les délais appropriés, a permis à la CPI de prendre le départ». (Lire le discours prononcé par le PAN et la Procureure du CPI).

C’est un exercice qui a permis aux parlementaires au cours des échanges de mieux appréhender la mission ainsi que les activités de la Cour Pénale Internationale. Pour beaucoup de citoyens africains, et les nigériens en particulier, la mission de la dite Cour consiste à poursuivre de manière partielle les africains. C’est une Cour qui a pour mission de poursuivre et juger les personnes accusées de crime de guerre, de crime contre l’humanité, de génocide, dont les pays ayant ratifié le Statut de Rome. En réponse aux diverses questions posées par les parlementaires, notamment celles relatives la

partialité de la Cour, d’instrumentalisation de la Cour. Concernant la partialité de la Cour, elle a indiqué que son institution travaille en toute impartialité, et elle s’applique à tous les Etats signataires du Statut de Rome.

Par rapport à son instrumentalisation par d’autres leaders au plan international Mme Fatou Bensouda a rassuré qu’elle agit dans l’exercice de ses fonctions en toute indépendance dans le respect de son serment. Répondant à la question portant sur le cas spécifique de l’ancien chef d’Etat tchadien Hussein Habré dont le procès se tient à Dakar au Sénégal, elle a précisé que ce sont des actes qui ont précédé la création de la CPI. A cet effet, la CPI n’a pas compétence à se prononcer par rapport à cette question.

Notons que le ministre de la Justice, M. Marou Amadou, a réaffirmé la volonté de notre pays à continuer à soutenir les actions de la CPI connaissant que le Niger est signataire du Statut de Rome dès les premières heures de la création de cette institution. Au regard de la pertinence de l’exposé présenté et les réponses apportées par la procureure, l’assistance a apprécié la rencontre riche en information.

Laouali Souleymane (ONEP)

«Le Niger restant ferme sur ses premiers engagements, partage entièrement la position commune de l'Union africaine sur la CPI, position qui consiste à soutenir cette juridiction, tout en se réservant un devoir de vigilance», déclare SEM. Ousseini Tinni

«Mesdames et Messieurs les députés,

Monsieur le Commissaire du Gouvernement ;

Monsieur le Ministre de la Justice, Garde des sceaux,

L'Assemblée nationale reçoit, aujourd'hui une personnalité d'exception : Mme FATOU Bensouda, procureure près la Cour Pénale Internationale !

Chers collègues, il me semble qu'il n'est pas nécessaire que je vous la présente, l'actualité internationale est suffisamment éloquente sur sa personnalité et ses grandes qualités. Je vous rappellerai seulement combien l'intéressée fait partie de ces africains dont le parcours et le comportement font œuvre de pédagogie pour les jeunes générations et représentent de grands motifs de fierté pour leurs contemporains.

Chers collègues, ne cachons donc pas notre fierté de recevoir, aujourd'hui, Mme Bensouda, d'abord en raison de son mérite personnel, ensuite parce qu'elle contribue activement à donner vie à ce vieux rêve de justice universelle qui poursuit l'objectif de connaître et de punir des offenses aussi grave que le génocide, les crimes contre l'humanité, les crimes d'agression ou les crimes de guerre...

Comme vous le savez, Mme la procureure est aujourd'hui, pour la toute première fois, devant une représentation nationale; elle est ici, au Niger, à la suite de l'invitation que je lui ai expressément adressée.

A travers cette invitation, il s'agissait pour moi, tenant compte du contexte actuel, marqué par de multiples interrogations existentielles au sujet de la CPI, de permettre à nos compatriotes, à travers l'Assemblée nationale, de s'informer quant aux fondements de cette Cour, à ses méthodes de travail et surtout aux résultats dont elle peut se prévaloir depuis sa création. Ce faisant, mon souhait est d'éviter que les uns et les autres ne se prononcent sur une question aussi importante sans disposer d'information de première main.

Comme vous le savez, chers collègues, notre pays, signataire du Statut de Rome, fait partie de ceux dont le dépôt des instruments de ratification, dans les délais appropriés, a permis à la CPI de prendre le départ. Aujourd'hui, le Niger restant ferme sur ses premiers engagements, partage entièrement la position commune de l'Union africaine sur la CPI, position qui consiste à soutenir cette juridiction, tout en se réservant un devoir de vigilance. Ce devoir nous impose d'inviter la CPI à

s'investir, en Afrique et partout ailleurs, pour traquer l'impunité s'agissant notamment de tous ces crimes qui heurtent la conscience humaine. C'est seulement à ce prix qu'elle respectera sa vocation à l'universel, sans pour autant se substituer aux juridictions nationales.

Ces juridictions, quoique toujours jalouses de leurs prérogatives, peuvent et doivent collaborer avec la CPI, chaque fois que cela est utile et nécessaire. C'est la raison pour laquelle, ce matin, j'ai invité les éminents représentants de la justice nigérienne à prendre part à cette journée parlementaire d'information. Je voudrais, au passage, les remercier pour leur présence et les engager à prendre part au débat qui suivra l'intervention de notre auguste hôte.

Pour en revenir à Madame la procureure, je voudrais me permettre d'engager nos sœurs nigériennes et africaines à s'inspirer de son parcours pour mieux nourrir leur lutte pour une plus grande autonomisation et une meilleure représentation publique de la femme. Comme vous le savez, pour accéder à ses hautes fonctions utiles pour ses semblables et pour les siens, elle n'a eu besoin que d'une solide formation de base, d'un comportement professionnel irréprochable et, j'imagine d'une résolution inébranlable à aller de l'avant. Chers sœurs leaders féminines, prenez-en de la graine, luttez pour que hommes et femmes aient les mêmes chances de départ : accès à l'école, accès à la formation professionnelle et, pour le reste, laissez chacun émerger par son mérite !

En tout état de cause, les engagements souscrits par le Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, à travers le programme de renaissance vous y aideront. En effet, lorsque garçon ou fille, chaque enfant reste à l'école jusqu'à 16 ans, dans moins d'une génération, la question du genre se posera avec moins d'acuité s'agissant de l'accès au savoir et donc au pouvoir et à l'avoir !

Pour l'heure, Madame la procureure, au nom de la Représentation nationale du Niger, je vous remercie de l'honneur que vous faite à notre pays d'être dans cet hémicycle. Je vous y souhaite la plus cordiale des bienvenues et vous invite, à présent, à délivrer votre message. Daignez donc prendre la parole.

Merci. ».

(ONEP)

26 avril 2017
Source : http://lesahel.org/

 

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