Refus d'exécution d'une décision de Justice À quoi joue Marou Amadou ?

Marou AmadouLes héritiers Farakoye sont dans la tourmente du fait d'une décision de justice que Marou Amadou s'obstine à ne pas faire exécuter. D'où cette interrogation : qui le ministre de la justice tente-t-il de couvrir ? Tout est parti d'une légitime revendication formulée en août 2005 par la famille Farakoye aux fins de récupérer leurs champs d'une superficie de plus de 91 hectares, sis à Saga Gorou. Pour rappel, ces terres ont été spoliées par Issaka Noma, chef de village de ladite localité. En mars 2006, le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, déclarait la famille Farakoye comme étant détentrice de droit de ces champs. Décision qui annulait de facto l'acte de vente produit par Issaka Noma, et partant, ordonnait le déguerpissement de ce dernier ainsi que tout autre occupant. En octobre 2008, la Cour d'Appel confirmait ce jugement. Il en sera de même avec la Cour d'État dans son arrêt en date du 19 janvier 2012. Logiquement, Issaka Noma devrait faire profil bas au vu de cette succession d'échecs judiciaires.

Pourtant, le chef de village continua à morceler, à vendre, et même faire cadeau des terres qui ne lui appartiennent pas. Décidés à stopper cette expropriation des plus inadmissibles, les héritiers Farakoye ont sollicité et obtenu du juge de référé la démolition de tous les bâtiments illégalement érigés sur leurs terres, ce, avec le soutien de la force publique. Mais surprise, en octobre 2012, les opérations de démolition avaient-elles à peine commencé qu'elles furent stoppées par l'entremise des autorités de la ville de Niamey arguant un règlement à l'amiable du litige. Une option refusée par les habitants de Saga Gorou 1 qui s'opposent systématiquement au bornage du site. De guerre lasse, les héritiers Farakoye finiront par demander l'arbitrage du Président de la République en sa qualité de Magistrat Suprême pour faire exécuter cette décision de justice. C'est ainsi que le ministre Directeur de Cabinet du Président de la République, Ouhoumoudou Mahamadou, adressa le courrier numéro 000828/PRN/DIRCAB/A au Directeur de Cabinet du Premier Ministre pour lui signifier, entre autres, que le Ministre de la Justice " se doit d'instruire son ministère public (procureur) pour prêter main forte à l'exécution sollicitée par la famille Farakoye ". En clair, force doit rester à la loi. En d'autres termes, il appartient désormais à Marou Amadou de mettre en branle la force publique pour aider la famille Farakoye à procéder aux opérations de déguerpissement. Au lieu de cela, Marou Amadou aurait opté pour le dilatoire en confiant le dossier à l'Inspection des Services judiciaires. Autant dire que l'épilogue de cette affaire n'aura pas lieu de sitôt. Ici, l'on se pose naturellement les questions à savoir : à quel jeu joue Marou Amadou ? Qui cherche- t-il à couvrir ? A-t-il conscience de la peine qu'il cause à toute une famille déjà meurtrie par cette affaire ? On susurre le nom de Gandou Zaraka (monsieur AFRICARD et des cadeaux fiscaux) qui détiendrait des parcelles sur le site litigieux. Également, l'une des femmes du Général Salou Djibo serait elle aussi en possession de terrains sur le même site. Si tel est le cas, alors, on comprendrait dés lors pourquoi Marou Amadou semble trainer les pieds pour faire exécuter cette décision de justice au profit de la famille Farakoye.

Alpha

16 mars 2016 
Source : Le Courrier

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