Insécurité grandissante : Des têtes doivent tomber !

Prison Niamey 3Diffa, Tahoua, Tllabéri, les attaques terroristes s’intensifient et se déplacent un peu partout sur le territoire national. La dernière en date a provoqué la mort de 4 de nos gendarmes à Wanzarbé, région de Tillabéri. Elle intervient 2 semaines après celle de Tiloua ayant causé le décès prématuré d’une dizaine de nos vaillants militaires. Ces assauts, les uns aussi meurtriers que les autres suscitent moult émois mais surtout interrogations dans la conscience collective. Dans la plus part des cas, ceux qui viennent nous agresser repartent tranquillement comme ils étaient venus et c’est bien plus tard que le gouvernement nous informe que des « opérations de ratissage sont en cours » mais les résultats de ces « ratissages » ne sont jamais connus. L’on s’étonne également que ces attaques durent souvent des heures et à quelques kilomètres seulement de la capitale mais sans que les renforts ne puissent arriver à temps pour sauver nos soldats et détruire l’ennemi. A l’exemple de l’attaque du département de Ouallam, situé à quelques 80 km de Niamey mais que les assaillants ont pu cette fois encore s’échapper. Que vaut une distance de moins de 100 km pour un hélicoptère de combat ou un avion de guerre ? Pourtant ….

 

En parlant d’opérations de « ratissage », à quoi servent tous ces drones américains et français qui perturbent le sommeil des niaméyens par leurs vols nocturnes si tant est qu’ils sont incapables d’aider nos forces à repérer l’ennemi après qu’il nous ait attaqué ? Cette situation d’agression impunie à l’intérieur de nos frontières alors même que nous avons déployés des milliers de soldats au Mali et au Nigéria pour combattre les terroristes intriguent plus d’un à Niamey. Dans une déclaration le 27 février dernier, l’opposition politique FRDDR s’est posée de grave interrogations à propos de cette insécurité omniprésente.

« le problème vient-il d’un manque vaillance, de courage ou de patriotisme ? D’un relâchement de l’engagement de nos soldats ? Ou plutôt dans le fait que nos hommes soient sous équipés  » se demande le front de l’opposition avant d’esquisser des pistes de réponses.« Pourtant, il n’est un secret pour personne que les armes modernes et appropriées à la situation, capables d’amener nos soldats à répondre efficacement à la menace sécuritaire actuelle comme ils l’ont toujours fait par le passé, sont aujourd’hui sous scellé, stockées au palais présidentiel pour la seule protection du prince ! » Puis le FRDDR tire une conclusion tout aussi inquiétante : « nous pensons, la mort dans l’âme, que la sécurité territoriale est ébranlée, et la souveraineté nationale gravement mise en cause ! »

L’heure est donc grave. C’est indéniable. Le plus surprenant est qu’aucune sanction n’est prise à la suite de ces attaques. Ce qui laisse penser que celles-ci ne sont nullement dues à des insuffisances dans le dispositif sécuritaire ni dans la bravoure et l’engagement des hommes et femmes chargés de notre sécurité. On se rappelle que suite à un repli lors d’une attaque dans la région de Diffa, des centaines de soldats ont été arrêtés et accusés d’avoir fuis face à l’ennemi. Mais alors, pourquoi après toutes ces attaques aucune sanction ne tombe, ni aucun remaniement dans le commandement ? La réponse à l’interrogation du FRDDR qui se demandait si nos forces seraient « sous-équipées » serait-elle la raison de cette situation délétère ? Rien n’est moins sûr !

Autre interrogation : où sont passés nos services de renseignements ? À chaque fois, nos forces semblent surprises par les attaques si elles ne tombent pas simplement dans une embuscade. Preuve que les renseignements sur les mouvements des terroristes ne leur parviennent pas. D’où une insuffisance de la collecte des informations nécessaires à préservation de la sécurité nationale. La mémoire collective n’a pas encore oublié les déclarations du président de la République qui disait que sans les occidentaux, nos armées seraient « sourdes et muettes ». Mais alors, quels types d’informations nous livrent les services français et américains et qui ne peuvent nous prévenir des assauts armés de terroristes sans foi ni loi ? D’ailleurs qui est cet incapable qui gère nos services de renseignement ?

Nous avons vendu notre souveraineté en permettant l’installation illégale (c'est-à-dire non-conforme à la Constitution du 25 février 2010) en contrepartie de notre sécurité. Et finalement, nous avons tout perdu : et notre sécurité et notre souveraineté. Quel mauvais deal !

Ibrahim A. YERO   

12 mars 2017 
Source : Le Monde d'Aujourdhui 

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