Tenue des élections locales avant la présidentielle et les législatives : Un coup dur pour Mohamed Bazoum et le Pnds Tarayya

Tenue des élections locales avant la présidentielle et les législatives : Un coup dur pour Mohamed Bazoum et le Pnds Tarayya Le réaménagement du calendrier électoral, sur instruction, dit-on, du Président Issoufou Mahamadou a de quoi doucher l'enthousiasme de Mohamed Bazoum. Actuellement en tournée électorale dans la région de Tahoua, le président et candidat du Pnds Tarayya pourrait voir ses plans complètement déstabilisés. La tenue des élections locales, désormais fixée pour le 13 décembre 2020, soit avant le premier tour de la présidentielle couplée aux législatives, n'est pas du goût de Mohamed Bazoum et les siens qui ont tout fait, on ne sait pour quel dessein, pour que ces élections municipales et régionales soient organisées, dans le meilleur des cas, après le premier tour de la présidentielle. Ils ont livré bataille, non sans acharnement, et ont finalement courbé l'échine devant la volonté du chef de l'Etat. Ce réaménagement est-il si porteur de ruines et de désespoir pour le Pnds et son président ? On pourrait le croire. Ployant sous le passif, extrêmement lourd, d'une gouvernance à scandales interminables, les candidats du pouvoir en place auront du mal à aborder les sujets de préoccupation actuelle des Nigériens. Que vont-ils dire sur les questions liées à la sécurité et à la défense, à la sécurité alimentaire, à la lutte contre la corruption et les délits assimilés ?, etc. Le pire est vraisemblablement à venir pour le candidat Bazoum Le réaménagement opéré par la Ceni, sur décision d'Issoufou Mahamadou, a de quoi dynamiter les stratégies du candidat Bazoum. C'est un désaveu pour le président du Pnds qui a envoyé, le 17 juillet 2020, une correspondance à tous les présidents des coordinations et sections du Pnds pour les informer du chronogramme, dit-il, établi par la Ceni. Et quatre jours plus tard, soit le 21 juillet 2020, le réaménagement de la Ceni intervient. Mais, le pire est vraisemblablement à venir pour le candidat Bazoum. Perçues pour être des élections de proximité, donc, de vérité absolue, les élections locales ont la particularité de faire l'objet d'une vigilance à toutes épreuves. La circonscription électorale, la commune ou la région, est facilement contrôlable et les adversaires politiques se connaissent, en termes de forces et de faiblesses, de popularité et d'impopularité. Les camps veillent au grain et les suffrages, d'abord comptabilisés dans les bureaux de vote en présence des délégués de tous les protagonistes, ne peuvent être truqués puisque connus et communiqués aussitôt à leurs candidats et partis politiques.

La certitude la mieux partagée au sein de l'opinion nationale, c'est que les élections locales seront un moment de vérité qui va desservir en premier lieu Mohamed Bazoum et son parti.

Le combat pour la tenue des élections locales avant l'élection présidentielle est un combat stratégique qui a forcément fait des gagnants et des perdants. Qui sont les gagnants ? Qui sont les perdants ? Il est préférable d'attendre le soir du 13 décembre avant de se livrer à toute spéculation oiseuse. Ce qui est certain, c'est que les résultats vont avoir un sérieux impact sur la suite du processus électoral. Pour la plupart des observateurs, elles vont dessiner les tendances générales que suivront la présidentielle et les législatives. Mais, la certitude la mieux partagée au sein de l'opinion nationale, c'est que les élections locales seront un moment de vérité qui va desservir en premier lieu Mohamed Bazoum et son parti.

Il y a tout de même une inquiétude qu'il ne faut pas occulter. Si les électeurs constatent un écart entre les données statistiques électorales recueillies à la base, dans les bureaux de vote, et les résultats finaux proclamés, l'affaire pourrait tourner au vinaigre. Nombre de conflits électoraux et postélectoraux qui ont viré à la tragédie humaine trouvent leur source dans la confiscation des suffrages populaires à travers des manoeuvres électroniques.

Laboukoye  

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