Activités politiques : L'opposition politique demande la révision du code électoral, la dissolution de la CENI et la démission des membres de la Cour constitutionnelle

Activités politiques : L'opposition politique demande la révision du code électoral, la dissolution de la CENI et la démission des membres de la Cour constitutionnelleLa révision du code électoral, la dissolution de la CENI et la démission de la Cour constitutionnelle sont désormais dans le viseur de l'Opposition politique. Mais pas seulement. Il y a aussi la tenue des élections locales avant la présidentielle et les législatives, l'enrôlement et le vote des Nigériens de la diaspora. C'est ce qui ressort d'un communiqué de presse des quatre (4) fronts de l'opposition, publié le 17 juillet 2020.

Les quatre exigences de l'opposition, dont certaines, partagées par le GPPNA, l'APR et la majorité des partis membres de la mouvance présidentielle Dans ce communiqué, l'opposition politique, partant de la présentation par le Premier ministre, des conclusions de la réunion du CNDP du 12 juin que l'opposition l'accuse d'ailleurs d'avoir travesties, dit réitérer " ses exigences quant à la tenue des élections locales avant les présidentielles, l'enrôlement et le vote des Nigériens de l'extérieur, la révision du code électoral, la dissolution de la CENI, la démission des membres de la Cour constitutionnelle pour violation de leur serment ". Sur les questions relatives aux locales et au vote des Nigériens de la diaspora, l'APR et le groupe des partis politiques non affiliés ont écrit, chacun de son côté, au Premier ministre, président du CNDP aux fins de convoquer une réunion extraordinaire du Conseil pour en débattre. Mais pour le PNDS, la gestion des locales a été tranchée à la réunion dudit organe le 12 juin. Et comme une réplique cinglante à la lettre de l'APR, le président du PNDS écrit à son tour au président du CNDP pour rappeler que la question a été tranchée et que les élections locales auront lieu le 27 janvier 2021. Point. Que l'APR, le GPPNA et les autres se taisent, il n'y a rien d'autre à dire. L'Opposition politique, s'est donc réjouie de voir ses " positions sur les élections locales et le vote des Nigériens de la diaspora partagées " par, aussi bien le groupement des partis politiques non affiliés que par l'APR et l'écrasante majorité des partis politiques membres de la mouvance présidentielle.

Le PNDS-Tarayya seul, mais s'aliène les institutions de la République : ce qui explique la méfiance de l'opposition

L'on se rend bien compte que de tous les partis politiques du Niger, plus de 130 reconnus officiellement, seul le PNDS de Bazoum Mohamed, candidat dudit parti à la présidentielle, flanqué de 3 ou 4 de ses " ouailles ", soutient mordicus la tenue des élections locales après les élections présidentielle et législatives, et c'est à dessein. Une fois élu, le nouveau président aura toutes les cartes en main pour se taper une majorité taillée sur mesure, au niveau des conseils municipaux et régionaux. Pour rappel, depuis 2010, le pouvoir du PNDS n'a pas organisé d'élections locales pourtant cruciales pour mesurer la représentativité des formations politiques et surtout pour le développement à la base. Ces élections de proximité, où un hold-up n'est pas aisé, ont été chaque fois repoussées, le mandat des élus prorogé. Là où le régime dit de " renaissance " n'a pas purement et simplement remplacé les maires élus par des délégués spéciaux, totalement acquis au pouvoir. Le plus souvent pour de fallacieuses raisons suite à des inspections ou tout simplement pour les besoins d'un recrutement partisan. Pour les 4 fronts qui constituent cette Opposition, le PNDS s'est aliéné toutes les institutions de la République, les institutions compétentes en matière électorale. C'est une première dans l'histoire politique récente de notre pays. D'où la méfiance de l'Opposition vis-à-vis de la CENI et de la Cour constitutionnelle. La CENI est chargée d'organiser matériellement et techniquement les résultats, tandis que la Cour a pour prérogatives de valider les candidatures, proclamer les résultats et trancher le contentieux électoral. Il est donc important qu'elles aient la confiance de tous les acteurs. Car les élections, c'est d'abord la rencontre entre des candidats et le peuple, mais aussi la confiance de tous aux institutions chargées des questions électorales. C'est cette confiance qui permet d'éviter les crises politiques avant, pendant et après les élections. À ce niveau, tous les Nigériens, surtout ceux qui y ont une part de responsabilité, doivent jouer leur partition. Car, le Niger n'a pas besoin de crises politiques. C'est la raison pour laquelle l'opposition politique a, dans sa déclaration, invité " l'ensemble des partis politiques, les associations et tous les Nigériens épris de paix et de justice, à se mobiliser dans un large front pour mettre fin à la volonté manifeste du PNDS-Tarayya à truquer les élections à venir ". Depuis plus de 3 ans, l'Opposition politique boycotte le CNDP vidé de sa substance et n'a pas envoyé de représentants à la CENI. Mais a demandé à ses militants de se faire massivement enrôler pour le vote. Ce qui a visiblement déstabilisé le PNDS et son candidat qui ne s'y attendaient pas du tout. L'opposition suit donc de près le processus et les institutions chargées des élections en vue de l'organisation d'élections libres, transparentes, inclusives et conformes aux standards internationaux dans les délais légaux. C'est le combat qu'elle entend mener au nom du peuple nigérien. Il reste à déterminer la nature de ce combat, car pour l'instant, bien de Nigériens reprochent à l'opposition de ne se limiter qu'à des déclarations et des communiqués .

Bisso  

25 juillet 2020

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