Déclaration des partis non affiliés sur le processus électoral : L’étau se resserre autour du PNDS

Déclaration des partis non affiliés sur le processus électoral : L’étau se resserre autour du PNDSDésormais, il n’y a pas que les seuls partis de l’opposition à dénoncer ouvertement le processus électoral, tel qu’il est conduit par le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA), le principal parti au pouvoir. Il y a aussi les partis non affiliés qui ont publiée une déclaration dans ce sens le mercredi 8 juillet. Cette déclaration avait non seulement la particularité d’exprimer ouvertement la position des partis non affiliés sur le processus électoral, mais la particularité aussi d’avoir été lue au siège du Parti pour la justice et le progrès (PJP DOUBARA) de l’ancien Chef de l’Etat Djibo Salou et candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle. Après avoir constaté «le manque de professionnalisme » de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et «le doute sur son intégrité et impartialité à mener à bien sa mission en toute équité», les partis non affiliés ont indiqué que leur groupe «reste ferme sur l’organisation des élections locales avant toutes autres, car cela est techniquement faisable». A travers cette prise de position on ne peut plus assumée, les partis non affiliés rejoignent ceux de l’opposition et prennent le contre pieds de la CENI et du parti présidentiel qui veulent que les locales interviennent au moins après le premier tour de la présidentielle. Les partis non affiliés ont proposé les dates du 06 et 13 décembre pour la tenue des élections locales, donc avant le premier tour de la présidentielle prévu pour le 27 décembre.

S’exprimant sur la question de l’enrôlement des Nigériens de la Diaspora au fichier électoral biométrique, les partis non affiliés ont estimé que la raison du Covid-19 avancée par la CENI pour ne pas procéder à cet enrôlement «ne tient plus». Selon ces partis, «avec le constat du recul de la pandémie Covid-19», il est «opportun pour la CENI, de déployer immédiatement des équipes dans les pays de la CEDEAO, où le Président de la République assure la présidence en exercice, ne serait-ce qu’à titre illustratif, afin d’évaluer dans quelle mesure cet enrôlement pourrait être étendu dans les autres régions du monde». Les partis non affiliés ont d’ailleurs tenu «à rappeler que d’autres pays de notre espace communautaire s’adonnent au même exercice malgré la situation sanitaire qui prévaut. Sur cette question de l’enrôlement des Nigériens de la Diaspora aussi, les partis non affiliés s’alignent derrière la position de leurs homologues de l’opposition. Par rapport au fichier électoral biométrique, les partis non affiliés ont indiqué avoir appris «avec amertume qu’en lieu et place d’une carte biométrique c’est plutôt une carte sécurisée que la CENI compte délivrer aux électeurs». Visiblement très méfiants, ces partis ont exigé «l’audit indépendant du fichier en cours d’élaboration» et demandé que «le rapport d’un tel audit soit disponible avant toute élection afin que toutes les corrections soient apportées au besoin». Les partis non affiliés ont aussi exigé leur implication dans le processus d’élaboration et de distribution des cartes électorales.

Le parti de Djibo Salou et ses collègues ont, dans la foulée, demandé la convocation d’une nouvelle réunion du Conseil national de dialogue politique (CNDP) avec comme points d’ordre du jour, entre autres, «la décrispation du contexte politique et l’assurance d’avoir des élections inclusives et apaisées». Les partis non affiliés rejoignent ici aussi la position longtemps défendue par les partis de l’opposition et s’écartent de celle totalement guerrière du principal parti au pouvoir consistant à prendre en otage le CNDP et à imposer ses volontés en s’appuyant sur quelques partis satellites. Tout en prenant l’opinion nationale et internationale à témoins de la situation préélectorale au Niger, les partis non affiliés ont demandé au Président de la République, «garant de la paix et de la cohésion sociale de s’impliquer afin d’apaiser le climat politique nigérien encore qu’il est temps». En plus de son caractère engagé, la déclaration des partis non affiliés a retenu l’attention de bien d’observateurs en raison de la participation du parti de Djibo Salou dans sa rédaction et sa lecture. Jusqu’à la publication de cette déclaration, bien de Nigériens croyaient, à tort ou à raison, que le parti de l’ancien Chef de l’Etat est un autre parti allié au parti présidentiel et prêt à subir son diktat. Les Nigériens découvrent que non seulement le PJP DOUBARA est un parti qui tient à s’affirmer sur la scène politique mais que son candidat est prêt à s’engager avec toutes les forces qui se battent pour imposer au PNDS-TARAYYA des élections démocratiques, transparentes et inclusives et l’empêcher de rééditer son forfait de 2016. Le moins qu’on puisse dire est qu’avec cette déclaration des partis non affiliés regroupés autour du PJP DOUBARA, l’étau est en train de se resserrer autour du parti de Bazoum Mohamed qui, grisé par sa position de parti au pouvoir, ne semble avoir du respect pour aucun autre parti politique, y compris parmi ceux qui siège avec lui au sein de la Mouvance pour la renaissance du Niger (MRN). A l’allure où vont les choses, nombreux sont les analystes qui prédisent la création d’une large coalition des partis politiques qui se dressera contre le parti de Bazoum Mohamed dans la perspective des futures élections.

IB  

20 juillet 2020
Publié le 16 juillet 2020

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Politique.