Campagne électorale : Bazoum Mohamed sur le terrain avant le coup d’envoi

Campagne électorale : Bazoum Mohamed sur le terrain avant le coup d’envoiBazoum Mohamed n’est plus membre du gouvernement depuis plus plusieurs jours. Il a demandé à être déchargé des fonctions de ministre d’Etat, ministre en charge de l’Intérieur, pour mieux s’occuper de son parti et de sa campagne selon le dire de ses militants. Candidat du PNDS Tarayya, le parti présidentiel, aux prochaines élections présidentielles, il a désormais les coudées franches pour aller à la rencontre des populations du Niger profond pour tenter de les convaincre à voter pour lui. Depuis la semaine écoulée, il parcourt des localités de l’ouest du pays (régions de Tillabéri et de Dosso) pour exposer ses ambitions pour notre pays une fois porté à la magistrature suprême. Mais bien avant même qu’il ne soit libéré du gouvernement, Bazoum était depuis belle lurette en campagne avec sa casquette de ministre d’Etat en charge de l’Intérieur qui gère les questions électorales. C’était lui l’interlocuteur direct de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).Les partis de l’opposition ont beau décrier l’incongruité de la situation, rien n’y fit. Il a fallu qu’il demande luimême à partir pour que la demande des opposants soit finalement satisfaite. Aussitôt déchargé de ses fonctions, Bazoum a repris avec beaucoup d’intensité la campagne électorale avant date. Puisque c’est bien de cela qu’il s’agit lorsqu’on se met à parcourir des localités avec une très forte délégation pour tenir entretenir les populations. La CENI ne dit rien, elle ferme les yeux. Dauphin attitré du président Issoufou, il est loisible pour Bazoum de battre campagne quand il le voudra. Mais ce n’est ni la faute du candidat Bazoum ni celle de la CENI, c’est dû au silence assourdissant de l’opposition qui observe faire sans lever le petit doigt pour mettre le holà. Autrement, elle devrait interpeller la CENI pour lui demander de réagir, pour intimer l’ordre au candidat Bazoum d’arrêter et attendre le coup de sifflet. Si la CENI ne le fait pas, les partis d’opposition doivent aussi se lancer dans la campagne électorale sans sommation pour éviter de se laisser distancés. Tout en continuant à mener la lutte pour contraindre le pouvoir à l’organisation d’élections libres, inclusives et transparentes. Mais aussi le respect du chronogramme initial annoncé par la CENI, à savoir l’organisation des locales d’abord, ensuite le 1er tour de la présidentielle couplée aux législatives, puis le 2e tour de la présidentielle.

La proposition de la CENI consistant à organiser les locales le 17 janvier au lieu du 1er nombre initialement prévu par la CENI sous la pression de l’opposition, des partis alliés de la majorité et les non affiliés n’est qu’un subterfuge pour brouiller le jeu. C’est parce que les locales permettent à chaque parti de déterminer son poids électoral que le pouvoir cherche coûte que coûte à tenir en premier lieu le 1er tour de la présidentielle couplée aux législatives. Le PNDS craint en somme d’être dénudé publiquement.

Tawèye

19 juillet 2020
Publié le 13 juillet 2020

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Politique.