Rapport de la Cour des comptes : La gestion désastreuse des renaissants a atteint toutes les sociétés d’État

 Rapport de la Cour des comptes : La gestion désastreuse des renaissants a atteint toutes les sociétés d’État« Le Niger n’est pas un pays pauvre. Ses ressources sont tout simplement mal gérées». C’est la litanie de l’opposant Issoufou Mahamadou à l’époque. Depuis qu’il a accédé au pouvoir en 2011, son régime fait pire que ceux précédents en matière de malgouvernance. Il a percé le plafond. Nous n’inventons rien. L’affaire de l’audit de l’armée est encore brûlante. Le contenu du rapport général public 2017-2019 de la Cour des comptes montre la nécessité d’un audit général dans tous les secteurs de l’Etat.

Non-respect des textes Les règles et principes en matière de gestion de l’administration publique et ses démembrements sont clairement édictés par des textes. Mais les responsables chargés de veiller à leur application passent outre. Le rapport 2017- 2019 de la Cour de compte qui vient d’être publié met à nu les mêmes manquements constatés dans les rapports précédents de la Cour. Les mauvaises pratiques sont les mêmes. Il s’agit du faible niveau de mise en oeuvre des recommandations, d’insuffisances dans la réédition des comptes des comptables principaux de l’Etat et des collectivités territoriales, d’abus dans la gestion des fonds sociaux et une mauvaise gestion des entités contrôlées. Les textes sont là mais ils ne sont pas respectés. Il y a aussi la persistance des résistances de certains assujettis aux lois et règlements en matière de contrôle des comptes annuels des partis politiques et des déclarations des biens. Cette première salve porte uniquement sur la gestion de quelques sociétés et offices de l’Etat. Il s’agit de l’Agence de régulation des télécommunications et de la poste (ARTP), de la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep) et de la Société nigérienne d’électricité (Nigelec).

Constat flagrant de graves violations

Concernant l’Autorité de régulation des télécommunications et de la poste (ARTP), par exemple, la Cour a constaté de nombreux manquements. Le constat flagrant, c’est ‘’l’octroi d’une gratification et d’un 13 mois d’un montant de 335.873.436 francs CFA à tous les agents de l’ARTP et au président du CNRTP pour les trois exercices contrôlés en violation des dispositions du décret N° 2014- 592/PRN/PM/MF du 10 octobre 2014 fixant le traitement de base du président du CNRTP sur les trois (3) exercices contrôlés en violation des dispositions du décret N° 2014-593/PRN/ PM du 10 octobre 2014 fixant la grille de traitement de base, les indemnités et autres avantages accordés au Directeur général et au personnel technique et d’encadrement de l’ARTP’’. Les membres de l’agence font quoi concrètement au profit des populations pour mériter ces avantages et privilèges non prévus par les textes ? Au niveau de la société Sahelcom, il est versé à chaque fin de mois ‘’des jetons de présence avec rappel aux membres du conseil d’administration et leur augmentation sans approbation de la tutelle’’ en violation d’un article qui date de 1986. On donne aussi un véhicule de fonction avec une dotation en carburant sur la base du même décret. La Société nigérienne des télécommunications (Sonitel S.A), elles, s’est spécialisée dans les opérations bancaires. Le rapport met en exergue son ‘’recours excessif aux découverts bancaires et aux prêts à court terme pour faire face aux tensions de trésorerie et même pour payer les salaires des travailleurs’’. La société procède aussi à des paiements ‘’de certaines dépenses sans pièces justificatives dont les travaux de construction de nouveaux bâtiments à usage administratif pour un montant de 314.742.297 FCFA’’. Un audit général s’impose Quand on parcourt, même en diagonal, le rapport de la Cour des comptes, l’on se rend vite à l’évidence que rien n’est fait dans les règles de l’art dans notre pays sous la renaissance. L’audit des marchés du ministère de la Défense a levé le lièvre. Le rapport de l’institution met à nu la mauvaise gestion de l’Etat par les renaissants ! Mais ce qui choque le plus, c’est l’impunité. ‘’Gère à ta convenance, détourne, nous avons le bouclier de l’impunité’’, tel est le mot d’ordre de la renaissance à l’endroit de ses adeptes. Le rapport de la Cour a relevé de graves manquements dans la gestion de l’Etat au moment où l’affaire de l’audit des marchés du ministère de la défense fait encore grand bruit. Le régime Issoufou a échoué Partout.

Tawèye

19 juillet 2020
Publié le 13 juillet 2020

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