La singulière conception de la loi et de son respect sous la 7e République

eDepuis la publication, le 22 juin 2020, de l'arrêt de la Cour constitutionnelle, les Nigériens de la diaspora semblent vent debout pour revendiquer le respect strict de leur droit de vote. Un droit constitutionnel qui vient d'être mis en sourdine avec cette décision de la haute Cour: " le fichier électoral national biométrique, même en l'absence des listes des ambassades et/ou des consulats, demeure valide ". La situation est problématique. Selon l'article 134 de la Constitution, " les arrêts de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d'aucun recours. Ils lient les pouvoirs publics et toutes les autorités administratives, civiles, militaires et juridictionnelles " et " tout jet de discrédit sur les arrêts de la Cour est sanctionné conformément aux lois en vigueur ". Pour éviter, donc, de se retrouver en prison du jour au lendemain, les Nigériens se gardent de commenter l'arrêt de la Cour constitutionnelle. Une situation sujette à commentaires malgré tout, les Nigériens ayant le sentiment qu'on leur impose la loi lorsqu'il s'agit de les tenir à carreau alors que la loi est régulièrement violée au plus haut sommet de l'Etat. La Constitution nigérienne ne garantit-elle pas l'égalité des citoyens devant la loi ? La jouissance des libertés publiques ? Le caractère sacré des deniers et biens publics ? L'impartialité du président de la République ? Bref, il y a certainement tant à dire sur la singulière conception de la loi et de son respect sous la 7e République. Une bien singulière conception de la loi et de son respect, n'est-ce pas ?

Laboukoye

28 juin 2020
Source : Le Courrier

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