Processus électoral : L'enrôlement des Nigériens de la diaspora remis en cause, on attend la Ceni sur la question des élections locales

 eiLa participation des Nigériens de la diaspora et peut-être tranchée par la Cour constitutionnelle. Une décision qui fait couler beaucoup d'encre et de salive, la Côte d'Ivoire ayant trouvé les moyens de procéder à l'enrôlement de ses ressortissants de l'étranger. L'affaire, chez nous, est pliée, peut-on dire au regard de la menace d'emprisonnement qui pèse sur quiconque s'aventure à critiquer l'arrêt de la Cour. Encore que l'on ignore ce que sera la réaction de l'opposition politique qui l'a déjà traitée de partisane. Me Souna Issaka, le président de la CENI s'est vu retirer, certes, une épine du pied. Mais il est loin d'être sorti de l'auberge. Il lui reste en travers de la gorge la question des élections locales. Car, si le Covid 19 a servi pour ne pas enrôler les Nigériens de l'extérieur, il ne saurait en être de même pour les élec- tions régionales et municipales. La problématique reste, de ce point de vue, entière et les partis politiques, de l'opposition comme de la majorité, à l'exception du PNDS, ne sont pas prêts à accepter la non-tenue des élections locales à date. L'enjeu véritable est là. Selon des échos crédibles, les partis politiques sont nombreux à refuser d'admettre l'éventualité d'un nième report des élections régionales et municipales. Douchées depuis cinq que le mandat légal des élus locaux est arrivé à échéance, ces élections locales sont attendues par la plus grande partie de la classe politique nigérienne parce que considérées comme étant des élections de vérité.

La question du vote de la diaspora fait le débat politique actuel, mais pour combien de temps. Les élections locales auront-elles ou non lieu ? Si l'on se fie aux dires du président de la Commission électorale, il y a très peu de chance pour qu'elles aient lieu à date. Devant le Cndp, Me Souna Issaka a déclaré que son institution ne pourrait déposer le fichier que le 3 septembre 2020. Ce qui paraît trop corsé pour respecter la date de tenue du scrutin, fixée le 1er novembre 2020. Déjà, l'avant-veille de la tenue du Cndp, Boubacar Sabo, le secrétaire aux élections du Pnds a bien parlé des élections à venir mais sans la moindre allusion aux élections locales. Il a plutôt pointé directement la date du 27 décembre 2020, comme si c'est le tout premier rendez-vous électoral de l'année pour le Niger.

Le débat fait rage au sein de l'opinion. Dans les milieux politiques, il divise plus que jamais la classe politique entre partisans et opposants au respect de la date qui figure dans le chronogramme de la Ceni. Le clivage, dit-on, n'a rien de la traditionnelle division en majorité et en opposition. Des partis politiques de la majorité se disent outrés et révoltés par ces reports incessants des élections locales et comptent s'y opposer, cette fois-ci, avec vigueur et détermination. Que ce soit sur la question de l'enrôlement des Nigériens de l'extérieur ou de la tenue des élections locales à date, rien n'est encore joué. L'opinion nationale semble totalement braquée et il y a sans doute de l'électricité dans l'air à décider, après l'affaire de l'enrôlement des Nigériens de la diaspora, que les élections locales, aussi, se tiendront pas à date.

Laboukoye

28 juin 2020
Source : Le Courrier

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