Affaire ministère de la Défense nationale : Les Vérités de Nouhou Arzika

Déclaration de presse : L'opposition politique prévoit une grande manifestation dans les jours à venir Nouhou Arzika du MPCR était l'invité de la radio télévision Labari. Une sortie médiatique qui fait suite à la sortie médiatique des avocats des grands fournisseurs du ministère de la défense nationale. Dans cet entretien, Nouhou Arzika a non seulement abordé les propos des avocats mais aussi demandé que l'enquête soit élargie et qu'elle puisse concerner toute la chaine de responsabilité du ministère de la défense. Le président Nouhou estime aussi que d'autres inspections doivent être menées au niveau d'autres ministères où des soupçons d'affairismes sont constatés ces derniers temps.

" Effectivement nous avons suivi avec beaucoup d'intérêt, l'intervention d'un collège d'avocats qui a cru devoir à travers un point de presse répondre à l'opinion publique qui s'intéresse depuis quelques temps à ce dossier grave du ministère de la défense. Un dossier connu par tout le monde depuis la publication du rapport d'audit de l'enquête diligentée au niveau de ce ministère par l'inspection générale du ministère de la défense et de la gendarmerie. Le résultat de cette enquête a débouché sur un certain nombres d'actes grave en termes d'utilisation des ressources nationales mises à la disposition de ce ministère dans l'optique de créer les meilleures conditions de travail à nos forces de défense et de sécurité, notamment en termes de moyens et ressources financières conséquents pour bien mener leurs missions de sécurité et de défense du pays. Une mission, comme vous le savez, très exaltante, en ce que ca concerne la défense et la vie de la nation.

Avant qu'on ne vienne à ce dernier rapport d'inspection de la gestion de 2017 à 2019 qui défraie la chronique, les rapports d'inspections des 9 ans des deux mandats de Issoufou Mahamadou, dans un premier temps, on a parlé de 1700 milliards, et puis surprise on nous sert un rapport de quelques milliards, soient 76 milliards de f CFA de la période de 2017 à 2019.

Maintenant quand nous avons suivi les propos des avocats des fournisseurs, nous nous sommes demandé en fait qu'est-ce qui les fait courir ? Pourquoi cette sortie s'ils estiment que leurs clients n'ont rien à se reprocher ? Est-ce qu'il y a une raison qu'ils s'agitent de la sorte ? Et qu'ils viennent à s'en prendre pratiquement à tout ceux qui ont estimé qu'il y a problème et qu'il y a nécessité que l'on soit dans la position que cette situation soit bien traitée et nous l'avons dit d'ailleurs dans notre dernière déclaration, que nous avons rendue publique après les trois mois de détention arbitraire et abusive de nos camarades Halidou Mounkaila, Moudi Moussa et Maikoul Zodi, nous sommes revenus la déçus pour exiger que tous ceux qui sont concernés par le dossier, pas uniquement les fournisseurs, mais tous les responsables politiques, administratifs et techniques, soient traduits devant les juridictions. Je respecte beaucoup nos amis avocats, ces sont des partenaires qui nous défendent toujours face aux assauts de ce régime, mais je suis désolé de constater que, parmi ces camarades, il y'à certains pour des causes qu'ils croient défendre, se permettent de poser un certains nombre d'actes qui naturellement ne trompent personne. Nous comprenons bien leur démarche, c'est logique, c'est la même chose lorsqu'il y a quelques temps, un avocat aussi. a fait la même chose concernant l'affaire de notre camarade Ali Idrissa dans cette même affaire où il a fait une sortie catastrophique dans un point de presse pour raconter un certain nombre de choses. Ce que les uns et les autres doivent retenir, notre détermination est inébranlable sur cette question et il y a une grave situation qui est constatée au niveau de ce ministère de la défense qui a des implications graves en termes de conséquences que nous avons tous déplorés. Notamment le fait que faute de la non livraison de matériels de qualité, faute de la mauvaise utilisation des ressources mises à la disposition de ce ministère, il y a eu une mauvaise gouvernance qui a conduit à tout ce que nous avons enregistré en termes de morts d'hommes sur le terrain, en termes de veuves et d'orphelins et de blessés.

Cette question n'est donc pas de la blague, pour que quelqu'un pense qu'on peut sortir et aligner des mots et croire que ça suffit pour endormir le peuple, pour tromper la vigilance des citoyens. C'est pour cette raison que nous restons sereins. Notre conviction comme nous l'avons déjà dit ici " la question de ce qui s'est passé au ministère de la défense nationale, c'est Dieu même qui l'a rendu possible et qui a fait en sorte qu'on vienne découvrir la gravité de la mauvaise gouvernance qui a caractérisé la gestion de ce ministère durant les neuf ans de ce régime. Avec la trahison de ces gens qui ont été investis de la confiance qui a été placée en eux pour accomplir des missions dans l'intérêt de notre pays ". Parmi ces responsables là, il y a des ministres qui comptent aujourd'hui plusieurs dizaines de villas, plusieurs milliards dans leurs mains (soient chez eux dans des trous où dans leurs jardins ou à l'extérieur), comment ils ont eu tout cela ? Ce n'est pas une honte ? Qu'on puisse avoir des situations pareilles dans un pays, qu'on puisse avoir des gens qui ont eu à se comporter de la sorte. Et que du fait de ce comportement, qu'il ait des compatriotes qui sont morts bêtement, de façon triste. Alors que nous connaissons tous la bravoure de notre armée, l'expérience que nos militaires ont dans la section des situations de crises, et qu'aujourd'hui l'on puisse se trouver dans une situation où on peut attaquer nos casernes sans problème. Comme ça s'est passé à Chinagoder, à Inatès, à Bosso, à Toumour, un peu partout. Ici il y a un aspect qui n'a pas été relevé et qui doit l'être : c'est l'aspect de la gouvernance même du ministère en question. Par rapport notamment à la gestion des ressources, qui doit inclure non seulement l'achat du matériel mais aussi les ressources qui sont destinées aux soldats. A ce niveau aussi il y a eu des détournements qui ont été orchestrés. Après cette enquête, il y a une suite qui doit nécessairement venir, pour que le peuple nigérien sache exactement à quoi s'en tenir. Ils ont fait un retraitement par rapport à ce que nous avons dit au début. Maintenant, ils nous disent qu'il y a eu exagération, que ces sont des surfacturations et après on leur demande de revoir les prix. Mais où étaient ces gens là qui ont accepté les premier prix ? Comment ils sont arrivés à accepter ces genres de choses ?

Exigence d'une reprise de l'inspection pour qu'elle couvre les 9ans de mandat de Issoufou

Sous forme d'une omerta, des gens ont toujours considéré que le ministère de la défense est une omerta et qu'au nom du soi-disant secret défense, quelque soit ce qui va se faire c'est du n'importe quoi et que ça va passer. Et ils se sont mis à coeur joie, à se comporter de la sorte, et ça s'est depuis le premier mandat de Issoufou. C'est pour ça que nous continuons à insister à ne pas limiter l'enquête uniquement à la période 2017-2019 et qu'elle doit être reprise pour couvrir toute la période qui a concerné les deux mandats de Issoufou Mahamadou. Pourquoi grignoter une partie et laisser l'autre ? On sait que dans cette partie non concernée il y a des gens qui sont en cause et dont on a vu clairement le niveau d'enrichissement. On les connait tous avant qu'ils soient nommés à ces postes. Et voilà aujourd'hui on les retrouve dans une situation où ils sont devenus des multimilliardaires et qu'ils constituent la nouvelle bourgeoisie du pays. Voilà pourquoi nous considérons que la réaction des avocats n'est que peine perdue. Tout ce qui a été dit et qui a été relevé et qui est susceptible d'avoir une qualification pénale, c'est aux juges de le dire pas l'avocat. Personne n'est aujourd'hui disposé à croire que ce qui s'est passé au ministère de la défense n'est rien. Que rien ne s'est passé. Que c'est normal, et que tout ce qu'on a reproché est considéré comme étant dans l'ordre normal des choses. Nous n'avons pas besoin de longue polémique, la seule chose qui nous préoccupe et qui nous intéresse aujourd'hui et pour laquelle nous attirons l'attention de tout le monde est que nous devons rester fermes, stoïques et imperturbables dans ce combat qui doit exiger que la vérité se fasse savoir dans cette affaire. Que des sanctions tombent sur chacun à la proportion de la faute commise en vertu de nos lois.

Dans notre dernière déclaration, nous avons aussi interpellé la justice et les magistrats pour qu'ils sachent que ce dossier est suivi par tous les nigériens. Ils attendent de voir la suite qui y sera réservée. La balle est dans le camp des juges qui sont face à l'histoire. Nous pensons que chacun doit garder son sang froid, nous restons lucides dans le suivi de ce dossier et personne ne peut nous perturber. Je termine en disant qu'il y a forcement des mesures qu'il faut prendre, notamment des mesures conservatoires concernant certaines personnes qui sont des responsables. Comment quelqu'un qui est présumé coupable de mauvaise gouvernance continue à exercer ou soit muté ailleurs ? Non, il faut bien pour que sa marche qu'il soit mis de coté et qu'on soit mis dans la position de pouvoir continuer l'enquête et qu'il attende de coté la suite de l'enquête. Vous avez vu le cas au Burkina voisin, c'est une seule villa qu'on reproche au ministre de la défense d'avoir construit qui le conduit en prison. Ici nos ministres là, il faut compter en dizaines les villas qu'ils ont acquises, sans compter les champs, jardins et du n'importe quoi qu'ils ont aujourd'hui. Ce que nous attendons nous, est que la justice saisie de l'affaire soit mise dans les conditions pour le travail.

Autre chose que chacun au Niger doit savoir, les affaires, ce n'est pas uniquement au ministère de la défense, les informations que nous avons sont très grave aussi dans d'autres ministères. Il y a eu beaucoup de gaffes de la sorte dans d'autres ministères et les gens se sont mis à s'embourgeoiser.

Il faudra bien que les inspections puissent continuer et que partout où il y a des soupçons que l'on puisse être dans la position d'engager de façon claire et nette des enquêtes. Vous avez vu tout récemment un autre, malgré tout ce qui se dit là, eux ils pensent que c'est du tintamarre, ça ne leur dit absolument rien. Ça n'a pas empêché, dis-je, qu'un ministre écrive une lettre pour désigner des personnes qui selon lui doivent bénéficier d'un marché qu'ils ont taillé de plusieurs milliards. On désigne des gens que c'est eux seuls qui doivent être consultés, mais d'autres nigériens non. Voilà 9 ans que ça dure, nous sommes dans la dixième année, nous disons que trop c'est trop et que tous ceux qui ont posé des actes de trahison, d'abus de confiance par rapport à ce qu'ils ont eu comme responsabilité vis-à-vis de notre peuple, on doit les désigner et les châtier. On ne peut pas laisser ces gens continuer. Certains ont même le culot de penser qu'ils vont aller à des élections truquées et rester pour continuer à narguer les nigériens. Ce pays nous appartient tous, pas uniquement à quelques-uns. Nous ne pouvons pas continuer à accepter certaines choses. J'ose espérer que le peuple nigérien est un peuple digne, fier. Vous pouvez le coincer jusqu'à…Mais même s'il lui reste juste quelques centimètres du mur, il sera capable de récréer les conditions de réussir le combat et de gagner le pari ".

21 juin 2020
Source : Le Courrier

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