Audit du ministère de la Défense nationale : Le clone du rapport original est-il aussi l'oeuvre du ministre Katambé ?

i À quand le troisième rapport, se demandent nombre de Nigériens, surpris d'apprendre, par la voix d'un média étranger, qu'un deuxième rapport vient de sortir sur l'audit du ministère de la Défense nationale. De quelles manches et suivant quelles procédures ? On l'ignore puisque la voix choisie pour le faire savoir aux Nigériens est totalement restée muette sur l'autorité qui en est à l'origine. Mais, à la lecture des faits exposés, on se rend bien compte qu'une bataille rude a sans doute cours autour de l'affaire de l'audit du ministère de la Défense, les uns cherchant à faire porter le chapeau aux autres.

Outre le fait que ce deuxième rapport n'est pas rendu public alors qu'il semble servir ceux qui l'ont fait faire, la question essentielle que les observateurs se posent est de savoir si ce clone du rapport d'audit est également l'oeuvre du ministre Katambé. Si tel est le cas, il faut bien admettre que le ministre de la Défense actuelle a fini par céder devant les pressions politiques pour accepter une démarche visant un compromis boiteux. Que ce soit parti de Katambé ou non, il est utile de remarquer que la trouvaille nuit considérablement à la confortable notoriété qu'il s'est "construite" à travers ses positions sur l'affaire. Mais, ce rapport informe surtout sur la confusion et la panique qui règnent dans les rangs de ceux qui, trempés jusqu'au cou mais manifestement au dessus de la justice pour le moment, semblent chercher à tout prix les moyens et les voies pour faire passer les commerçants à la trappe et empêcher toute remontée jusqu'à eux.

De 76 milliards, le manque à gagner serait ramené à 45 milliards.

Une somme déjà colossale pour un pays régulièrement classé dernier au classement IDH du PNUD. Mais, ce n'est sans doute pas l'aspect le plus important à relever dans cette tentative de faire porter le chapeau à ceux qui ont été utilisés, manipulés dans certains cas, pour " gagner de l'argent sans rien faire " comme dirait le ministre Hassoumi Massoudou. Selon, donc, ce fameux rapport dont les Nigériens, y compris les médias, n'ont pas vu la couleur, les commerçants auraient reconnu être coupables de quelque chose, en l'occurrence des surfacturations, et qu'ils auraient accepté de rembourser à l'Etat 25% du trop perçu. Sans se préoccuper de la formule qui a permis de déterminer ce pourcentage à payer, il y a lieu de se demander si ce rapport n'est pas du pipo. Serait-il inventé juste pour la bataille médiatique ?

Tout semble le confirmer puisque, des milieux proches des commerçants visés, aucune entente n'a été dégagée sur cette affaire. L'information est d'autant plus plausible que l'on se demande pourquoi le gouvernement nigérien n'a pas fait grand bruit de ce règlement à l'amiable qui correspond à sa volonté et à la démarche pour laquelle il a opté dès le départ.

Ce deuxième rapport, sans aucune chance d'être accepté par l'opinion nationale Au contraire, il risque de provoquer l'inattendu. Car, à bien d'égards, il traduit davantage la volonté tenace de liquider les commerçants pour éviter de remonter à des sommets insoupçonnés.

Ces derniers accepteront-ils d'être conduits à l'abattoir comme des moutons de sacrifice ? "Wait and see", comme diraient les Anglais.

Laboukoye

10 juin 2020
Publié le 04 juin 2020
Source : Le Courrier

 

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