Vie des partis politiques : Le PNDS au bord de l’implosion

https://nigerdiaspora.net/images/PNDS-Tarayya-PNDS-TARAYYA.jpgDans sa livraison de la semaine passée, le Courrier a évoqué le confinement politique de Bazoum Mohamed, président du PNDS et candidat investi par son parti au titre de l’élection présidentielle prochaine. C’est le droit de certains de préférer demeurer dans le déni de la réalité, mais quand le soleil se montre, on ne peut pas le cacher avec la paume de la main. Investi candidat, oui. Mais, les choses ne se déroulent pas comme prévu. Elles semblent même se compliquer de plus en plus. Les choses se corsent, comme on dit. Sa candidature est de plus en plus contestée, et ce, de manière ouverte. Le parti est au bord de l’implosion. Situation bien prévisible d’autant plus pénible que l’homme ne dispose pas d’une base politique consistante dont il peut se prévaloir.

En plus du bouillant secrétaire général, Hassoumi Massoudou, qui s’est fait taper sur les doigts, il y a un an, et qui a fait son comeback comme ministre d’Etat à la présidence, d’autres font leur entrée en scène. Au PNDS, chacun peut espérer l’onction du parti. Les grands ténors sont tous égaux dans une impopularité légendaire. Des sources politiques proches du parti parlent de Kalla Moutari, ancien ministre de la Défense nationale. Celui-là même qui a été limogé juste avant l’éclatement du scandale des fonds de l’armée à propos desquels un audit a révélé des détournements massifs , des surfacturations ou des commandes non livrées, et portant sur des centaines de milliards. Dégagé du gouvernement, tout autant que le secrétaire général du ministère, le chef d’Etatmajor général des Forces armées nigériennes, ainsi que l’inspecteur des services, relevés tous de leurs fonctions, à la suite de la même affaire, Kalla n’a pourtant pas dit son dernier mot. Bien au contraire. On se rappelle qu’après son débarquement manu militari du gouvernement, Kalla Moutari a fait un tour chez lui, à Maradi. Au cours d’une de ces rencontres avec des responsables locaux du parti, on retrouve dans ses propos des indices d’ambition présidentielle qu’il ne cache point. D’autres sont en embuscade. Toujours est-il que même les grands militants du PNDS qui ne seraient pas candidats ne sont pas mobilisés autour de la candidature de Bazoum à la présidentielle. Ceci montre à quel point le pourrissement interne du PNDS a atteint son paroxysme.

Selon toute vraisemblance, les militants du PNDS goûteront aussi au calice des situations de dissensions internes qu’ils ont contribué à créer dans les autres partis. Il n’y a pas longtemps, ils se délectaient du concassage des partis politiques de l’opposition, et même alliés, en encourageant les dissidences à l’interne. Et le même Bazoum théorisait tout ça, comme à son habitude, en servant la discipline, la gestion démocratique exemplaire, la solidité des idéaux du parti et le leadership des responsables de leur parti. Ainsi que leur force. Aujourd’hui, tout cela s’est envolé. Chacun se cherche, en taclant l’autre pour qu’il ne se relève plus. Voilà pourquoi il faut respecter les partis politiques, des organisations reconnues et consacrées par la Constitution. Au-delà, tout organisme, vivant ou social, contient en son sein, ses propres éléments fossoyeurs. Les camarades le savent pour avoir lu Marx.

Bisso

10 mai 2020
Source : Le Courrier

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