Soutien du PNDS aux détourneurs des fonds alloués à la sécurité : Ils exigeaient la potence pour les détourneurs de centaines de mille, aujourd’hui ils implorent la clémence et la compréhension pour les prédateurs de milliards

Soutien du PNDS aux détourneurs des fonds alloués à la sécurité : Ils exigeaient la potence pour les détourneurs de centaines de mille, aujourd’hui ils implorent la clémence et la compréhension pour les prédateurs de milliards Depuis l’accession du parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) au pouvoir en 2011, les camarades, anciennes grandes gueules et jadis défenseurs devant l’éternel de la bonne gouvernance, ne cessent de se renier, tournant de plus en plus le dos au peuple nigérien et aux valeurs républicaines. Reniement des principes, reniement des valeurs de l’Etat de droit et de la démocratie, reniement de tout ce qu’ils faisaient semblant d’incarner quand ils étaient à l’opposition. En mettant en place une République des affaires menées par « une camarilla », comme dirait l’autre, et en excellant dans la promotion des contrevaleurs et la dérive autoritaire. C’est ce qui ressort de leur ridicule et méprisante déclaration du 4 mars 2020, suite à l’audit des fonds du ministère de la défense, après le non moins ridicule et méprisant communiqué du gouvernement. Déclaration attribuée au CEN du PNDS, mais avec. des absences remarquées. Beaucoup d’observateurs pensent d’ailleurs que c’est la position d’un clan. Car, quoi qu’on nous fasse croire, les murs du PNDS, s’il existe encore, sont plus lézardés que ceux de n’importe quel autre parti politique nigérien. Dans cette déclaration, les camarades font de Katambé un simple exécutant de consignes, lui déniant tout mérite, alors que les Nigériens ont une autre vision de la chose. Evidemment, c’est Mahamadou Issoufou qui désigne le candidat du parti, de son parti, à la présidentielle. Le rapport est provisoire, nous apprennent les camarades comme à de petits enfants, en traitant les propos de Katambé d’excessifs. Toujours, la posture d’infantilisation de tous ceux qui ne chantent pas les louanges et la grandeur des illuminés du parti socialiste au pouvoir au Niger. La déclaration est comme à l’accoutumée pleine de morgue, de mépris, mais surtout de frousse, de peur panique qui étreint les camarades à l’idée de descendre de leur piédestal et de rendre compte aux citoyens nigériens que beaucoup d’entre eux ont spoliés. Comme toujours, les marxistes léninistes prennent les Nigériens pour ceux qu’ils ne sont pas. Ils sont désormais découverts. Se faisant auparavant passer pour des hommes à convictions, ils se sont révélés des hommes à argent, uniquement préoccupés de s’enrichir, d’accumuler avec frénésie. Ils sont rares, parmi les thuriféraires du régime, ceux qui peuvent, devant Dieu et devant les hommes, justifier leurs richesses et leurs réalisations. On ne construit pas des palais et des châteaux avec le salaire, fût-il le salaire d’un ministre. On ne garnit pas le compte de sa fille de milliards avec un salaire d’enseignant. Le Niger est petit, malgré son étendue immense. De la Conférence nationale à aujourd’hui, on peut tracer la fortune de chacun.

Quand des dirigeants et proches du pouvoir brassent des milliards, les nigériens ont le droit de s’indigner et de demander des comptes. En tentant de normaliser le scandale de détournement massif des ressources affectées à la défense, et ridiculiser ceux qui dénoncent, le PNDS se discrédite davantage et se disqualifie. Car, il affirme clairement son soutien aux détourneurs au lieu de les vouer aux gémonies et de les livrer à la justice, tout en défiant le peuple nigérien. Jusqu’à oser, dans leur déclaration, donner rendez-vous aux Nigériens, qu’ils ont spoliés, pour le 27 décembre 2020, après tant de forfaitures et de souillures. On a vraiment raison d’être scandalisé, et de se demander ce sur quoi compte le PNDS pour avoir de telles assurances. L’on se rappelle, en 2016, les conditions insolites dans lesquelles se sont tenues les élections générales, avec des candidats aux législatives et le candidat à la présidentielle, pieds et mains liés, en prison. Qui a bu boira, dit-on. Mais, nous ne sommes plus en 2016, les données ont changé, le peuple a compris les acteurs en présence, tous les masques étant tombés. En allant dans le sens du gouvernement qui absout littéralement les détourneurs qui sont tous dans leurs rangs, le PNDS creuse davantage le fossé qui le sépare du peuple nigérien.

BISSO

19 mars 2020
Publié le 12 mars 2020
Source : Le Courrier

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