Mal gouvernance au Niger : Socialistes, maraudeurs du nouveau siècle

Mal gouvernance au Niger : Socialistes, maraudeurs du nouveau siècleImage d'illustration Le Niger va mal. Sous la Renaissance, que n’a-t-on pas connu ? Que n’a-t-on pas vu ? Que n’a-ton pas entendu ? On aura tout connu, tout vu, tout entendu. Et pourtant, que n’avait pas promis ce PNDS quand il était à l’opposition pour faire croire qu’il serait capable de gouverner autrement, en ramenant l’orthodoxie tout en cultivant les valeurs qui fondent l’Etat de droit et la démocratie ? Chiche ! Depuis neuf ans qu’il est au pouvoir, on n’aura rien vu du genre si ce n’est le contraire de ce qu’il prêchait : vol et viol, injustice et impunité, mensonge et démagogie. Le socialisme a déçu jusque dans ses rangs car ils sont aujourd’hui nombreux dans le pays, tant dans le parti que dans ceux qui se réclament de la même obédience, à ne plus se reconnaître à travers ce socialisme falsifié, dénaturé. Depuis que, sous le magistère des camarades, l’on a vu le pouvoir devenir une affaire de familles et de privilégiés, dans le mépris des compétences nationales et des équilibres sociopolitiques, l’on avait fini par comprendre que l’on ne saurait rien attendre de grand et de beau de la part de ces hommes et de ces femmes roses qui avaient à venger une histoire, à régler des comptes, à accumuler pour rattraper ce qui serait dans leur entendement un manque à gagner, des torts d’une histoire dont ils s’estiment être les victimes. Les Nigériens finirent par comprendre de quel bois ils sont faits : ils ne sont ni bons gouvernants, ni bons gestionnaires, ni démocrates. La nullité était leur lot.

Ils réveillèrent toutes les blessures, re-cultivant les identitarismes surannés, aggravant les fractures dans une nation qui ne sait plus croire et faire confiance. Le pays n’a jamais développé autant de malaises et de mal-être qu’en cette époque de socialisme. Les Nigériens ne sont jamais arrivés à se détester tant que sous leur règne, et jamais l’on a vu autant de scandales que sous leur prétendue Renaissance. Mais on a fini par comprendre que ce n’est pas le pays qui renaissait mais eux-mêmes qui voulaient reverser la hiérarchie économique et politique pour avoir à renaître et à s’imposer au pays.

Les déceptions sont aujourd’hui grandes, presque partout : le PNDS a trahi, il a trahi un combat, le sien, une histoire, celle du socialisme, des militants qui avaient naïvement cru à une ligne doctrinaire, des Nigériens qui avaient osé accorder du crédit à un certain discours dont on les avait abreuvés pour soutenir le socialisme tropical qu’on est venu leur vendre, ne pouvant à l’époque comprendre qu’il s’agit de la version avariée d’une idéologie en décrépitude dans le monde car ayant perdu ses repères et ses valeurs. Le socialisme, depuis, ne sert que de bijou à une race de politiciens sans conviction qui se servent de ses gloires passées pour tenter de survivre par la mémoire d’une idéologie en voie d’excommunication sur l’échiquier politique car ses nouveaux apôtres ne peuvent être capables de porter ses valeurs et de se soumettre à ses exigences, notamment de probité et d’humilité. Au Niger, le socialisme est roublard, il aime l’argent, le luxe de la vie, l’indolence.

Comment peut-on croire que ceux qui s’indignaient à la conférence nationale de Koira-Kano qui poussait, sortant de terre, dénonçant l’insolence des villas pourtant modestes qui y poussaient, ne puissent plus être capables de se souvenir pour tomber dans les mêmes travers, faisant pire. La cupidité des socialistes est à nulle autre pareille : ils ont aujourd’hui érigé dans la ville comme dans leurs villages de somptueuses villas, des buildings dont on sait qu’ils ne peuvent légalement avoir la fortune qui pouvait leur permettre de s’en offrir.

Sans doute que le procureur n’avait pas tort, en 2016, en face de sa pile de dossiers à traiter témoignage vivant des malversations commises, de dire que s’il fallait mettre tout au crible, il aurait fallu au gouvernement de construire de nouvelles prisons. Pour autant, faut-il ne pas faire la lumière sur autant de scandales qu’on ne peut pour aucune raison laisser passer ? Le Président, peut-il savoir qu’un contrat le lie à ce peule, même si dans la réalité il pourrait être mal élu ainsi que le lui reprochent ses adversaires ? On imaginait depuis cette sortie du parquet l’étendue du crime. Mais avant lui, d’autres avaient alerté sans que les Nigériens ne fassent attention à leurs déclarations qui ne visaient qu’à pousser un peuple à prendre conscience du complot qui le vise et à prendre conséquemment ses responsabilités. En effet, tout le monde sait les socialistes ont pillé l’Etat et ils sont nombreux dans les rangs du parti présidentiel à trôner sur des fortunes immenses, indescriptibles. Aujourd’hui, plus qu’ailleurs, c’est dans le foncier qu’il faut fouiller pour mesurer l’ampleur des crimes car aucun d’entre eux, par son salaire et par son héritage ne peut justifier la fortune qu’il gère aujourd’hui. Investiguer dans le foncier

De somptueuses villas et autres buildings ornent nos villes, témoin s’il en est un, de la gabegie et des extravagances des nouveaux princes qui n’ont eu de préoccupation qu’à saccager l’Etat, à le dépouiller de tout. Et depuis des années, alors que l’Etat ne marche cahin-caha que, par le système D, on peut remarquer que ceux qui ont profité du pouvoir et de leurs positions, pendant que les Nigériens vivent dans la misère crasse, peuvent se permettre certaines fantaisies, une prodigalité qu’aucune fortune méritée ne peut supporter.

On n’entend parler que de milliards et tout le monde sait que si ce n’est dans les paradis fiscaux où on peut aussi aller investiguer, beaucoup de ceux qui ont volé et pillé, n’ont investi que dans le foncier et là, il faut être sûr puisqu’on connait le revenu de chacun, personne de ceux-là ne peut justifier ce qui lui a permis de s’offrir autant de biens. Une chancellerie, après seulement deux ans de gestion de Gurisme, ne relève-t-elle pas près de 16 nouveaux milliardaires au sein du pouvoir et depuis des années plus de soixantedix. Issoudou n’avait pas tort de dire que « le Niger n’est pas pauvre, mais il est mal géré ». Il vient de le prouver davantage avec le système qu’il mettait en place il y a neuf ans seulement.

La Renaissance a désormais mauvaise presse

Depuis des jours, révélation après révélation, la Renaissance vit les heures les plus sombres de son histoire à la tête de l’Etat et c’est d’autant prémonitoire que cela arrive à la fin d’un mandat que l’on disait dès le départ chaotique. Pour avoir mal géré, les socialistes ont terni leur image tant dans le pays qu’au plan international ou en plus, depuis des jours, la Banque Mondiale revient pour dénoncer des pratiques malsaines notamment le détournement de l’aide au développement, mais aussi, par ce que le Mondafrique appelle la non-inscription de certaines aides dans les budgets de l’Etat. Le débat n’est d’ailleurs pas nouveau. On se rappelle déjà qu’il y a quelques années, l’Opposition qui critiquait la gestion mafieuse des camarades, faisait observer qu’il y a des fonds dont on ne trouve aucune trace dans le budget, notamment cet avion vendu dont on ne sait toujours pas ce qu’il est devenu. Mais à l’époque l’Opposition était tellement diabolisée que personne ne voulait l’écouter, la Renaissance ayant alors réussi à faire croire qu’elle serait incomparable et irréprochable. La France avait cru.

Mais le faux ne triomphe jamais. Les Camarades, comme frappés de la malédiction du parjure, semblent être rattrapés par l’histoire : ils ont «gâté leur nom», ici et ailleurs. Dans leurs rangs, ils sont nombreux à souffrir de manquer d’éthique et de ne plus savoir ce qu’ils pourraient aller dire aux électeurs car les élections, à grands pas, approchent. Ils se sont horriblement illustrés dans le vol et le pillage d’un Etat en faillite depuis des années qu’ils l’ont pris en charge. Le socialisme est alors entré par la petite porte dans l’Histoire au Niger. Et les Nigériens posent cette question au pouvoir de la Renaissance pour lui demander où est la croissance à deux chiffres qu’il chante tout le temps et la fiabilité de cette économie qui serait une des plus performantes en Afrique et à la Banque Mondiale qu’on dit être satisfaite de ses différentes missions au Niger, où sont la croissance et la bonne gestion. Dans ce pays, on nous ment trop.

Et l’horizon s’assombrit pour les camarades…

AI  

14 mars 2020
Publié le 02 mars
Source : Le Canard en Furie

Imprimer E-mail

Politique.