Violations des textes de la République, détournements des biens publics… : Le Pnds tarayya, rattrapé par l’histoire

PndsImage d'illustration Pendant les années qu’il était à l’opposition, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA) se faisait la sentinelle de la démocratie et de la bonne gestion des biens publics. Sous la conduite de l’actuel Président de la République Issoufou Mahamadou, le parti socialiste nigérien n’a jamais manqué la moindre occasion pour dénoncer toute atteinte aux lois de la République et toute affaire portant sur des détournements réels ou supposés des biens publics. A travers des déclarations et des manifestations de rues, le PNDSTARAYYA a fait beaucoup de bruit sous le régime de l’ancien Président de la République Tandja Mamadou, à chaque fois que le pouvoir ou un de ses animateurs se rendait coupable de violation d’un texte de la République ou était cité dans une affaire de détournement des deniers publics. L e parti rose s’était surtout battu contre les détournements des biens publics, au point de révéler plusieurs affaires dont celles dites «Zaynab», «MEBA», «LAPs», «PSOPs», entre autres. Appuyé par sa presse une partie de la presse indépendante qui croyait à la loyauté de son combat, le PNDS-TARAYYA a très vite conquis les coeurs des Nigériens qui rêvaient de le voir accéder au pouvoir pour rompre avec les mauvaises pratiques qu’il ne cessait de dénoncer. Ainsi et même si on peut soupçonner le régime militaire de Salou Djibo de lui avoir donné un coup de main, le candidat de ce parti à la présidentielle de 2011 avait joui de l’estime de beaucoup des Nigériens qui voyaient en lui l’oiseau rare pour imposer une bonne gouvernance démocratique et économique au Niger. Quand donc le candidat Issoufou Mahamadou avait été déclaré "vainqueur" à l’issue du second tour de la présidentielle de 2011, face au candidat du Mouvement national pour la société de développement (MNSD-NASSARA) Seïni Oumarou, ces Nigériens avaient poussé un ouf de soulagement. Mais tous ces Nigériens, qui avaient aveuglement cru à un changement positif de la gouvernance avec l’arrivée du Président Issoufou Mahamadou au pouvoir, n’avaient sans doute pas à l’esprit qu’en politique il existe généralement un véritable fossé entre le discours et les actes. Et c’est amèrement qu’ils vont le découvrir tout au long des neuf ans que l’homme est en train de boucler à la tête du Niger. A en juger par les faits et actes, dont certains ont même été dénoncé par le Syndicat autonome des magistrats du Niger (SAMAN), les lois et règlements de la République n’ont jamais été bafoués au Niger autant qu’ils l’ont été et le sont encore sous la gouvernance du Président Issoufou Mahamadou.

C’est sous cette gouvernance qu’un Président de l’Assemblée nationale, assumant les fonctions de deuxième personnalité de la République, a été dépouillé de sa sécurité parce que tout simplement son parti politique a rompu son alliance avec le PNDS-TARAYYA. Pendant les 9 années de gestion du pouvoir, le PNDS-TARAYYA a refusé d’organiser les élections locales que même un régime de transition qui n’a duré qu’une année a pu organiser. Le même PNDS-TARAYYA a mis sous coupe réglée tous les cadres qui servaient jadis aux dialogues sociaux et politiques en vue de prévenir ou de gérer des conflits sociaux et politiques. Par rapport à la gouvernance économique aussi, le Niger n’a jamais rythmé aux bruits des affaires de détournements des biens publics que sous le régime du PNDSTARAYYA. Si hier les détournements portaient sur des millions de francs CFA, aujourd’hui tous les scandales tournent autour des milliards de francs CFA. Le dernier scandale en date est sans doute celui portant sur les commandes de l’armement militaire où rien qu’en termes de surfacturations on parle de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. On a comme l’impression que l’histoire est en train de rattraper le PNDSTARAYYA et ses dirigeants qui ont passé des années à se montrer comme les plus démocrates et plus propres des Nigériens.

Salifou Hamidou

Publié le 24 février 2020
Source : Le Monde d'Aujourdhui

 

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