Les dessous du voyage du ministre Katambé en Russie : Sale temps pour Kalla Moutari et Wally Karingama

aEn fin janvier 2020, le ministre de la Défense, Issoufou Katambé, s’est rendu en Russie aux fins de vérifier, par luimême, les dessous de certaines affaires scabreuses qui ont été mises à nu par l’inspection qu’il a ordonnée dès sa prise de fonction. En compagnie du contrôleur financier et du directeur des ressources financières et matérielles (Drfm), il s’est rendu en Russie où l’ont rejoint les deux officiers de l’Inspection générale des armées. Au sein de l’opinion nationale comme dans les couloirs du ministère de la Défense, ça parle encore beaucoup sur cette volonté de vérification du ministre Katambé. L’on s’interroge notamment sur les motivations qui l’ont conduit à effectuer le déplacement de Russie. Des interrogations qui commencent à trouver des réponses. Selon des sources crédibles, l’intransigeance du ministre de la Défense à aller jusqu’au bout de l’audit de l’héritage qu’on lui a laissé au ministère de la Défense serait une instruction personnelle du président de la République et couvrirait uniquement la période 2017-2019, ce qui correspond au séjour de Kalla Moutari à la tête de ce ministère.

Les affaires militaro-financières nigéro-russes sont une sorte de bulle dont l’intérieur n’est visible qu’aux initiés; Arrivé à la tête du ministère de la Défense en 2019, Issoufou Katambé a voulu savoir l’actif et le passif qu’on lui laisse en termes d’héritage. Un souci qui va le conduire à diligenter une enquête approfondie à propos de certaines commandes qui ont englouti des milliards de francs CFA sans que cela se justifie pour le moins du monde sur le terrain. Les inspections auraient relevé plus de 1700 milliards de dépenses pour des armements et équipements militaires qui n’existent pas ou qui ne sont pas conformes aux spécificités indiquées.. À la clé de ces détournements massifs des ressources budgétaires, des commandes fictives destinées à des entreprises fictives. Le ministre Katambé en sait déjà beaucoup, mais il est décidé à aller jusqu’au bout afin de situer les responsabilités.

Dans ces affaires nébuleuses où des milliards ont été engloutis, la direction de la Russie a été abondamment citée. Outre les deux hélicoptères bloqués dans ce pays, officiellement pour cause de maintenance, il y a deux autres, de transport de troupe, dont l’acquisition pose problème. Sur les papiers, ils existent, mais on ne les retrouve nulle part au Niger.

À en croire des sources internes au ministère de la Défense, une forte délégation russe avait déjà séjourné à Niamey, courant 2017. Au cours de son séjour, la délégation délégation russe avait rencontré un comité mis en place et dirigé par le général Wally Karingama. La rencontre avait pour objet de discuter des moyens et procédés par lesquels le Niger pourrait décaisser et envoyer les montants requis pour ses besoins d’armements et de matériels militaires en Russie, compte tenu de ses relations avec certains pays occidentaux. Il fallait trouver des intermédiaires afin de contourner les difficultés et contraintes qui se posent. Les voies ont été trouvées. Seulement, aujourd’hui, à la lumière des bribes d’informations recueillies, les montants mis en cause ont-ils effectivement virés sur les comptes d’entreprises russes réelles et fiables? Ou bien ontils pris d’autres destinations? Ce qui est certain, des sources au fait du dossier indiquent que les fonds en question ont été décaissés.

Alpha

08 février 2020
Source : Le Courrier

Imprimer E-mail

Politique