Forum de haut niveau à l’occasion du 40ème anniversaire du fonds de solidarité africain : Des réflexions pour renforcer le rôle du Fonds dans le financement des infrastructures, le développement du commerce intra-africain et l’inclusion financière

Dans le cadre de la célébration du 40èmeanniversaire du Fonds de solidarité africain (FSA), un forum de haut niveau a été animé le 25 janvier 2020 au Palais des Congrès de Niamey, sur le thème «Le Fonds de solidarité africain (FSA), 40 ans au service de l’émergence africaine : défis et perspectives pour une nouvelle dynamique». Les travaux du symposium dont l’ouverture a été présidée dans la matinée par SE Brigi Rafini, Premier ministre, Chef du gouvernement du Niger, se sont déroulés en présence notamment des ministres des finances des pays membres et des représentants de diverses structures régionales concernées par la question de financement des investissements.

Trois communications ont été présentées et discutées autour de l’objectif principal, qui est d’explorer des stratégies de renforcement du rôle du Fonds de Solidarité Africain dans le financement des infrastructures économiques de base; le développement du commerce intra-africain et l’inclusion financière, notamment par ses interventions sur les marchés financiers de ses Etats membres.

Le premier sous-thème, «le financement des infrastructures économiques de base: la place du FSA», a été présenté par le Représentant de la Banque Africaine de Développement (BAD), au Niger. Et, il en ressort, une nécessité pour le continent africain de mobiliser 130 à 170 milliards de dollars d’investissement par an pour combler le déficit infrastructurel de l’Afrique. Le paneliste, estime, à cet égard, qu’il convient de consolider des initiatives en cours de mise en œuvre telles que le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA). A son niveau, la banque, la BAD dispose d’une initiative «Africa 50», qui fournit, dans ce sens, un nouvel instrument de financement des infrastructures en Afrique.

Le Représentant du Président d’AFREXIMBANK a, à son tour, édifié les participants sur «la contribution du FSA aux échanges commerciaux sur le continent Africain». Selon lui, les échanges intra africains demeurent faibles (15%) comparés aux grandes zones économiques mondiales comme l’Union européenne (61,7%). C’est ce qui a motivé, d’ailleurs, la mise en place de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf) qui, a été lancée lors de la 12e Session extraordinaire de l’Union Africaine (UA) le 7 juillet 2019 à Niamey. Sa mise en œuvre, faut-t-il le souligner, devrait, à terme augmenter de 33% les exportations intra africaines.

A travers le troisième sous-thème, «le FSA, le développement des marchés financiers et l’inclusion financière des populations», présenté par le Directeur Général de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), on retient que malgré l’essor des marchés financiers dans la région, l’inclusion financière reste faible avec seulement 36% des adultes disposant d’un compte dans une institution financière formelle, contre 71% en moyenne dans le monde. Ce sont là, des défis face auxquels il convient de renforcer les marchés financiers grâce à l’intégration régionale, et promouvoir l’inclusion financière par le biais des technologies et des identités numériques, sans oublier la complémentarité entre les banques classiques et les marchés financiers.

Relativement à toutes ces communications, les différents intervenants ont posé un certain nombre de questions adressées principalement au FSA, ainsi que des contributions pertinentes suggérées. Le Directeur général du Fonds, M. Ahmadou Abdoulaye Diallo a, à cet effet, rassuré que ces préoccupations feront l’objet d’une prise en charge correcte. «Nous avons, surtout, bien noté avec beaucoup d’intérêt et de satisfaction, la disponibilité de la Banque africaine de développement, à aller dans le sens de notre espérance, dans la quête d’un actionnaire de référence, en vue de renforcer les ressources financières du Fonds de solidarité africain, et par conséquent sa capacité d’intervention», a-t-il dit. «Par ailleurs, nous devrions revisiter le cadre de coopération avec d’autres institutions qui ont fait des déclarations ici, pour que nous puissions mettre à jour les conventions dont nous avions convenu, il y’a quelques années maintenant, étant donné le contexte a changé», a ajouté le Directeur général du FSA.

Mahamane Chékaré Ismaël(onep)

28 janvier 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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