Election présidentielle 2021 : La candidature de Mohamed Bazoum devient de plus en plus aléatoire

Election présidentielle 2021 : La candidature de Mohamed Bazoum devient de plus en plus aléatoire Mohamed Bazoum a-t-il été sommé d’arrêter ? Depuis le 20 octobre 2019, date de la dernière étape de sa campagne électorale anticipée (à Kollo) ou plutôt «tournée de proximité avec les militants» comme l’appelle ses partisans, le ministre de l’Intérieur et candidat officiel du Pnds Tarayya à l’élection présidentielle n’a plus fait la moindre sortie. Or, le Niger est vaste et la période électorale de 21 jours ne permet guère de faire le tour des 266 communes du pays, tel que Bazoum a envisagé de le faire. En plus, Bazoum est loin d’avoir la même notoriété qu’un Issoufou Mahamadou et il en est parfaitement conscient. D’où sa décision de prendre une avance sérieuse sur ses adversaires éventuels en parcourant le pays profond avant l’heure. Alors, donc, qu’on s’attendait à voir le candidat adoubé par Issoufou Mahamadou continuer son périple dans d’autres contrées, plouf ! Plus rien. Pourtant, à Dosso, en juin, puis en août à Zinder, et enfin ( ?) à Kollo, le président du Pnds a plutôt reçu un accueil qui l’a fait rêver.

Mohamed Bazoum était pourtant parti pour faire le tour de toutes les communes du Niger

À l’époque, outre la polémique suscitée par cette campagne électorale avant l’heure, des voix se sont élevées pour demander si Mohamed Bazoum a entrepris sa tournée avec la caution du Président Issoufou ou l’a-t-il entreprise par méfiance vis-à-vis de lui ? Dans cette confusion généralisée où l’adversité change de camp, de couleur et d’identité, le soupçon est de règle. Des rumeurs, fortes, faisaient savoir que ni Salou, ni Bazoum, n’avaient confiance en Issoufou et que chacun des deux s’attendait au meilleur comme au pire. Mais tout ce ci n’a pas suffisamment ébranlé le moral de Mohamed Bazoum au point d’abandonner et de faire profil bas. Dans la région de Zinder, chez lui, il va même être offensif, se défendant d’être en campagne électorale. Mais, acculé par une opinion publique qui ne lâche rien quand elle tient le bon bout, Mohamed Bazoum, va reconnaître sa faute (usage des biens et moyens de l’Etat à des fins électoralistes). « C’est une mauvaise pratique de tous les régimes qui se sont succédés… ». Il poursuit néanmoins sa tournée électorale et déclare à l’attention de ceux qui s’en offusquent, qu’il entamera bientôt une autre tournée dans la région de Tillabéry. Une promesse qu’il tiendra en entamant le périple de Kollo, dans la région de Tillabéry.

L’arrêt subit de ses tournées sent, donc, le roussi.

La mayonnaise a pris et personne n’a vu venir un arrêt brusque de cette «tournée de proximité» qui a fait tourner la tête à Mohamed Bazoum. Déjà en août, dans la région de Zinder, il a déclaré à qui veut l’entendre qu’il est hors de question de mettre un terme à cette campagne, rétorquant qu’il est plutôt en mission de prise de contact avec les militants. Il a souligné à l’occasion que le Président Mahamadou Issoufou l’a fait en son temps, parcourant quelques 900 villages nigériens, bien avant l’ouverture officielle de la campagne électorale qui l’a porté au pouvoir. Il est clair qu’à partir du moment où il a été adoubé par le Président Issoufou et que celui qui est présenté comme son adversaire éventuel a été subitement anéanti dans son élan par le même Issoufou qui l’a limogé du gouvernement pour insubordination, rapporte- t-on, Mohamed Bazoum a pensé que plus aucun obstacle ne se dessinait sur son chemin. L’arrêt subit de ses tournées sent, donc, le roussi.

Que se passe-t-il pour que Mohamed Bazoum arrête son programme sine die ?

Que se passe-t-il pour que Mohamed Bazoum arrête son programme sine die ? Selon des sources dignes de foi, Mohamed Bazoum n’a pas arrêté sa tournée de proximité de gaieté de coeur. Ses partisans, déboussolés, ne savent plus à quel saint se vouer. Ils butent à un mur de silence qui accentue leur angoisse. S’il est vrai qu’il a été sommé d’arrêter pour se consacrer plutôt au travail gouvernemental comme l’avancent nos sources, le candidat officiel du Pnds doit sérieusement réfléchir sur son devenir politique. Si rien de fâcheux ne s’est encore affiché au compteur pour s’alarmer, il reste que de folles rumeurs enflamment de plus en plus le pays. Et les perspectives politiques inquiètent autant que la question sécuritaire sur laquelle s’expriment des acteurs majeurs demeurés jusqu’ici muets. Faisant chorus avec les voix bruyantes des organisations de la société civile et de tous les Nigériens qui manifestement leur colère, le Syndicat national des enseignants-chercheurs et chercheurs du supérieur (Snecs) a rendu publique, le 23 décembre 2019, une déclaration sur la question. Dans cette déclaration, le Snecs a notamment recadré le Président français, Emmanuel Macron en lui soulignant « qu’il ne s’oppose nullement aux alliances stratégiques si tant est qu’elles préservent jalousement la souveraineté et les intérêts du Niger, mais rejette toute alliance qui tend à infantiliser les dirigeants et le peuple nigériens ».

Laboukoye

28 décembre 2019
Source : Le Courrier

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