Répartition du fonds d’aide à la presse au titre de l’année 2018 : Comprendre comment le CSC s’est ridiculisé

Répartition du fonds d’aide à la presse au titre de l’année 2018 : Comprendre comment le CSC s’est ridiculiséLe Canard en furie qui est scandalisé de voir la liste des bénéficiaires du fonds d’aide à la presse sans lui, est allé au CSC pour récupérer ses notes de critères d’éligibilité. Quelle n’était notre grande surprise de voir sur les critères d’éligibilité que le journal n’a pas un siège permanent et fonctionnel? Or, le même CSC a toujours envoyé des correspondances au bureau dudit journal, à travers son planton. Cela conforte les soupçons de certains observateurs que le CSC est guidé par la mauvaise foi et l’intention de nuire à certains organes de presse privée. Le CSC reproche aussi au Canard en Furie de ne pas disposer d’une comptabilité, alors même que le journal a joint dans son dossier une Attestation de Régulation Fiscale (ARF) qu’il ne peut obtenir auprès des services des Impôts qu’après avoir déposé un bilan de comptabilité qui se fait en quatre (04) copies. Il y a manifestement là une totale ignorance par le CSC de certaines procédures administratives. Le CSC a aussi délibérément ignoré le contrat de bail fourni par le Canard en Furie et sur lequel figure les contacts du propriétaire du bâtiment qu’il pouvait contacter au besoin pour avoir vérification. L’intention étant sans doute d’écarter à tout prix le Canard en Furie, les membres du comité de sélection et ceux du CSC qui ont validé leur rapport ont choisi d’ignorer les différentes pièces contenues dans le dossier du journal pour le juger inéligible au fonds d’aide à la presse de l’année 2018.

Les scandaleux 35% que le CSC s’attribue

S’appuyant sur une délibération qu’il a lui-même élaborée et adoptée, le CSC a carrément changé le mode d’attribution habituel du fonds d’aide à la presse. En plus de ne plus donner directement de l’argent aux médias bénéficiaires de ce fonds, comme cela a toujours été le cas, l’organe de régulation s’est arrangé à s’attribuer 35% du montant de l’enveloppe, sous le fallacieux prétexte qu’il va former les journalistes.

Cette décision du CSC est d’autant plus scandaleuse qu’elle est unique en son genre au Niger. Sinon, pourquoi le ministère de l’Intérieur ne décide-t-il pas de gérer lui-même la subvention que l’État accorde aux partis politiques, en payant du matériel à ces partis politiques et en formant leurs militants? Pourquoi le ministère de la Fonction publique ne décide-t-il pas aussi de garder l’argent que l’État accorde comme subvention aux centrales syndicales et leur demander de lui soumettre la liste de leurs besoins en matériels et en formation de leurs militants? Dans beaucoup d’autres secteurs l’État accorde des subventions à des corporations, sans que les institutions ou les ministères assurant la tutelle de ces corporations n’aient, un seul instant, eu la moindre intention de s’ingérer dans la gestion de ces subventions. Pourquoi c’est seulement au CSC que des hommes et des femmes sont gênés par les petites subventions que l’État octroie annuellement à la presse privée, au point de vouloir gérer ces subventions? On connaît toutes les manoeuvres mises en oeuvre par les membres de l’actuel CSC pour faire changer la loi afin de pouvoir disposer des ressources du fonds d’aide à la presse. Mais cela ne les mettra pas à l’abri du tribunal de l’histoire. Tôt ou tard ils s’expliqueront par rapport à l’utilisation qu’ils auront faite de ces ressources, tant par rapport aux matériels qu’ils vont payer aux médias bénéficiaires du fonds que par rapport aux fameux 35% qu’ils amputent pour soi-disant former des journalistes.

Salifou Hamidou

28 décembre 2019
Source : Canard En Furie

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